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faille. Ain>i ne nous imnj^iiioiis p;is pour juslilicr iiolro làclielô, quo nous no puissions point résister;! la loi de la chair qui su révolte sans eess(> eontie la loi de l'esprit. La loi du péché serait la maîtresse ahsolue des niouvenicnls de noire cieur, si Jésus- Christ ne l'avait point détruite par sa Croix: mais nous, qui sommes niorts et ensevelis an péché par In Baptême, qui sommes justitiés et ressuscites en Jésus-Christ, giorilié, (|ui sommes animés de riniluence de notre chef, de l'espril de Jésus-Christ, d'une force toute divine, nous ne devons pas croire (juo le ciel nous abandonne dans les combats, et que si nous sommes vaincus, c'est tjue le secours nous manque '. Jésus-Christ iu>. nérrlijîe point ceux (|ui l'invoquent : c'est une impiété que de le croire, car quiconque invoquej'cilc Seiyneur, sera sauve, disent toutes les Ecritures.
V. Certainement lions ne serions point glorifiés et assis dans le Ciel en Jésus-Christ : nous n'aurions point lavie éternelle résidente en nous ; nous ne serions pas héritiers de Dieu et cohéritiers avec Jésus-Christ, citoyens de la sainte cité et enfants adnptifs de Dieu même, ce que les Apôtres disent des Chrétiens, si Dieu n'était point lliièle dans ses promesses, en permettant (|ue nous fussions tentés au-dessus de nos forces, ce que saint Paul nous défend de croire. Mais on peut dire avec vérité que nous sommes déjà «jfloriliés en Jésus-Christ, et le reste: parce qu'eiïeclivement il ne dépend plus que de nous de conserver par la grâce le droit que la même grâce nous donne aux biens futurs: et que c'est une espèce de brutalité, qui doit même surprendre les esprits, que l'homme perde par sa faute des biens infinis et se damne pour jamais par sa négligence.
VI. Cette vérité supposée comme incontestable, réveillons notre foi et notre espérance : cherchons les moyens d'assurer notre salut, et faisons en sorte que la grâce que Dieu ne peut pas répandre sur nous dans un autre dessein que celui de nous sanctilier et de nous sauver, nous sanctilie effectivement et nous fasse mériter les vrais biens. Mortui enim estis, et vita vestra abscondita est cum Christo in Deo. Mortificate crgo membra
1. Ceci est encore un point sur lequel Malebranche se sépare des jansénistes ou du moins des propositions qui, selon bon nombre de leurs partisans d'alors, leur étaient faussement attribuées. La première des cinq propositions condamnées et qui, parait-il, se retrouve mot pour mot dans Jansénius, était ainsi formulée : i> Quelques commandements de Dieu sont impossibles à des hommes justes qui veulent les accomplir, et qui font à cet effet des efforts selon les forces présentes qu'ils ont ; la grùce qui les leur l'endrait possibles leur manque. "
vcstra quœ siint super terram. Vous êtes morts, dit saint Paul, et votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ; mortifiez donc les membres de votre corps. Nous sommes morts au péché, parce que vivants en Jésus-Christ notre Chef, nous devons et pouvons par son influence donner la mort au vieil homme; il ne tient qu'à nous. Mais pour exécuter ce dessein, il faut, suivant le conseil de saint Paul ^ travailler toute sa vie à la mortification de ses sens, veiller avec soin à la pureté de son imagination, régler sur TOrdre tous les mouvements de ses passions : en un mot diminuer le poids du péché, qui, par les efforts actuels de la concupiscence excitée, est capable de contrebalancer les grâces les plus fortes et de nous séparer de Dieu -. Mortificatc cryo membra vest"a qux sunt super terram. Si nous faisons ce qui dépend de nous, la grâce agira selon toute son efficace dans notre cœur : nous mourrons dans le sens de saint Paul; et enfin noire vie cachée en Dieu avec Jésus-Christ paraîtra avec éclat, lorsque Jésus-Christ lui-même viendra à parattre tout environné de gloire et de majesté.
VllI. De tous les exercices propres à favoriser l'efficace de la grâce, il n'y en a point de plus nécessaire que celui de la mortification des sens : car ce n'est (|ue par notre corps que nous sommes unis à ceux qui nous environnent. C'est principalement par le sentiment ^ que l'âme s'étend pour ainsi dire dans toutes les parties de son corps; et par l'imagination et les passions elle se transporte * au dehors, et se répand dans toutes les créatures. Mais comme les sens présentent à l'esprit les objets, l'imagination et les passions supposent les sens et en dépendent. Car il est certain que l'image corporelle d'un objet sensible, (Il n'est pas question ici des ligures qui sont l'objet des mathématiques,) n'est que la trace et l'ébranlement que ce mtjme objet a produit dans le cerveau par le moyen des sens, la(iuelle trace se renouvelle par l'action de l'imagination ou le cours des esprits. A l'égard des passions elles ne peuvent aussi ôlre excitées que par le mouvement des esprits animaux, qui
1. Var. Mais pour exécuter ce dessein suivant le conseil que saint Paul donne ici. il faut... (1684.)
2. La délectai ion delà grâce est destinée à contrebalancer en nous la concupiscence; mais si nous laissons celle-ci devenir trop forte, le contrepoids sera insuffisant et nous ne retrouverons pas l'équilibre. Ceci est longuement développé dans le Traité de la nature et de la grâce, 2e et Sa discours.