PREMIÈRE PARTIK. — OK LA VERTU. M
qu'on puisse oiii-oro ranèicr on la lUn-liir du côté qu'on le dôsiiT. Notiv attontion dopond dp nos vi^lontés, mais elle dépend beaucoup plus de nos sentiments el de nos passions. 11 faut l'aire lie grands elTorts pour ne pas reparder ce qui frappe, pour ne pas aimer ce qui plait *, el l'âme ne se lasse jamais plutôt, que lorsiiu'elle combat contre les plaisirs et qu'elle se rend en un sens - acluellemenl malbeureuse.
XVII. En quatrième lieu je suppose qu'on sache que la partie principale n'est jamais touchée ou ébranlée d'une manière ai^reable ou désa.uréable, qu'il ne s'excite dans les esprits animaux (juelque mouvement propre à transporter le corps vers r(d)jei qui a;jit eu elle, ou à s'en séparer par la suite : et qu'ainsi les ébranlements des libres du cerveau qui ont rapport au bien ou au mal, sont toujours suivis du cours des esprits (\n\ disposent le corps comme il le doit être par rapport à l'objet présent; et (joe même les sentiments de l'âme qui répondent il ces ébranl(>ments sont suivis des mouvements de la même âme (|ui n' pondent au cours de ces esprits. Car les traces ou les ébranlements du cerveau sont au cours des esprits animaux ce que les sentiments de l'ànie sont aux passions ; et les traces du cerveau sont aux sentiments de l'âme ^cequele mouvement i\(i> esprits animaux ' est aux mouvements » des passions.
XVI II. En cinquième lieu je suppose que les objets ne frappent jamais le cerveau, sans y laisser des marques de leur action, ni les esprits animaux des traces de leurs cours ; que ces traces et ces blessures iv se referment ou ne s'effacent pas facilement, lorsque le cerveau a été souvent ou rudement frappé, et (|ue le cours i\e:> espriis a été rapide ou a recommemé souvent de la même manière : Que la mémoire et les habitudes corporelles ne consistent ([ue dans ces mêmes traces, qui donnent au cerveau et aux autres parties du corps une faciliié particulière ;i obéir au cours des esprits : et qu'ainsi le cerveau est blessé et l'ima.îinauon salie, lorsqu'on a joui des plaisirs et qu'on n'a pas craint de se familiariser avec les objets sensibles •'.
i. Vai-. I.'éililion ûo 16S'i ajoii'.'iil ici : Ci' qui frapiiC, (lio-jf, Pt. ce qui plait nu cœur.
2. Var. Ces trois mots n'étaient pas dans l'ôflitinn de lfiS4.
3. Var. Aux sentiments. (1684. i ■'i. Var. Des esprits. 1684.'
•'■>. Var. Au mouvement. (1684.)
6. V. Rpfhprnhe de In vérité. I. 11. 2^ p.irlip. cli. v. sur la mémoire et les habitudes.
XIX. Enfin je suppose qu'on conçoive distinctement, que lorsque plusieurs traces ont été formées dans le môme temps, on ne peut en ouvrir quelqu'une, sans entr ouvrir toutes les autres : et qu'ainsi il y a toujours plusieurs idées accessoires qui se présentent confusément à l'esprit, et qui ont rapport à la principale à laquelle on s'applique particulièrement; et aussi plusieurs sentiments confus et mouvements indirects qui accompagnent la passion principale, celle qui ébranle l'âme et la transporte vers quelque oJDJet particulier. Rien n'est plus certain que cette liaison des traces entre elles, et avec les dilTérents cours des esprits V: des idées entre elles, et avec les sentiments et les passions. Pour peu qu'on connaisse l'homme et qu'on fasse réflexion sur le sentiment intérieur qu'on a de ce qui se passe en soi-même, on découvrira plus de ces vérités en une heure que je n'en pourrais expliquer en un mois : pourvu qu'on ne confonde pomt l'âme avec le corps pour les unir entre eux, et qu'on dislingue avec soin les propriétés dont la substance q«i pense est capable, de celles qui appartiennent à la substance étendue. Et je crois devoir avertir que ces sortes de vérités sont d'une conséquence infinie, non seulement pour concevoir distinctement ce que j'ai dit jusqu'ici et ce que je dois dire dans la suite, mais généralement pour toutes les sciences qui ont quelque rapport â l'homme. Comme j'ai traité ce sujet fort au long dans la Recherche de la vérité et principalement dans le second livre, je n'ai pas cru devoir en parler d'abord : et si même ces suppositions paraissent obscures et n'ouvrent pas assez l'esprit pour faire clairement comprendre ce que je dois dire ici, qu'on ait recours à ce môme livre ; car je ne puis me résoudre à expliquer amplement une même chose plusieurs fois.
i: Var. Kt nvo.c, les sentimnuls pl, li>s pussions. ilGS'i.j