‹ Traité de moraleChapitre 52 sur 233 · Var. Cette virgule n'était pas dans l'édition de · texte numérisé non relu

Var. Cette virgule n'était pas dans l'édition de

de produire des actes de vertu, afin qu'il puisse se défaire de ses mauvaises habitudes, et devenir liomme de bien : mais celte proposition doit être expliquée.

V. Je dis donc à i^égard des habitudes particulières, premièrement qu'un avare, par exemple, peut agir par un mouvement d'ambition : et cela n'est ni difticile à croire, ni diflicile à prouver. Je dis en second lieu qu'un avare peut môme faire une action contraire à l'avarice qui le domine. Car un avare peut aussi être ambitieux. Cela supposé, si la passion pour les richesses n'est point excitée, et que son ambition le soit ; ou si son avarice est moins excitée que son ambition dans une proportion réciproque de la force de ces deux. passions, il est certain que l'avare fera une action de libéralité, si dans ce moment il se détermine à agir, ce qui certainement est en son pouvoir. Car eniin on ne peut vouloir (jue le bien, et dans ce moment l'avare trouvera meilleur de faire cette action de libéralité (jue de ne la pas faire, et de sacriiier * l'amour ([u'il a pour l'argent à celui qu'il a pour la gloire. Ainsi il est évident que le pécheur peut, par des raisons d'amour-propre, ne pas suivre tel mouvement de ses passions qu'on voudra déterminer, s'il peut réveiller quelques passions contraires, et suspendre jusque-là le consentement de sa volonté. Mais cela ne suflit pas encore pour faire comprendre que celui qui pèche peut ne point pécher, que le pécheur peut se défaire de ses mauvaises habitudes, et le juste perdre la charité.

VI. En effet il n'en est pas des habitudes particulières de l'avarice ou de la libéralité, comme de l'amour de l'Ordre ou de l'amour-propre : et quoiiju'on demeure peut-être d'accord qu'un avare peut faire une action de libéralité, on me contestera sans doute (ju'un païen puisse faire une action conforme à l'Ordre, et par amour pour l'Ordre. Mais pour moi je ne veux point contester. Je vas tâcher d'expliquer nettement ma pensée. Que chacun suive ce que l'évidence de la Raison et l'autorité de la foi l'obligent à croire, et m'abandonne moi, s'il reconnaît (jue je m'écarte '•'du chemin qui me doit conduire dans la recherche de la vérité.

Vil. Si les pécheurs ou les païens n'avaient nul amour pour l'Ordre, ils seraient incorrigibles en toutes manières ; si les

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