‹ Traité de moraleChapitre 133 sur 233 · PREMIERE PARTIE.- DE LA VEHTU. l'to · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE.- DE LA VEHTU. l'to

XXIII. Tous les hommes leconnaissenl assez bien le dérèglement de la cononpiseence charnelle. Ils s'en délient, ils en ont quelque horreur, ils évitent en partie ce qui peut l'irriter. Mais il y en a très peu qui fassent une sérieuse réilexion sur la concupiscence de l'orgueil, et qui appréhendent de la réveiller et de l'augmenter. Chacun s'abandonne indiscrètement dans le commerce du monde et s'embarque sans crainte sur cette mer orageuse, comme l'appelle saint Augustin. On se laisse conduire à l'esprit qui y règne, on aspire à la grandeur, on court à la gloire. Car le moyen de demeurer immobile au milieu de ce torrent de gens (|ui nous environnent et qui nous insultent s'ils nous laissent derrière eux? Enlin on se fait un nom. mais un nom qui rend d'autant plus esclave, qu'on a fait plus d'efforts pour le mériter : un nom qui nous lie étroitement aux créatures et qui nous sépai'e du Créateur : un nom illustre dans l'estime des hommes, mais un nom d'orgueil que Dieu confondra '.

1. On peut comparer ces dernit"'pes pages aux chapitres consacres à 1 orgueil, par Bossuet. dans son Traitp de la ronaipiscence .

CIIAI'ITIIK THKIZIE.AIK.

Des liassions. Ce que c'est. Leurs effets dangereux. 11 faut les moilérer. Conclusion de la première partie de ce traité.

I. Les sens, rimagination et les passions vonl toujours de compagnie : on ne peut les examiner et les condamner séparément. Ce que j'ai dit des sens et de rimajj:ination s'étend naturellement aux passions. Ainsi on peut bien juger ce <|ue je vais dire, de ce que j'ai déjà dit : car je ne ferai qu'expliiiuer un peu plus au ionj;- ce que j'ai été oblif;é de dire en partie, à (^ause de l'étroite union de toutes nos facultés i.

II. Par les passions je n'entends point les sens qui les produise» , ni rimaf^Muilion (|ui les excite et (|ui les entretient, .l'entends le mouvement de l'âme et des esprits causé par les sens et par limayination, et (|ui aj^it à son tour sur la cause qui les produit : car tout ciMà n'est (ju'une circulation continuelle - de sentiments et de mouvements (|ui s'entretiennent et se reproduisent. Si les sens produisent les passions, les passions en échange, par le mouvement qu'elles excitent dans le corps, unissent les sens aux objets sensibles. Si l'imagination excite les passions, les passions par le contrecoup du mouvement des esprits réveillent rimaginaiion : et chacune de ces choses s'entretient, ou est produite ^ par l'elTet dont elle est la cause; tant est adml • rable r('conomie du corps humain et la liaison mutuelle de

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