‹ Traité de moraleChapitre 151 sur 233 · DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS. 1(i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS. 1(i

vienne point h la traverse dissiper par de vains fantômes ou des pensées humaines, la lumière que cette même fi répand en nous.

IX. Pour reconnaîlre donc nos devoirs envers Dieu, comme sapresse ou Raison universelle des intellifjences, il ne suflit pas d'être convaincu en tontes manières de l'union de l'esprit avec Dieu, il faut encore examiner avec soin les lois de Tunion de l'Ame et du corps : p;irce que nous sommes tellement situés entre Dieu et les corps, que plus l'union de l'esprit et du corps s'aujinienie et se fortilie, plus l'union de l'esprit avec Dieu s'affaiblit et diminue : et au contraire moins !e corps aj^it sur l'esprit, plus l'esprit consulte librement la Vérité intérieure, .le n'expli(juerai point ici en particulier quelles senties lois de l'union et de l'esprit et du corps, on doit s'en être instruit ailleurs. Qu'on se souvienne du moins en f;énéral, que nos sentiments répandent notre âme dans notre corps, et la rendent attentive à ses besoins : et que notre imagination et nos passions la répandent dans tous ceux qui nous environnent : que le corps ne parle jamais à l'esprit que pour le corps, et qu'il nous tire insolemment de la présence de notre maître intérieur, qui ne nous parle jamais que pour le bien ou la perfection de notre être : en un mot que notre union avec la Raison est maintenant si faible et si délicate, que le moindre sentitnent qui nous frappe, la rompt actuellement, quelque effort que nous fassions pour rentrer en nous-mêmes et retenir nos idées qui se dissipent. *

X. Jugements qu'on doit former en llionneur de la Raison universelle.

lo 11 n'y a point plusieurs sagesses, ou plusieurs Raisons.

•2c' L'homme n'est pas à lui-même, ni <à nul autre, sa sagesse et sa lumière, ni nulle intelligence à aucune autre.

3" Dieu par sa imissance est la cause de nos perceptions ou de nos connaissances claires, en conséquence de nos désirs ou de notre attention. Mais c'est uniquement la substance intelligible et commune de la vérité qui en est la forme, l'idée, l'objet immédiat. L'esprit séparé de la Raison ne peut connaître aucune vérité. Il peut bien par l'action de Dieu sur lui sentir sa douleur, son plaisir ', et toutes les autres modilications particulières dont sa substance est capable : mais il ne peut connaître

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