‹ Traité de moraleChapitre 18 sur 233 · Var. D'une telle ou telle manière · texte numérisé non relu

Var. D'une telle ou telle manière

•i. Var. La raison universelle. (1684.)

."). Var. Intelligible, n'était pas dans l'édition de 1684.

6. Voyez sur cette question la 4e des Méditations chrélien7ies, et particulièrement le."; passages suivants :

" 7. Les rapporls de grandeur sont entre les idées des êtres de même nature, comme entre l'idée d'une toise et l'idée d'un pied. Les rapports de perfection sont entre les idées des êtres ou des manières d'être de différente nature, comme entre le corps et l'esprit, entre la rondeur et le plaisir.

VII. De \k il est évident qu'il y a du v^-ai * et du faux, du juste et de Vinjuste, et cela à l'égard de toutes les inieiligences : que ce qui est vrai à l'égard de l'homme est vrai à l'égard de l'Ange, et à l'égard de Dieu môme ; que ce qui est injustice ou dérèglement à l'égard de l'homme est aussi tel à l'égard de Dieu même. Car tous les esprits contemplant la même substance intelligible, y découvrent nécessairement les mêmes rapports de grandeur, ou les mômes vérités spéculatives. Ils y découvrent aussi les mêmes vérités de pratique, les mômes lois, le même ordre, lorsqu'ils voient les rapports de perfection qui sont entre les êtres intelligibles que renferme cette même substance du Verbe : substance ^ qui seule est l'objet immédiat de toutes nos connaissances.

VIII. Je dis, lorsqu'ils voient les rapports de perfection ou de grandeur, et non lorsqu'ils en jugent : Car la vérité seule ou les rapports réels se voient, et l'on ne doil juger que de ce que l'on voit. Lorsiiu'on juge avant que de voir, ou de plus de choses qu'on n'en voit, on se trompe; ou du moins on juge mal, quoiqu'il arrive par hasard qu'on ne se trompe pas. Car juger des choses par hasard, aussi bien que par passion ou par intérêt, c'est en mal juger, puisque ce n'est pas en juger par évidence et par lumière. C'est en juger par soi-même, et non par la Raison, ou selon les lois de la Raison universelle, Rî^ison dis-je seule supérieure aux esprits, et qui seule a droit de prononcer sur les jugements qu'ils forment ^.

IX. Comme l'esprit de l'homme est fini, il ne voit pas tous les rapports qu'ont entre eux les objets de ses connaissances. Il peut donc se tromper en jugeant des rapports qu'il ne voit pas. Mais, s'il ne jugeait précisément que de ce qu'il voit, ce que sans doute il peut faire, certainement quoiqu'esprit fini, (luoiqu'ignorant, (]uoi(iue sujet à l'erreur par sa nature, il ne se tromperait jamais ". Car ce ne serait pas tant lui que la raison uni-

>i 8. Les rapports de grandeur sont des vérités toutes pures, abstraites, métaphysiques; et les rapports de perfection sont des vérités et en nn'ine temps des lois immuables et nécessaires; ce sont les règles inviolables de tons les mouvements de l'esprit. Ainsi ces vérités sont l'ordre que Dieu même consulte dans toutes ses opérations. »

1. i< Les vérités ne sont que des rapports, mais des rapports réels et iulolligibles. » ^ (Ibid.)

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