‹ Traité de moraleChapitre 122 sur 233 · Var. Et l'àme le voit et le sent. (1684. j · texte numérisé non relu

Var. Et l'àme le voit et le sent. (1684. j

ll-J TIUITE DE MORALE.

suit constamment '.C'est là ce qui fait l'union de lame et du corps. L'imagination peut fournir d'autres idées de tout ceci. Mais cette correspondance est incontestable, et elle me saflit pour la suite. Ainsi je ne veux et je ne dois point bàiir sur des fondements peu sûrs et diUerenls de ceux-ci -.

XIV. Je suppose en second lieu qu'on sache (lue l'àme n'est point immédialement unie à toutes les parties du corps, mais à celle qui leur répond u toutes, et que j'appelle sans la connaître la partie principale. Ainsi ^ nonobstant les lois de l'union de l'àme et du coi-ps, on peut bien couper le bras à un bummesans ([u'il résulte dans son àme aucune pensée qui y réponde: mais il n'est pas possible ([u'il arrive le moindre changement dans la principale partie du cerveau, qu'il n'en arrive aussi dans l'àme. L'expérience prouve ces vérités ; car quelquefois on coupe des parties sans qu'on le sente, parce que l'ébranlement de la coupure ne se communique point alors à la partie principale. Et au contraire ceux qui ont perdu un bras sentent souvent une douleur très réelle dans ce bras imaginaire": parce qu'il se passe dans le cerveau le môme ébranlement que que si on avait mal au bras.

XV. Le premier homme avant son péché avait sur son corps un pouvoir absolu. Du moins empèchait-il, dès qu'il le voulait, que le mouvement ou l'action des objets ne se communiquât des organes des sens qui en pouvaient être frappés jus(jues à la partie principale du cerveau : et cela apparemment par une espèce de révulsion, semblable en (juelque chose à celle qu'on fait, quand on se veut rendre atieniif à des pensées (jue la présence des objets sensibles l'ait évanouir.

XVL Mais je suppose en troisième lieu ijue maintenant nous n'avons plus ce pniivoir ; et qu'ainsi, pour avoir quelque liberté d'esprit, pjnser à ce qu'on veut, aimer ce (|u'on doit, il est nécessaire (jue la partie [irincipale qui répond aux organes des sens extérieurs ^ soit calme et sans agitation ; ou du moins

1. lin ciiiisùqucnce de I'Iuii-iiiuhil> |)i-ùùlublic, dii'ii Leibniz. Sur fclb.' inléressanic queslion des rapports do la théorie des cnuscs occasionnelles avec colle de l'haimonie préétablie, voyez la correspondance de Leibniz avec Arnauld, partiouliérement pafçcOà'i ol suivantes de l'édiliun t^. Janel, IJîuvres philosopMques de Leibniz, tnmi' l'''.

2. Var. Ces cinq derniers mots n'élai.Ml [jas dans l'c.l.liun de lOS-'i.

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