CHAPITRE SEPTIKME
Les devoirs d'estime sont dus ;ï loiit. le monde, aux derniers des liommes, aux plus grands pi^clieurs, à nos ennemis et à nos perpécutenrd, aux mérites aussi bien qu'aux nntures. Il est difficile de régler exactement ces sortes de devoirs ' et ceux de bienveillance, à cause de la différence des mérites personnels et relatifs et de leurs combinaisons. Kègle géuérale et la plus sûre qu'on puisse donner sur cette matière.
I. Les trois principes généraux, auxquels on peut rapporter tous les devoirs particuliers que nous devons rendre aux hommes, sont, ainsi que j'ai dit dans le chapitre précédent, la simple estime, qu'on doit proportionner à l'excellence et à la pcrfpction de chaque être; le respect, ou la soumission relative de l'esprit, qu'on doit proportionner à la puissance subalterne des causes occasionnelles intelligentes : et l'amour de bienveillance, qui est dii à tous ceux qui sont capables de jouir des biens qui peuvent nous être communs avec eux.
II. La simple estime est un devoir qu'on doit rendre à tous les hommes. Le mépris est une injure, et la plus grande des injures. Il n'y a que le néant de méprisable, car toute réalité mérite de l'estime. L'homme étant la plus noble des créatures, c'est un faux jugement, et un mouvement déréglé, que de le mépriser, quel qu'il puisse être. Le dernier des hommes peut être élevé à la souveraine puissance; et les premiers Rois que Dieu a donnés aux Israélites ont été pour ainsi dire tirés de la lie du peuple. Saûl, de la dernière famille, de la plus petite