Var. De leur perte
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prit et le cœur par les plaisirs et par la mollesse. Un ami qui soufl're en silence qu'on détruise son ami par des intrigues secrètes, ou qui entre lui-même par intérêt dans un commerce désavantageux à l'amitié qu'il a jurée, c'est un ami infidèle, c'est un homme indigne de la société des autres hommes. Mais bien plus infidèle ami est celui, qui de peur de nous contrister et de nous afOiger, nous laisse tomber dans les enfers, ou qui flattant nos passions, se joint aux seuls ennemis que nous ayons pour nous aveugler et pour nous perdre.
VI. Qui peut donc rendre au prochain les devoirs de la charité ou de la bienveillance? celui-là certainement qui connaît la vaniié des biens qui passent et la solidité des hiens futurs, f immobilité de la Jérusalem céleste, fundée sur le roc inébranlable, le Fils bien-ainié du Tout-Puissant ; celui-là qui compare le temps à l'éternité, et suivant le grand principe de la Morale chrétienne, mesure les devoirs de l'amitié et de la société civile sur ceux de la soc:é é qui se lie ici-bas par la grâce et se cimente pour jamais dans le ciel, par une communion perpétuelle d'un bien qui se donnera tout entier à tous. Celui-là entin qui pense sans cesse à la société toute divine que nous devons avoir avec le Père par le Fils dans l'unité du Saint-Esprit, amour mutuel du Père et du Fils, et principe de l'amour heureux ([ui nous unira à Dieu dans tous les siècles, celui-là, mais celui-là seul peut rendre à son prochain les devoirs de bienveillance. Tout autre manque de charité; et bien loin qu'il nous aime de cet amour qui nous est dû, et qui est le second des plus grands commandements de la loi des chrétiens, qu'il ne connaît pas encore ses obligations essentielles à notre égard. Le commerce (ju'il a avec nous, son amitié, sa société seront plutôt la cause fatale de nos maux, que le principe heureux de notre repos et de notre joie.
Vil. Qu'on dise tant qu'on voudra (ju'il faut séparer les lois de la société civile de celles de la charité chrétienne, elles me paraissent inséparables dans la pratique. Le citoyen de ma ville est déjà par la grâce citoyen de la sainte Cité : le sujet de mon Prince est un domestique de la maison de Dieu. Juin non cstis kospitcs tt adcenx, dil saint Paul, sccl cstis cives Sanctorum, et domestici Dei, superxdificati super f'undamenliim Apostolorum et Pruphetarum, i))so sutntno annidarl lapide Christo Jcsu : in i/uv omnis wdi/icatio cunstnirta cvescit in Templumsanctum Domino. Puis-je donc entrer dans les desseins d'un ami,