Var. Des parties
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juger solidement de l'objet qui les excite : car leur malignité est telle, (ju"elles ne sont point contentes, que la raison ne porle (!es jugements qui les favorisent,
IX. Car 1° Elles font valoir le jugement des sens, quoique faux témoins, bien loin de pouvoir passer pour juges deyant la Raison.
2o Elles ne représentent les objets que du côté faux et trompeur qui les accommode.
."o Elles réveillent toutes les traces et les idées accessoires qui entrent dans leur parti, et font taire tout le reste.
4'> Klles couvieiit d'ap|iarences honorables de raison, de justice, de vertu, leur conduite déréglée et leurs desseins criminels. L'avaricieux, par exemple, se cache à soi-même la honte, l'injustice, la cruauié de son avarice. Il se déguise sa passion par des pensées de tempérance, de modéraiion, de prudence, de pénitence, et peut-être même de chnrilé, de libéralité, de magnilicence, par des desseins imagmaires, et qu'il n'exécutera jamais. Car les liassions ont assez d'adresse pour faire servir à leur justilication les vertus mômes qui leur sont opposées. Enfin les passions sont toujours accompagnées d'un certain sentiment de douceur qui corrompt leur juge et le paie content s'il les favorise : au lieu qu'elles le maliraitenl cruellement s'il les condamne à la mort. Car quel présent peut-on offrir plus agréable et plus charmant que le plaisir, à celui qui veut invinciblement être heureux: puisque c'est le plaisir actuel qui rend actuellement heureux"? Et quel traitement est plus rude que celui que les pa.ssions font à l'esprit, lorsqu'il veut les sacrifier :i l'amour de l'ordre? Certainement il ne peut les frapper sans se blesser. Car lorsqu'elles sont en défense, le même coup que nous leur portons, et qui ne leur ôte souvent la vie que pour pei de temps, nous donne la mort par contre-coup, ou plutôt nous réduit dans un état (]ui nous parnit pire que la mort même.
X. Il est donc visible que ceux qui, bien loin de modérer leurs passmns, font tous leurs efforts pour les satisfaire, qui vivent par humeur, qui agissent par inclination, qui jugent de tout par fantaisie, en un mot qui suivent tous les mouvements de la machine, et se laissent conduire sans savoir qui les conduit ni où on les mène: s'éloignent sans cesse de leur vrai bien, le perdent peu à peu entièrement de vue, en efTacent même le souvenir, et courent en aveugles se précipiter dans