‹ Traité de moraleChapitre 30 sur 233 · Var. Rendre. (168 i et · texte numérisé non relu

Var. Rendre. (168 i et

on ne passe guère pour vaillant homme; et celui qui n'est point superstitieux ou créfUile \ quelque piété qu'il ait, passera sans doute pour un libertin dans les esprits superstitieux ou trop crédules -.

VII. Certainement, la Raison universelle est toujours la même: l'Ordre est immuable; et cependant la Morale change selon les pays, et selon les temps ^. C'est vertu chez les Allemands que de savoir boire : on ne peut avoir de commerce avec eux si l'on ne s'enivre. Ce n'est point la Raison, c'est le vin qui lie les sociétés, qui termine les accommodements, qui fait les contrats. C'est générosité parmi la noblesse, que de répandre le sang de celui qui leur a fait quelque injure. Le duel a été longtemps une action permise: et 'comme si la Raison n'était pas digne de régler nos différends, on les tprminail par la force : on préférait à la loi de Dieu même, la loi des brutes, ou le sort. Et il ne faut pas s'imaginer que cette coutume ne fut en usage que parmi des gens de guerre, elle était presque générale; et si les Ecclésiastiques ne se battaient pas, par respect pour leur caractère, ils avaient de braves champions qui les représentaient, et qui soutenaient leur bon droit en versant le sang des parties. Ils s'imaginaient même que Dieu approuvait leur conduite ; et, soit qu'on terminât les différends par le duel *, ou par sort, ils ne doutaient point que Dieu ne présidât au jugement, et qu'il ne donnât gain de cause à celui qui avait raison. Car, supposé que Dieu agisse par des volontés particulières, ce que croit le commun du monde, quelle impiété que de craindre ^, ou qu'il favorise l'injustice, ou que sa providence ne s'étende pas à toutes choses.

VIII. Mais sans aller chercher des coutumes damnables dans les siècles passés, que chacun juge à la lumière de la Raison des coutumes qui s'observent maintenant parmi nous, ou plutôt qu'on fasse seulement attention à la conduite de ceux

1. Var. Rt celui qui n'est, ni superstitieux ni crcrlnlc. (1684.)

2. \ap. Dans Tesprit ries autres. (1684.) Malebvanclic a li'ouvé polte expression Irop générale, Taddition qu'il y a faite en atlénue l'anicrtumo. Sa tliéorie des voies générales do la Providence devait le faire paraître en effet, a;ux yeux de beaucoup de gens, comme « Irop peu superstitieux et Irop peu crédule. »

3. « il n'y a [loint de science qui ait tant de rapport à n(uis que la morale... Cependant il y a six mille ans qu'il y a des lionuiies, ot celle science est encore fort imparfaite. » {Recherche de la vérité. 1. I\'. c. ni.i

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