‹ Traité de moraleChapitre 185 sur 233 · DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS. 2M · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS. 2M

Aussi se trouve-t-ou iialiirelU'ment porté à mesurer le respect dû il la ^^randour et à la puissance, à proportion (lu'ellc se fait sentir. Certainement lorsiiiron est en la présence du Tnut- Piiissant, il faut (jue l'esprit se prosterne. Or quoii|uon soit toujours (levant Dieu, on se met en sa présence d'une manière particulière, lorsqu'on ai)orde son supérieur qui en est l'image. 11 ne suflit donc pas de prendre au dehors un air respectueux et craintif. Mais il faut encore (\ne l'esprit s'humilie, et respecte la frrandeur et la puissance de Dieu dans la majesté du prince.

m. Comme il n'en coûte ,auère de rendre aux Puissances les devoirs de respect, et que même le cerveau est construit de manière que l'imaf^ination s'abat volontiers à l'éclat qui les environne , il n'est pas fort nécessaire que j'en parle davantage. Mais comme l'obéissance exacte à leurs ordres est un sacritice continuel, bien plus diflicile à faire iiue celui d'égorger des victimes, l'amour-propre en est un ennemi irréconciliable. Peu de gens s'acquittent chrétiennement de ce devoir, ou dans l'attente que celui ' qu'on honore en la personne du Prince soit leur uni(|ue récompense. Presque tous se dispensent autant qu'ils peuvent, de rendre une obéissance qui les incommode; et quelques-uns obéissent mal à propos à des commandements injustes, pour ne pas connaîire exactement l'ordre de leurs devoirs. Car, comme les Puissances différentes * ont des droits séparés, leurs différents intérêts se mêlent de manière (ju'il y a beaucoup de difficulté à reconnaître à qui il faut obéir; et dans ces rencontres chacun suit son humeur ou son utilité particulière, faute des principes qui règlent leurs actions. Je vais tâcher d'en expliquer quelques-uns qui pourront donner quelque ouverture à l'esprit, pour reconnaître plus distinctement ces devoirs.

IV. Il n'y a dans le monde que deux Souveraines Puissances, la Civile et l'Ecclésiastique : le Prince dans les états Monar- 3hiques \et l'Evoque : le Prince image de Dieu tout-puissant, et son Ministre sur la terre, l'Evèque image de Jésus-Christ, et son Vicaire dans l'Eglise. Le Prince ne lient que de Dieu

t. Dieu.

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