‹ Traité de moraleChapitre 62 sur 233 · Var. Qu'il s'est fait · texte numérisé non relu

Var. Qu'il s'est fait

2. Éclaircissements sur le ch. ni de la Se partie du 6' livre de la Bechercke de la vérité. (Noie marginale de M.)

3. Entretiens sur la métaphysique, Te Entretien. Recherche de la vérité, liv. III, partie 2. 'Note marginale de M.)

prévu toutes les suites, a attaehé l.i présence ries idées à l'attention de l'esprit : car lorsqu'on est le maître de son attention, et qu'on en fait usage, la lumière ne manque pas de se répandre en nous à proportion de notre travail. Cela est si vrai, que l'homme ingrat et stupide s'en fait un sujet de vanité : il s'imagine être la cause de ses connaissances, à cause de la fidélité avec laquelle Dieu exauce ses désirs. Car, ayant un sentiment intérieur de son attention, et n'ayant aucune connaissance de l'opération de Dieu en lui *, il regarde l'effort de ses désirs, qui devrait le convaincre de son impuissance, comme la cause véritable des idées qui accompagnent cet eftbrt.

III. Or Dieu a dû établir en nous les causes occasionnelles de nos connaissances pour bien des raisons, dont la principale est, que sans cela nous n'eussions pas été les maîtres de nos volontés. Car, comme nos volontés doivent être éclairées pour être excitées, s'il n'était nullement en notre puissance de penser, il n'y serait pas de vouloir. Nous ne serions donc point libres d'une parfaite liberté, ni par conséquent en état de mériter les vrais biens pour lesquels nous sommes faits.

IV. L'attention de l'esprit est donc une prière naturelle, par laquelle nous obtenons que la Raison nous éclaire. Mais depuis le péché l'esprit se trouve souvent dans des sécheresses elfroyables. Il ne peut prier : le travail de Tatteption le fatigue et le désole. En effet ce travail est grand d'abord, et la récompense fort médiocre; et d'ailleurs on se sent à tous moments sollicité et pressé, agité par l'imagination et les passions, dont il doux de suivre l'inspiration et les mouvements-. Cependant c'est une nécessité: il faut invoquer la Raison pour en ôire éclairé. H n'y a point d'autre voie pour obtenir la lumière et l'mlelligence que le travail de l'attention. La foi est un don de Dieu, qui ne se mérite point ; mais l'intelligence ne se donne ordinaireuient qu'aux mérites. La foi est pure grâce en tous sens : mais l'intelligence de la vérité est tellement grâce, qu'il faut la mériter par le travail ou la coopération à la grâce.

'V. Or ceux qui sont faits à ce travail, et qui sont toujours at-

1. Les mots : en lui, n'ctaicnl ni de l'édition de IGS'i ni de celle de 1097.

2. Non .seulement à cause des satisfactions où elles tendent, mais parce que lenr mouvement mf'nie et leur agitation nous remplissent d'une certaine joie, confuse et mélangée, mais assez vive pour que notre A.mc s'y complaise. On retrouve cette idée dans Pascal; on la retrouve surtout dans le ."Je livre de la Recherche de la vé rite, et dans mainte autre page de Malebranchc.

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