‹ Traité de moraleChapitre 129 sur 233 · ap. Elle produit par elle-même. (168i · texte numérisé non relu

ap. Elle produit par elle-même. (168i

I!. Var. Elle jelte même quolqnofois le frrmhle. 'IGSl." î. \av. Et met en fureur. It"!?!.

II. Ce terme, Imagination, esl fort en usage dans le monde: mais j'ai peine h croire que tous ceux qui le prononcent y attaclieni une idée distincte. Je l'ai déjà dit et je le répète, car il n'y a point de mal d'y penser plus d'une fois : les mots les plus communs sont les plus confus, et le discours ordinaire n'est souvent qu'un jeu de paroles vides de sens, qu'on écoute et qu'on rend comme les échos la voix des bergers '. Pourvu qu'on s'entretienne agréablement, qu'on se communique les uns aux autres ses affections, qu'on se donne mutuellement des marques d'estime, on sort content de la conversation. On fait de la parole le même usage (|ue de l'air et des manières: on s'unit les uns aux autres par les sens et les passions; et souvent la raison n'a point d'autre part à la société que celle de servir à la vanité et à l'injustice des hommes. Car la vérité n'est bonne à rien en ce monde. Ceux qui la recherchent sont des visionnaires, des esprits particuliers ^, des personnes dangereuses qu'il faut éviter comme l'air contagieux. Ainsi les paroles, dont le principal usage devrait être de représenter les idées pures de l'esprit, ne servent d'ordinaire qu;i exprimer des idées sensibles, et les mouvements de l'âme, qui ne se communiquent déjà que trop par les manières, l'air du visage, le ton de la voix, la posture et le mouvement du corps.

III. Imagination est un de ces termes que l'usage autorise et n'éclaircit pas: car l'usage ordinaire n'éclau'cit que les mots qui réveillent les idées sensibles. Ceux qu'il substitue aux idées pures sont tous ou équivoques ou confus. Comme l'imagination n'est visible ^ que par les effets, et qu'il est difficile d'en connaître la nature, chacun prononce le même mot sans en avoir la même idée : peut-être même que bien des gens n'en ont nulle idée.

IV. L'imagination se peut considérer en deux manières : du côté du corps, et du C(jté de l'àme. Du côté du corps, c'est un cerveau capable de traces, et des esprits animaux propres à former ces traces. Qu'on conçoive par esprits animaux tout ce qu'on voudra s'imaginer, pourvu que ce soient des corps qui par leur mouvement, puissent agir dans la substance de la principale partie du cerveau. Du côté de l'esprit, ce sont des images

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