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Var. C'est par la liberté de fesprit

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mais elle ordonne indispensablement qn'on suspende son consentement, et qu'on ne juge de rion, puisque lien n'est évident. Faire usaye de sa liberté, autant qu'on le peut, c'est le précopte essentiel et indispensable de la Logi(jue et de la Morale. Car il ne faut jamais croire avant que l'évidence y oblige : il ne faut jamais aimer ce qu'on peut sans remords s'empêcher d'aimer. Je parle de l'bomme raisonnable, ou de l'iiomme ' qui se conduit uniquement par raison. Car le fidèle en tant que tidèle, a d'autres principes que la lumière et l'évidence. Le politique même, le citoyen, le religieux, le soldat a ses principes; et il est raisonnable qu'd les suive, quoiqu'il ne voie pas encore clairement et évidemment qu'ils soient conformes à la Raison. Mais quand la Foi ne décide rien, il ne faut croire que ce qu'on voit, (juand la coutume ne prescrit rien, il ne faut suivre que la Foi et la Raison : et quoi que l'autorité humaine décide, et que la coutume autorise, si l'on reconnaît clairement et évidemment qu'on se trompe, il vaut mieux renoncer à tout qu'à la Raison **. Je dis à la Raison, et non aux sentiments, à l'imaginalion, aux inspirations secrètes des passions : (ju'on y prenne garde. Je parle aussi de l'autorité sujette à l'erreur, et non pas de l'autorité infaillible de l'Eglise, qui ne put jamais se trouver contraire à la Raison. Car Jésus-Christ ne peut jamais être contraire à lui-même, la Vérité incarnée à la Vérité intelligible, le chef qui conduit l'Eglise à la Raison universelle qui éclaire tous les esprits.

III. La force de l'esprit est à la recherche de la vérité ce que la libtrtc de l'esprit est à la possession de la même vérité, ou du moins à l'infaillibilité ou à l'exemption de l'erreur. Car, par l'usage qu'on fait de la force de son esprit, on découvre la vérité, et par l'usage qu'on fait de la liberté de son esprit, ou s'exempte de l'erreur. Comme l'esprit manquait de force et d'étendue, la liberté lui était nécessaire, afin qu'il put éviter l'erreur en suspendant son consentement, et que l'auteur de son être ne le fût point de ses désordres. Car la liberté supplée il la faiblesse et à la limitation de l'esprit humain : et celui qui est assez libre pour suspendre toujoursson consentement, quoiqu'il ne puisse pas se délivrer de l'ignorance, mal nécessaire à

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