‹ Traité de moraleChapitre 143 sur 233 · Var. Tous · texte numérisé non relu

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148 TRAlït: DE MORALE.

vérilé et charité dans les saintes Ecritures. Mes blen-uimés, dit saint .lean ', nous sommes déjà enfants de Dieu^ mais il ne parait pus encore ce que nous serons quelque jour. Nous savons ncunmoins que lorsqu'il paraîtra, nous, lui serons semblables, pjarce que nous le verrons tel qu'il est. Et tous ceux qui ont cette espérance se sanctifient pour être saints comme lui. Heureux, dit Jésas- Christ même ^ sont ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu.

II. Poar découvrir les devoirs que nous devons rendre à Dieu, il faut considérer avec attention tous ses attributs essentiels, et nous consulter nous-mêmes par rappDrt à eux. 11 faut surtout examiner sa puissance, sa sagesse et son amour, et de notre part nos jugements et nos mouvements. Car ce n'est que par des jugements et des mouvemenis, que les espriis rendent à Dieu ce qu'ils lui doivent, ce culte spirituel (|ue Dieu, qui est esprit, demande de nous ^; et c'est uniquement à cause de 'la puissance, de la sagesse et de l'amour de Dieu *, que nous lai devons indispensablement de très grands devou-s.

III. Lorsque en pensant à Dieu on ne voit encore (ju'une réalité ou une perfection infinie, on reconnaît (jue l'ordre veut qu'on estime Dieu intininient. Mais de cela seul on ne juge pas nécessairement qu'il le faille adorer, craindre, aimer ^ d'un amour d'union, espérer en lui, et le reste. Dieu considéré seulement en lui-même, ou sans aucun rapport à nous, n'exciie point les mouvemenis de l'àme qui la transportent vers le bien ou la cause de son bonheur, et qui lui donnent les dispositions propres pour en recevoir les iniluences. Rien n'est plus clair, que l'être inliniment parfait doit être inliniment estimé. Il n'y a point d'esprit qui puisse refuser à Dieu ce devoir spéculatif : car ce devoir ne consiste que dans un simple jugi-ment (|u'on ne peut suspendre quand l'évidence est entière. Aussi les impies, ceux qui n'ont point de religion, ceux qui nient la providence, rendent volontiers ce devoir k Dieu. Mais, comme ils s'imaginent que Dieu ne se mêle point de nos affaires, et qu'il

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