‹ Traité de moraleChapitre 171 sur 233 · Var. Kl · texte numérisé non relu

Var. Kl

:j. Vnr. De notre fi'-licilé pi-ij^innlo. (IGS'i.

nRrxiK ME p\RTiR. — nr.s nKvoiRS. iso

ni'S (|ii(! p.iur la ctnist'rNalion de nuire (>tre sensible : qni^ leur importe don'" (fou vienne ee fruit, pourvu i|u'iis en nient : dDii proct'ile ce plaisir, pourvu qu'ils en i,'oiitent?

XIV. De inèuio notre iniajjination flissipe bientôt ton les ces idées abstraites d'une puissance invisible, lors(iu'on est en présence de son Souverain. La loi divine, l'Ordre immuable, la Raison, ce n'est qu'un fantôme qui s'évanouit et (|ui disparaît, lorsque le i)iin(e ordonne, on lorsqu'il parb; avec empire. F,a Majesté du Prince, l'éclat sensible de la f^randeur, l'air respectueux et craintif où est tout le monde, et où tout le monde doit èire, ébranlent de telle manière le cerveau d'un ambitieux et de la plupart des homm(,'s, en qui pour lors les passions sont excitées, (lu'il y a peu d'esprits assez fermes * pour consulter la loi divine, penser a la puissance du Dieu invisible, rentrer en soi-même, et écouter les ju<,'ements (jue prononce en nous celui qui préside immi'dialement à tous les esprits.

XV. C'est à cause de cette étroite union de l'esprit et du corps, qui par le péclié s'est changée en dépendance, que rien n'est plus danirereux que le commerce du grand monde, et (ju'il est nécessaire d'avoir une vocation particulière, des raisons fortes et extraordinaires, pour s'y engager. On ne forme là ordinairement que des sociétés dont l'ambition et la volupté sont le principe et la fin, et qui n'étant point conduites ni par la Raison ni par la Foi, mais par des passions toujours inconstantes et toujours injustes, se rompent facilement, et précipitent les hommes dans les derniers malheurs. Enlin ceux qui n'ont point assez de grandeur, de courage, m de fermeté d'esprit pour rendre à Dieu leurs devoirs, en présence du Prince, dans l'embarras des affaires, lorsqu'ils sont en vue à trop de gens, en un mot ceux qui se laissent éblouir, étourdir, renverser par le commerce du monde, tel qu'il puisse être, doivent l'éviier, et se mettre l'esprit en telle situation, qu'ils puissent avec liberté honorer et aimer la puissance véritable, se conformer à la loi divine, rendre à Dieu ses devoirs intérieurs et spirituels. Ces devoirs sont imlispensables, et certainement on ne doit rien au prochain, si ce qu'on lui doit nous empêche de rendre à Dieu ce que nous lui devons indispensablement.

Page 1