‹ Traité de moraleChapitre 19 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE.— DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— DE LA VERTU

versellequi prononcorait en liii-mèiDo les jugements ' (|u'il formerait.

X. Mais Dieu est infaillible par sa nature ; il ne peut T'ire sujet à l'erreur ni au péché; car il est à lui-même sa lumière et sa loi. La Raison lui est consubstantielle ; il la connaît parfaitement, il l'aime invinciblement. Étant infini, il découvre tous les rapports que renfernie la substance intelligible du Verbe. Il ne peut donc pas juger de ce qu'il ne voit point. Et, comme il s'aime invinciblement, il no peut s'empêcher d'estimer et d'aimer les choses à proportion (ju'elles sont estimables, à proportion qu'elles sont aimables, selon l'Ordre immuable de ses propres perfections, car les êtres ne sont plus ou moins parfaits ()ue parce qu'ils participent plusou moins aux perfections Divines ^.

XI. Apparemment les Anges et les Saints, quoique par leur nature sujets à l'erreur, ne se trompent jamais: car la moindre attention de l'esprit leur représente clairement les idées et leurs rapports. Ils ne jugent que de ce qu'ils voient. Ils suivent la lumière, et ne la précèdent pas. Ils obéissent à la loi, et ne s'élèvent pas. La Raison seule juge en eux souverainement et sans appel. iMais l'homme, tel que je m'éprouve, se trompe souvent, parce que le travail de l'attention le fatigue extrêmement ; et quoique son application soit forte et pénible, il ne voit d'ordinaire que confusément les objets, il n'aperçoit que confusément les idées ''. Ainsi l'homme fatigué et peu éclairé se repose dans la vraisemblance, content pour quelque temps du faux bien dont il jouit. Et, parce qu'il s'en * dégoûte bientôt, il recommence ses recherches, jusiju'àce que lassé et séduit de nouveau, il prenne quelque repos, pour recommencer faiblement ^ ses recherches difficiles ".

connaissance, qu'elle ne fait aucun jugement que des clioses qui lui sont cla rement et distinctement représentées par l'enlen lement, il ne se peut faire que je me trompe. » (Descartes, 4« méditation, parag:. 17.)

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