PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU
les vérités que par des termes que Tasage le plus cornautorise K Mais celui qui veut convaincre et éclairer les mes les pl^jis entêtées, j'entends les prétendus esprits forts, X qu'on appelle philosophes, gens qui trouvent desdiffi-
partout, il doit tâcher d'expliquer ses sentiments avec rmes qui soient, autant que cela se peut, exempts d'équi-
les paroles, Vous aimerez Dieu de toutes vos forces, et votre in comme vous-même, sont claires : mais c'est principalea ceux qu'enseigne intérieurement l'onction de l'esprit; l'égard des autres hommes, elles sont plus obscures qu'on aagine. Ce ' mot aimer est équivoque : il signifie deux
entre plusieurs autres, s'unir de volonté à quelque objet 3 à son bien ou à la cause de son bonheur, et souhaiter qu'un le bien dont il a besoin '. On peut aimer Dieu dans nier sens, et son prochain dans le second. Mais ce serait é, ou du moins stupidité et ignorance, que d'aimer Dieu e second sens ; car H est essentiel à la divinité de se sufelle-même. Vous êtes mon Dieu, dit le Prophète, car vous
pas besoin de mes biens *. Et ce serait une espèce d'idooiue d'aimer son prochain dans le premier sens: car c'est u seul que se trouve la puissance d'agir dans les esprits es rendre heureux *.
De même ce mot Dieu est équivoque, et infiniment plus ne croit : et tel s'imagine aimer Dieu, qui n'aime effectit qu'un certain fantôme immense qu'il s'est formé. Il imer Dieu en vivant dans le désordre, ou sans aimer î sur toutes choses. Il se trompe. Bien loin d'aimer Dieu, i connaît seulement pas. Car celui qui dit qu'il connaît Dieu tserve pas ses commandements, est un menteur, et la vérité
omme l'Écrilure est faite pour tout le monde, pour les simples aussi bien
r les savants, elle est pleine d'Anthropologies. » {Traité de la nature et de la
er discours, éd. citée p. 92.)
'. Le mot. (1684.)
'. Ou souhaiter du bien à quelqu'un. (1684.)
•. Tpute cette fin de phrase, depuis les mots : car il est essentiel... n'était
éd. de 1684.
ne observation pour la fin de phrase, depuis les mots : car c'est en Dieu...
Qche ne veut pas que nous considérions notre semblable comme pouvant
anse de notre bonheur. Au sens absolu, il a raison. Il est vrai aependant
e semblable contribue à notre bonheur. On peut comparer ces définitions
e de Leibniz : Amare est delectari felicitate aliéna.
tr, TRAITE DE MORALE.
n€5t point en lui : mais celui qui les observe^ aime Dteuparfaiitment, Vere in Aor Charitas Dei perfecta est : dit saint Jean'* In hof $rtmn.«. quùniam eognovimus eum si mandata ejus o6$m)^ mus. Cesten cela que nous savons bien que nous^ionnaissaniBiffti si nous f'bserrons ses commandements,
IV. Vous aimerez Diea de toutes vos forces. Toutes est assis clair, mais vos forces peut donner sujet d'erreur à ceaxqoi nom pas d'humilité, ou qui en ont une fausse. Les premien ptMiveni en tirer quelque sujet de vanité, et les antres d'u» néjîligence criminelle. Et votre prochain comme vous-mânCiK* sus-Christ nous apprend dans la parabole du Samaritain qn^ tous les hommes sont notre prochain. Ce terme Prochain, n'e4 donc pas trop clair : aussi les Juifs grossiers et charnels M'od ils toujours pris dans un faux sens. Comme vous-même : GerUi* nement ceux qui aiment les vrais biens, sont les seuls qui ^ corn plissent -^ ce commandement, en aimant leur prochain coid0^ eux-mêmes. Car un père qui aime son flls avec la demièi^ tendresse, et qui lui procure avec soin tous les biens sensibleSi quelque amour qu il ait pour lui, il est encore bien éloigné^ l'aimer comme Dieu veut qu'on aime son prochain.
V. Ces paroles. Vous aimerez Diett, et le reste, peuvent do^c paraître obscures ♦. Mais ce n*est eiïectivement qu'à ceux -qû' veulent chicaner, ou qui ne rentrent point en eux-mêmes, potti y voir ce commandement écrit de la main de Dieu. Elles 0^ sont obscures ® qu'à ceux que l'onction du Saint-Esprit n'^ point instruits, pour lesquels l'Ecriture sainte est un livr< fermé ^. Car les personnes de piété les plus grossières ellespli^ stupides entendent bien ce précepte. Ils savent que toute l'^V plication de l'esprit et tous les mouvements du cœur doiveD tendre vers Dieu : qu'il ne faut s'occuper que de lui, auiaï* que cela est possible : que ce n'est point l'aimer véritableineo que de manquer de délicatesse sur son devoir; et que blesse^ l'Ordre de la justice, ou l'Ordre immuable, c'est offenser effec