Var. Ou Ihnmm.'. ^IGS-I el
2. « La Raison «•oininanfle plus impérieiisoment qu'un maître. » (Pascal.) C bien ce que faisaient tou.<« les tiers chrétiens de cette époque vigoureuse : toi l'histoire de Port-Hoyal le prouve assez éloquemment.
PRBMIARE partie. — DE LA VERTU. (il
Lt esprit fini, il peut se délivrer de Terreur * et du poché qui Ldent rhomme digne de mépris et sujet h lu peine. !V. Certainement si Ton faisait toujours nsn<;e de sa liberté ■ont qu'on le peut^ on ne consentirait jamais qu'à ré\ idonce, i seule ne trompe point, ainsi que je Tai prouvé ailloiirs, et i seule aussi oblige la volonté à consentir, (.ar lorsipie l'est voit clair, il ne peut pas douter qu'il ne voie : lorsque sprit a examiné tout ce qu'il y avait à examiner pour découir les rapports ou les vérités qu'il cherche, il est nécessaire "il se repose *et qu'il cesse ses recherches. De nn>ine à Térd du péché, celui qui n'aime» que ce qu'il reconnaît évimmentpour vrai bien, que ce qu'iPne peut point sVmpécher limer, n'est point déréglé dans son amour. Il n'aime (|ii(^ Dieu', ril n'y a que Dieu qu'on ne puisse sans remords s'empocher atimer. Il n'y a que lui qu'on reconnaisse clairement et évismment pour le vrai bien, pour la cause véritable du bonheur, iHirrêtre infiniment parfait, pour un objet capable de contenter lune, qui, étant faite pour le bien universel ^, peut suspendre ) consentement de son amour à l'égard de ce (jui ne renferme 18 tous les biens, ou de tout ce qui peut limiter son bonheur'. V. La force et la liberté de l'esprit sont donc deux vertus, Q'on peut appeler générales, ou cardinales, pour me servir du lot ordinaire. Car, comme on ne doit jamais ni aimer, ni agir, tns y avoir bien pensé, il faut à tous moments faire usage de t/orceet de la liberté de son esprit. Et ces deux vertus, de la ianière dont je les considère, ne sont point des facultés natu- ^ies, communes à tous les hommes : rien ncst plus rare, et Mnne ne les possède parfaitement. Je sais bien que Thomme |1 naturellement capable de quelque travail d'esprit, mais il a pas pour cela l'esprit fort. L'homme peut aussi suspendre >Q consentement, mais il n'a pas pour cela naturellement Tesit libre de la manière dont je l'entends. La force et la liberté esprit dont je parle, sont des vertus qui s'acquièrent par l'u-
. Voyez Dencarteit, 4e méditation.
• Qu'il acquiesce {ad qviescere). Cf. Recherche de la vérité, I, ir, 1. « C'est la
3iité seule qui juge véritablement en acquiesçant ù ce que rentenrlemont lui re-
lente et en s'y reposant volontairement. »
. Et ce qui tient de lui et lui ressemble, à proportion qu'il lui ressemble...
Var. Pour tout bien. (1684.)
Var. La fin de phrase : Ou de tout ce qui no peut pas. ., n'était pas dans l'édi-
del684.
sage. Mais comme ces vertus perfectionnent Tâme et la remettent en partie dans son état naturel, car avant le péché l'esprit était fort et libre en toutes manières, on ne les regarde pas of' dlnairement comme des vertus : car on s*imagine que la verta doit changer la nature ou la détruire, au lieu de la réparer. B y a même des personnes qui pensent que la force et la liberté d'esprit sont des facultés de l'àme, qui consistent dans une espèce d'indivisible ^ : et jugeant des autres par eux-mêmes, ils s'imaginent qu'on ne peut se rendre attentif aux sujets qailes rebutent, et que c'est opiniâtreté que de ne pas consentir aux vraisemblances qui les trompent.
YI. Mais la force et la liberté d'esprit sont inégales dans tons les hommes. Il n'y a pas même deux personnes également propres à rentrer en eux-mêmes, ni également en état jde suspendr» leur consentement. Que dis-je? La même personne ne consenre pas longtemps la force et la liberté de son esprit dans le mèine état. Si elles n'augmentent par l'usage qu'on en fait, il est nécessaire qu'elles diminuent : parce qu'il n'y a point de vertus plus combattues, et plus contraires aux mouvements continuels de la concupiscence. La plupart des vertus s'accommodent asses avec l'amour-propre : car on peut souvent avec plaisir et par amour- propre rendre certains devoirs. Mais on ne peut guère méditer sans peine, et beaucoup moins suspendre son consentement ou le jugement qui détermine les mouvements de l'esprit et du corps. Lorsque le bien se découvre à l'âme et l'attire par sa douceur, elle n'est point en repos si elle demeure immobile • car alors le cours des esprits est trop violent, elle s'y laisse aller ^ Il n'y a point de plus grand travail, que d'être ferme dans les courants ; dès qu'on cesse d'agir, on est emporté.
VII. Aussi voyons-nous qu'il n'y a presque personne qui médite, et que ceux qui entreprennent de rechercher la vérité, manquent souvent de force et de courage pour arriver jusqu'au lieu où la vérité habite. Fatigués et rebutés, ils tâchent de se
1. Les points sur lesquels Malebranche n'est pas d'accord avec Descartes n'éls^t pas très nombreux, il est important de les relever. Voici ce qu'on lit dans la 4*"*^ ditation de Descartes (13). « Je n'ai pas aussi sujet de me plaindre de ce qu'il ^\ donné une volonté plus ample que l'entendement, puisque la volonté ne consista** que dans une seule chose et comme dans un indivisible, il semble que sa nat*'' est telle qu'on ne lui saurait rien ôter sans la détruire, et certes, plus elle a d'él^* due, et plus ai-je à remercier la bonté de celui qui me l'a donnée. »
2. Ce membre de phrase : alors le cours des esprits..., n'était ni dans l'éditi^ de 1684, ni de ceUe de 1697.