Var. Pour tout bien
T). Var. La tin de plireise : Ou de tout ce qui ne peut pas. ., n'était pas dans l'edi" tien de 1684.
sage. Mais comme ces vertus perfectionnent l'àme et la remettent ea partie dans son état naturel, car avant le péché l'esprit était fort et libre en toutes manières, on ne les regarde pas ordinairement comme des vertus : car on s'imagine que la vertu doit clianger la nature ou la détruire, au lieu de la réparer. Il y a même des personnes qui pensent que la force et la liberté d'esprit sont des facultés de l'àme, qui consistent dans une espèce d'indivisible * : et jugeant des autres par eux-mêmes, ils s'imaginent qu'on ne peut se rendre attentif aux sujets qui les rebutent, et que c'est opiniâtreté que de ne pas consentir aux vraisemblances qui les trompent.
VI. Mais la force et la /ièer^é d'esprit sont inégales dans toUs les hommes. Il n'y a pas même deux personnes également propres à rentrer en eux-mêmes, ni également en état de suspendre leur consentement. Quedis-je? La même personne ne conserve pas longtemps la force et la liberté de son esprit dans le même état. Si elles n'augmentent par l'usage qu'on en fait, il est nécessaire qu'elles diminuent : parce qu'il n'y a point de vertus plus combattues, et plus contraires aux mouvements continuels de la concupiscence. La plupart des vertus s'accommodent assez avec l'amour-propre : car on peut souvent avec plaisir et par amour- propre rendre certains devoirs. Mais on ne peut guère méditer sans peine, et beaucoup moins suspendre son consentement ou le jugement qui détermine les mouvements de l'esprit et du corps. Lorsque le bien se découvre à l'àme et l'attire par sa douceur, elle n'est point en repos si elle demeure immobile : car alors le cours des esprits est trop violent, elle s'y laisse aller '. Il n'y a point de plus grand travail, que d'être ferme dans les courants ; dès qu'on cesse d'agir, on est emporté.
VIL Aussi voyons-nous qu'il n'y a presque personne qui médite, et que ceux qui entreprennent de rechercher la vérité, manquent souvent de force et de courage pour arriver jusqu'au lieu où la vérité habite. Fatigués et rebutés, ils tâchent de se
1. Les points sur lesquels Malebranche u'est pas d'accord avec Descaries n'clant pas très nombreux, il est important de les relever. Voici ce qu'on lit dans la 4« méditation de Descartes (13). >■ Je n'ai pas aussi sujet de me plaindre de ce qu'il m'a donné une volonté plus ample que rentendement, puisque la volonté ne consistant que dans une seule chose et comme dans un indivisible, il semble que sa nature est telle qu'on ne lui saurail rien 6ter sans la détruire, et certes, plus elle a d'étendue, cl plus ai-jo à remercier la bonté de celui qui me l'a donnée. »
2. Ce membre de phrase : alors le cours des esprits..., n'était ni dans l'édiliou de 1684, ni de celle de 1697.