DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS
l'Eglise^ et s'est livré hd-mt*mc à la mort pour elle, afin de la sanctifier après l'avoir purifiée dans le baptcme de l'eau par la parole de vie\ afin de la faire paraître devant lui dans la gloire, n'ayant ni tache ni rid>', ni d'antres semblables défauts, mais toute sainte et toute pure. Ainsi les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. Celui qui aimr sa femme, s'aime soi-même. Or jamais personne n'eut de haine de sa propre chair ; au contraire on la nourrit et on la cu)iscrve avec soin comme Jésus- Christ nourrit et conserve son Eglise, parce gue nous sommes les membres de son corps : iious faisons partie de sa choir et de ses os. C'est pourquoi l'homme laissera son père et sa mère pour s'attacher ii sa femme : et ils ne seront tous deu.v qu'une mènre chair. Ce sacrement est grand : et. pour moi, je dis que c'est en Jésus-fhristet en. l'Eglise. Que chacun de vous aime donc sa femme comme lui-même ; et que la femme craigne et respecte son mari.
V. De ces paroles admirables de saint Paul, on voit bien ({u'un mari doit nourrir sa femme et lui donner abondamment toutes les choses nécessaires à sa conservation, qu'il doit l'assister et la conduire par ses sages conseils et la consoler dans ses peines et dans ses faiblesses; qu'il doit en un mot l'aimer comme lui-même et, à l'exemple de Jésus-Christ, exposer sa vie pour la défendre. El que la femme de son côté doit obéir à son mari comme à son Seigneur, le craindre et le respecter, ne penser ;i plaire qu'à lui, et ne conduire sa famille que par dépendance de son autorité et de ses desseins, pourvu que ses desseins se rapportent, ou du moins ne soient point contraires à ceux de Dieu.
VI. Or le dessein de Dieu dans l'établissement du mariage n'est pas seulement de fournir à l'Elat des membres qui le composeni, qui le défendent, qui en soutiennent la gloire et la grandeur; mais principalement de fournir à Jésus-Christ des matériaux du Temple éternel, des membres de l'Eglise, des adorateurs perpétuels de la Majesté Divine. Car les personnes mariées ne sont pas seulement les ligures, mais encore les ministres naturels de Jésus-Christ et de l'Eglise. Dieu ne les a pas conjoints seulement pour hgurer son grand dessein, mais encore pour y servir. 11 est vrai que depuis le péché, ils n'engendrent que pour le démon, et par une action toute brutale; -et que sans Jésus-Christ notre médiateur, ce serait même un crime épouvantable que de communiquer à une femme cette misérable fécondité, d'engendrer un ennemi de Dieu, de damner une
âme pour jamais, de travailler à la gloire de Satan, et à l'établissement de la Babylone infernale *. Mais Jésus-Christ est venu remédier aux désordres du péché; et il est permis par le sacrement, figure de son alliance éternelle, de donner, pour ainsi dire, des enfants au démon, afin que Jésus-Christ ait la gloire de les lui ravir, et de les faire entrer dans son édifice, après les avoir lavés dans son sang.
VII. Or le principal devoir des parents, c'est d'élever leurs enfants de manière qu'ils ne perdent point l'innocence et la sainteté de leur baptême. Les personnes mariées peuvent vivre en continence, comme Adam et Eve avant leur péché : Jésus- Christ ne mamiue point de matériaux pour construire son Temple. Combien encore de nations dans l'ignorance du mystère de notre réconciliation ^î Mais que par leur ambition, leur avarice, leurs désordres, leur mauvais exemple, el même seulement par leur négligence à instruire leurs enfants, ils les privent de la possession des vrais biens, et les fassent retomber dans la servitude du démon, dans laquelle ils sont nés et dont ils avaient été alïranchis, c'est un des plus grands crimes '^ que les hommes soient capables de commettre.
VIII. Qu'un père fasse de ses enfants l'honneur de la famille, les délices de la ville, le soutien de l'Etat : qu'il leur laisse en paix de grands biens et tout le lustre possible "! C'est un cruel, et d'autant plus cruel, qu'il charme leurs maux, de manière qu'ils ne les sentiront que lorsqu'il n'y aura plus de remède. C'est un impie, et d'autant plus impie, que de ce qu'il détruit du temple sacré du'Diou vivant, il eniiâtil la profane Babylone: c'est un insensé, et d'autant plus, qu'il n'y eut jamais de plus insigne folie, de stupidité plus grossière, de désespoir plus brutal et plus enragé, que celui d'un père insensible à l'alternative inévitable de deux éternités bien dilîérentes qui succéderont aux derniers moments, d'un père qui ne bâtit pour lui et pour sa famille que sur le penchant d'un précipice, sujet aux orages et aux tempêtes, et tout prêt à ensevelir pour toujours le triste sujet de sa gloire et de ses plaisirs.
i. Sans Ift rachiU do riiiimiinilé par Jcsus-Chrisl, Malebvanclie jugerait lemoiulo el la vie comme le jugeront plus tard les pessimistes : ees derniùi'os paroles foiil pensera celles de Scliopenliauer {mutatis mulandlx).
2. VA qui n'ont point de motifs, par conséquent, d'csporer |iour lescnfanls qu'ils mettent au monde la bcalitndc éternelle que ceUe iM'cniiclll.-iHnn |ioul seule dnnupi'.
;{. Var. C'esl le plus grand crime. (1G8i el 1607.)
A. Kt qu'il se borne à cela, c'est évidemment ce que sous-enlend M .-di." lira ne lie