‹ Traité de moraleChapitre 82 sur 233 · Var. Assez de santé et de force · texte numérisé non relu

Var. Assez de santé et de force

la fasse mépriser, ou le dérèglement qui en donne de l'horreur. Je prétends qu'on doit et qu'on peut se mettre l'esprit en tel état, par la force de son espérance et de sa foi, qu'il puisse, par le secours de la grâce, faire avec plaisir, ou du moins avec joie, ce sacritice qui lui paraissait si terrible. Au reste c'est nécessité, il faut ou périr sans ressource avec nos richesses prétendues, ou s'en décharger pour arriver heureusement au port, oii nous retrouverons des biens solides, des biens qui ne seront plus sujets aux tempêtes et aux orages.

VIII. Pour cela il faut étudier l'homme, se connaître soi-même, sa grandeur, ses faiblesses, ses perfections, ses inclinations ' ; examiner avec soin la différence des deux parties dont l'homme est composé, et les lois admirables de leur union ; de là s'élever à l'Auteur de ces lois, et à la cause véritable de tout ce qui se passe en nous et dans les objets qui nous environnent; contempler Dieu dans les attributs que renferme l'idée vaste et immense de l'Etre infiniment parfait, et n'en juger jamais par rapport à soi, mais soutenir, s'il est nécessaire, la vue de son esprit sur un sujet si abstrait et si profond, par les effets visibles de la cause universelle ; surtout examiner les rapports de la conduite de Dieu aux attributs divins, et reconnaître comment cette conduite doit nécessairement être la règle de la nôtre; pénétrer enfin dans ses desseins éternels, et reconnaître du moins, qu'il est lui-même la fin de son ouvrage, et que l'Ordre immuable est sa loi et la notre -; revenir à soi-même, se comparer à l'Ordre, et se reconnaître tout corrompu: sentir ses inclinations basses et indignes, et demeurer confus; se condamner comme criminel, comme ennemi de son Dieu, comme n'entrant point dans ses desseins, et n'obéissant point à sa loi, mais sans cesse à la loi honteuse de la chair et du sang : humble et tremblant devant un Dieu jaloux de sa gloire, et vengeur des crimes, craindre la mort et l'enfer, sa juste et terrible vengeance; chercher avec empressement un médiateur, et trouver enfin Jésus- Christ, Fils unique de Dieu, victime sur la croix pour les péchés du monde, et maintenant assis à la droite du Dieu vivant, établi Seigneur de toutes choses, et consacré souverain Prêtre des vrais biens : jadis mis à mort hors de Jérusalem comme un

1. Var. L'édition du 1684 disait de plus : Et se bien convaincre de riinmortal.lc de son ('trc.

i. Var. Kl l'ordre immuable sa loi. (1684.)

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