‹ Traité de moraleChapitre 147 sur 233 · Var. Ou de soi-mèmo · texte numérisé non relu

Var. Ou de soi-mèmo

teur, les créatures e"s:écnl.iiit par une puissance qu'(^Iles n'oni pas des desseins formés avant leur naissance. Qu'y a-t-il de plus saint que ce principe qui fait clairement comprendre à ceux qui sont capables de le bien entendre qu'il est souvent permis de s'approcher des objets de nos sens par le mouvement de notre corps, mais qu'il faut réserver pour Dieu seul tous les mouvements de notre âme ? Car on peut, et souvent même on doit s'approcher de la cause occasionnelle de nos sentiments, mais on ne doit jamais l'aimer. On peut se lier aux autres hommes, mais on ne doit point les adorer par le mouvement de son amour comme nos biens, ou comme capables de nous faire aucun bien. Il ne faut aimer et craindre (|ue la cause véritnble des biens et des maux, il ne faut aimer, craindre qui' Dieu dans les créatures. Heureux celui qui met son espérancr en Dieu, et maudit est celui qui met dans l'homme sa confiance. Maledictus hoino qui confidit in homine et ponite carnem brnckinni sniiin. [Jcr. xvii. H.)

IX. Apparemment c'était là la philosophie du généreux Mardochée, et qu'il avait apprise à Esther, sa chère (ille adoptive. Car les Juifs avalent une philosophie plus sainte que celle (jiie nous ont laissée les païens. Certamement, c'est dans un mouvement conforme aux principes de cette philosophie, qu'elle fait à Dieu cette prière en lui exposant les vrais sentiments de son cœur. Délivrez nous, Seigneur, par la forée de votre bras, et secourez-moi, qui ne cherche qu'en vous le secours qui m'est nécessaire. Seigneur, qui pénétrez les cœurs, vous savez que je hais la gloire des méchants rt que je déleste la couche des incirconcis et de tous ceux qui ne sont point de ma nation. Vous savez que c^est pour moi une nécessité malheureuse, et que j'ai en abomination la couronne que je porte aux jours que je parais en public, cette marque funeste de ma grandeur et de ma gloire. Je l'ai. Seigneur, en une extrême horreur, et je ne la porte jamais lorsque je suis à moi-même. Je n ai jamais mangé à la table d^Aman, et je n'ai jamais pris de plaisir daiis les festins du Roi même. Jamais votre servante n'a eu de joie qu'en vous. Seigneur Dieu d'Abraham, depuis que j' al été transportée ici jusqu'à présent. Cette grande rein(! prend Dieu à témoin ([u'elle n'a jamais eu de joie qu'en lui seul. Tu sels quod nunqnnm hvtata sit ancilla tua, ex quo Inir translata, sn.m us(/iie in pneseiilem diem., nisi in te. Domine, Drus Abraham. Qiioi(|U(^ femme d'un prince qui commandait à cent vingt-sept provinces, (|iioi(iue parmi les plaisirs, elle n'a (|iie

Page 1