‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 98 sur 235 · PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU

^quent ce n'est point simplement en tant qu'homme qu'elle /invoque, mais en tant qu'Homrae-Dieu. Cela est évident par les conclusions ordinaires des prières : Per Dominum nostrum Jesum Christum : ou Qui vivis et régnas Deus, etc. Comme il n'y a que Dieu qui soit cause véritable^ et qui, par son eHicace propre, puisse faire ce que nous souhaitons, il est nécessaire que la plupart de nos prières et tout notre culte se rapporte à lui. Mais, comme il n'agit ordinairement ^ que lorsque les causes ùceasionnelles qu'il a établies déterminent l'efficace de ses lois, il est aussi à propos que notre manière de l'invoquer soit conforme à ce sentiment.

m. Si Jésus-Christ comme homme n'intercède pour les pécheurs, c'est en vain quMls invoquent Dieu. Car Dieu n'agit que lorsque l'ordre immuable de la justice l'exige, ou que les eauses occasionnelles ou particulières le demandent '. Or la Grâce n'étant point donnée aux mérites, l'Ordre immuable de U justice n'oblige point Dieu à l'accorder aux pécheurs qui l'invoquent. 11 faut donc que ce soit la cause occasionnelle qui l'oblige à cela, en conséquence de la puissance qui lui a été donnée par l'établissement des lois générales de la Grâce », t'esl-à-dire par le décret de Dieu dont parle David dans le second psaume. Je suis établi Roi sur Sion, dit Jésus-Christ, et ^ ce que Dieu a ordonné. Le Seigneur m'a dit, tu es mon Fils, i^f(Uefigendré aujourd'hui. Demande-moi, et je te donnerai toupies Nations de la terre. Il faut que Jésus-Christ comme Sou- ^rain Prêtre demande, avant que Dieu nous donne à lui par 8» grâce, puisque personne ne vient à Jésus-Christ çwe son Père ^PatUj^e, Mais, quoique Jésus-Christ seul, en tant qu'homme, wil la cause particulière des biens que nous recevons, si les prières de l'Eglise s'adressaient toujours directement à lui, cela pourrait donner aux hommes quelque occasion d'erreur, et les porter peut-être à l'aimer précisément en tant qu'homme ♦, de Wlte espèce d'amour qui n'est dû qu'à la puissance véritable, Wmôme à l'adorer sans rapport à la personne divine en qui

l'Var. Le mot : ordinairement, n'était pas dans l'édition de 1684.

î» Ni cette phrase ni la suivante n'étalent pas dans rédition de 1084.

3- Var. L'édition de 1684 continuait ici par la phrase suivante : parce qu'enfin ^c« n'agit que lorsque l'ordre immuable le demande, ou que les causes occasionneUet ou particulières l'exigent ainsi que j'ai déjà dit. — Puis venait immédiatenJenlla phrase qu'on trouvera plus loin : Mais quoique Jésus-Christ seul...

^" Var. A l'aimer en tant qu'homme. (1684.)

>\ nature luimaino subsiste. Or Tadoration et l'amour d'm\ '\\u li'imri^ la y>ui$>an':c ne sont dus qu'au Tout-Puissant, c J. -Il— t'Jin^i nir-ine ne mérite nos adorations et celle espè il .i:!i"iir. i]ue i»arce «la'il est en uième temps Dieu et homo

IV. Ainsi rEçliso a très grande raison d'adresser ses prièi .t h. "i, i-anst» uniijue et véritable, par Jésus-Christ néanmoii t\\ i\'M <e trouvt^ la cause occasionnelle et distributive des bie *\\w n-'us di^iiiandons. Car, encore que les pécheurs ne reçi N.'iît i:i iîrài-'\ que K»rsqne Jésus-Christ, comme homme, pi par >i-s ilésirs .-jciuels ou habituels, passagers ou permaneni il f.iui tiu'"U sache toujours, qu'il n'y a que Dieu qui la don i-'innii' cause véritable, alîn qu'il soit seul le terme de noi aiMi.ur »'t d«* notre culte. Néanmoins quoiqu'on s'adresse à cause ithtaf.l' et irénérale, c'est de même que si l'on s'adress a la cause pariiculière et dislribùtive ; parce que Jésus-Chri ciMiune hunime. étant le Sauveur des pécheurs, l'Ordre v< iju'il suit averti de leurs invocations, et que bien loin d'être l«»ux d«' la ^'loire qu'on rend à Dieu, que lui-même en U •lu" boni me, reconnaît sans cesse son impuissance et sa dép< dance. Il nexaucera 'jamais ceux, qui semblables aux E i\ chiens. re^Mrdent sa nature humaine comme transformée la Dixine ", et lui ôtent ainsi les qualités d'Avocat, de Mcd leur, de Chef de lEglise, en un mot, de souverain Prêtre ' biens véritables. Ainsi on voit bien d'un côté, que pour pi iiiilem»'nt, il n'esi pas absolument nécessaire de savoir si p <i<éini*iil et si disiinclemeni les vérités que je viens d'expliqu el de l'anlre, que la cnnduilo de l'Eglise s'accommode parfai iiuMil avec les fondements do la Religion et de la Morale, sinii qui* Dieu seul esi la lin de toutes choses, et qu'on ne \ avoir accès auprès de lui que par Jésus-Christ notre Seign( J(* crois que l'on conviendra assez de tout ceci.

V. Mais à l'é^'ard delà sainte Vierge, des Anges et des Sai il y a plus de difliculté. Néanmoins le sentiment de l'Eglise

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