Ce sonl des cas hypothétiques, bien entendu
:;. n faut remarquer ce court, précepte, souvent repris et dévelopiié dans les Traités de Morale de notre temps.
•i. En nous donnant le surcroit de force nécessaire pour sortir d'une situation diflicile, c'est là sans doute ce que veut dire Malebrauche, et il sous-entend que cette K'i'-'^e il faut la demander
CHAPITKE HUITIEME.
Des devoirs de bieiiveillauce elde respect. On doit procurer les vrais biens à tous les hoiuuies, et uoa ])as les bieus relatifs. Quel est celui qui sait s'acquitter des devoirs de bienveillance. Injustes plainte.s des gens du monde. Les devoirs de respect doivent être proportionnés à la puissance participée.
I. La plupart des choses que j'ai dites touchant les devoirs d'estime, se peuvent appliquer aux devoirs de bienveillance et (le respect. Néanmoins il est k propos d'en dire encore ii^i (juelque chose, afin d'en faire connaître plus distinclement la nature elles obligations.
II. A l'égard des devoirs de bienveillance ou de charité, on les doit rendre généralement à tous les hommes, et quoiqu'il y ait de certains biens particuliers, (lu'on ne doive point souliaiter ni procurer à. certaines personnes, ni dans certaines circonstances, les vrais biens qu'on peut donner sans s'en priver et sans en priver les autres ne doivent jamais être refusés ù (jui que ce soit. Il ne faut jamais cacher la vérité, nourriture de l'esprit, à ceux qui sont en état de la recevoir. 11 faut donner bon exemple à tout le monde. Il ne faut jamais excepter personne dans ses prières et dans le sacrilice. Il ne faut jamais refuser les sacrements à celui (|ui est bien disposé à les recevoir. Ce sont là de vrais biens, et ([ui ont rapport à la société éler- )ielle. Et comme Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et viennent il la connaissance de la vérité, celui qui refuse de rendre à (lueliiu'un les devoirs de la charité chrétienne, résiste aux desseins de Dieu et blesse dans sou principe la société que nous avons avec lui par Jésus-Christ.
UEUXlEMli l'AirriK. - DES DEVOIRS. Jlf.i
m. Mais comme les biens Je la terre ne sont pas proprement des biens, comme leur prix vérilable dépend du rapport (ju'ils peuvent avoir avec les vrais biens, comme enlin ce sont des biens qui ne peuvent se communi(|uer sans se partager, il arrive très souvent ([u'on ne doit point en faire part à (|uelques personnes. Par exemple, si un père ti'op tendre pour ses enfants débauchés ou disposés à la débauche, leur donne de l'argent, il est la cause de leurs désordres, et fait tort aux pauvres ijui auraient besoin de son secours: de même que celui (jui présenti; une épée à un fou ou à un homme transporté de colère, est véritablement la cause du meurtre. Le prodigue vole les pauvres, et tue par ses libéralités indiscrètes l'àme des compagnons de ses débauches : et celui (jui donne à un valet ivrogne la bherlé de boire à discrétion, lui fait un bien que défendent les devoirs de la ciiarilé et de la bienveillance. En un mot, celui qui donne quelque puissance à des esprits impuissants, qui ne peuvent ni consulter ni suivre la Raison, est la cause de leur péché ^et de tous K's maux (jui suivent de l'abus de la puissance.
I"V. Ces vérités sont incontestables, et la raison en est claire. Comme l'argent, par exemple, n'est point proprement un bien, puisqu'on ne peut véritablement le posséder, ni en jouir, car les esprits ne possèdent point les corps : comme c'est un bien qu'on ne peut communiquer sans le partager, l'amour de bienveillance le doit distribuer de manière qu'il suit utile et devienne un bien, ou plutôt un moyen propre pour acquérir le bien, à l'égard de ceux qui le reçoivent. Car autrement on manque doublement à ce qu'on doit au prochain : on blesse la personne k qui on donne cet argent, et tous ceux à qui on ne le donne pas et qui par les lois de la charité y ont. un droit véritable.
V. Mais la douleur et Ihumiliation, (|ui en elles-mêmes sont de vrais maux, deviennent biens en plusieurs rencontres : et l'amour de bienveillance, qu'on doit avoir pour tous les hommes, doit nous porter à afiliger ceux qui le méritent, et sur lesquels nous avons autorité, afm de les retirer de leurs désordres par la crainte du châtiment. Une mère qui ne veut point souffrir qu'on coupe le bras gangrené de son enfant, est une cruelle. Mais celle-là l'est beaucoup plus, qui lui laisse corrompre Tes-