Sans le molfro en mouvement pour le faire a<,'ir
2. Et, (( c'esl. celte impression conlinuolle tic Dieu qni fait la vulontc des hommes. Il (Mé'litations chrétiennes, xv.)
1. Assez s(!mblablcs. Le sont-ils tout à fait? N'y a-l-il aucun moyen de les discerner pour une conscience sincère? Remarquez une fois de plus à quel point, lor.squ'il s'agit de la nature humaine, abandonnée à ellc-mcme et à ses propres forces, diminuées par la chute, Malebranchc. tout comme Pa-scal et La Rochefoucauld, est d'accord avec Montaigne.
PHEMIEKE l'AUTlE.- DE LA VEHTU. o7
tant de personnes qui de bonne foi défendent des erreurs abominables. Une fausse idée de Relij,Mon et de Morale (|ui s'accommode avec leurs intérêts et leurs passions leur parait la vérité même ; et convaincus par le sentuneni inU'iieur (jui justilie leurs excès, ils poussent leur zèle indiscret ' et téméraire avec tout le mouvement de l'amour- propre.
XXi. Rien nest donc plus sûr que la lumière : on ne peut trop s'arrêter aux idées claires ; et quoiqu'on puisse se laisser animer par le sentiment, il ne faut jamais s'y laisser conduire. Il faut contempler l'Ordre en lui-même, et soulfrir seulement que le sentiment soutienne notre aiteniiou par le mouvement qu'il excite en nous. Autrement nos méditations ne seront point récompensées de la vue claire de la vérité : le dégoiit nous prendra à tous moments ; et toujours inconstants, incertains, embarrassés, nous nous laisserons conduu'e aveuglément à notre caprice.
XXII. Il est vrai que lorsque le cœur est c jrrompu, on n'est guère en état de contempler l'Ordre en lui-même : on ne considère avec plaisir que les rapports imaginaires que les choses ont avec soi, et on méprise les rapports réels qu'elles ont entre elles. On peut alors aimer les Maihémati(|ues : mais c'est qu'on s'en fait honneur, ou qu'on en tire du prolit. C'est que les Mathématicjues n'examinent que les rapports de grandeur, et (jue l'Ordre ne consiste que dans des rapports de perfection. L'évidence de la vérité est toujours agréable, lorsqu'elle ne blesse point notre amour-propre : maison n'aime point naturellement une lumière qui éclaire nos désordres cachés, une lumière qui nous condamne, qui nous punit, (|ui nous couvre de confusion et de honte '. Car l'Ordre, la loi Divine est une loi terrible, menaçante, inexorable. Xul homme ne peut la contempler sans crainte et sans horreur, dans le temps qu'il ne veut point lui obéir. Tout cela est vrai. Mais quoique le cœur soit corrompu, l'amour-propre éclairé peut quelquefois arrêter ou diminuer le mouvement des passions. On n'aime point le désordre pour le
1. Mot pris dans la plénitude de son acception, un peu usée et effacée aujourd'hui.
2. On connaît le célèbre passage de la Recherche de la vérité, (IV, ii, 3). « Si, outre une vue confuse et imparfaite de cette proposition fondamentale de géométrie, ils avaient encore quelque intéri'l que les côtés des triangles semblables ne fu.ssent pa.~ piuportiunnels, ils pourruiimt bien faire des paralogismes aussi absurdes en géométrie qu'en matière de morale... »
désordre ' ; el l'on peut désirer sa conversion, lors(ju'on espère par là augmenter ses plaisirs, assurer son bonheur ". Enfin, je suppose toujours les secours nécessaires : car j'avoue que sans le secours de la Grâce, on ne peut travailler comme il faut à sa conversion, ni même avoir aucune bonne pensée, qui puisse contribuer à la euérison de nos maux.
1. Leibniz dir.a plus : u N 'est-il pas possible et mime naturel qu'uu homme trouve du plaisir dans le bon ordre parmi les hommes, comme on en trouve dans les ordres des colonnes d'architecture"? » {Lettres et opuscules inédits, publ. par Foucher de Careil. page 133.)
2. Var. Les mots : assurer son bonheur, n'étaient pas dans l'édition de 1684.