‹ Traité de moraleChapitre 20 sur 233 · Var. Froidement · texte numérisé non relu

Var. Froidement

6. << 11 vaut infiniment mieux chercher avec inquiétude la vérité et le bonhour qu'on ne possède pas, que de demeurer dans un faux repos en se contentant des mensonges et des faux tiiens dont on se repait ordinairement. » {Recherche de la vérité, liv. IV, ch. m. sur la curiosité.)

XII. PaisLiLic les vérités spéculatives et pratiques ne sont que des rapports de 'grandeur et de perfection, il est évident que la' fausseté n'est rien de réel. Il est vrai que 2 fois 2 font 4, ou que 2 fois 2 ne font pas o : parce qu'il y a un rapport d'égalité entre 2 fois 2 et 4, et un d'incgalitr entre 2 fois 2 et o. Et celui qui voit ces rapports, voit des vérités, parce que ces rapports so7it réels. Mais il est faux que 2 fois 2 soient lî, ou que 2 fois 2 ne soient pas 4 ; parce qu'il n'y a point de rapport d"égalité entre 2 fois 2 et -■), ni de rapport d'inégalité entre 2 fois 2 et 4. Et celui qui voit, ou plutôt celui qui croit voir ces rapports, voit des faussetés. Il voit des rapports qui ne sont point. Il croit voir, mais elTectivernent il ne voit point. Car la vérité est intelligible, mais la fausseté par elle-même est absolument incompréhensible.

XIH. De môme il est vrai qu'une bète est plus estimable qu'une pierre, et moins estimable qu'un homme, parce qu'il y a un plus grand rapport de perfection de la bête à la pierre, que de la pierre à la bête, et qu'il y a un moindre rapport de perfection entre la bète comparée à l'homme, qu'entre l'homme comparé à la bête. Et celui qui voit ces rapports de perfection, voit des vérités qui doivent régler son estime, et par conséquent cette espèce d'amour que l'estime détermine. Mais celui qui estime plus son cheval que son cocher, ou qui croit qu'une pierre en elle-même est plus estimable qu'une mouche ou que le plus petit des corps organisés, ne voit point ce que peut-être il pense voir'. Ce n'est point la Raison universelle, mais sa raison particulière qui le porte à juger comme il fait. Ce n'est point l'amour de l'Ordre, mais l'amour-propre, qui le porte à aimer comme il aime. Ce qu'il pense voir, n'est ni visible, ni intelligible ; c'est un faux rapport, un rapport imaginaire : et celui qui règle sur ce rapport, ou de semblables, son estime ou son amour, tombe nécessairement dans l'erreur et dans le dérèglement.

XIV. Puisque la Vériti- e\. XOrdrr sont des rapports de grandeur et de perfection réels, immuables, nécessaires, rapports que renferme la substance du Verbe Divin ; celui qui voit ces rapports, voit ce (lue Dieu voit : celui qui règle son amour sur ces rapports, suit une loi que Dieu aime invinciblement. Il y a donc entre Dieu et lui une conformité parfaite d'esprit et

Page 1