‹ Traité de moraleChapitre 84 sur 233 · Var. A ces vérités · texte numérisé non relu

Var. A ces vérités

4. Var. n ne sera pas si difficile de reconnaître et de mépriser. (1684.)

quement de la manière dont la fermentation des humeurs et du sang les fait regarder, le désir qu'on a d'être solidement heureux porte ailleurs nos pensées, et répand quelquefois le dégoût et l'horreur sur ces vains objets. Vains sans doute et méprisables, puisque leur éclat cesse dès que la fermentation diminue ou que la circulation du sang fournit le cerveau d'esprits tout nouveaux. Vains par mille autres raisons, qu'il est inutile d'exposer. Ils passent, et cela suffit : mais ils passent de manière qu'ils entraînent et qu'ils perdent pour l'éternité ceux qui s'y attachent.

XI. Qu'un chacun examine donc sa passion dominante sur les principes que la vraie Philosophie fournit, et sur les vérités de la foi, dont il a dû se convaincre par le bon usage de la grâce et de sa liberté ; car rien n'est plus raisonnable que la Religion, quoiqu'il faille du secours pour la bien comprendre et pour s'y soumettre : Qu'un chacun, dis-je, examine à la lumière de la Raison et de la foi, la passion qui le captive, et il se trouvera du moins dans quelque désir d'être délivré de sa tyrannie. Peu à peu les charmes qui l'enchantaient se dissiperont. Il aura honte de lui-même de s'être laissé sottement séduire : et si la fermentation du sang et des humeurs cesse pour quelque temps, et que les esprits animanx changent de route, il se trouvera en tel état, que chagrin contre l'objet de ses inclinations, il ne pourra pas même en supporter la présence.

XII. Néanmoins qu'on ne cesse pas de veiller sur soi-même, de se délier de ses forces, et de méditer les sujets qui rendent les passions ridicules et méprisables : car il ne faut pas s'imaginer detre en liberté, parce qu'on n'est point actuellement maltraité. L'imagination demeurera longtemps salie par l'irapressiun de la passion qui a régné : car les plaies que le cerveau a reçues par l'action des objets et le mouvement des esprits, ne se guérissent pas facilement. Comme les esprits animaux passent naturellement dans les endroits du cerveau les plus ouverts ou les plus exposés à leur cours, il est impossible que les blessures de l'imagination se guérissent, si l'on ne détourne sans cesse le cours des esprits (jui les renouvelle. Car il n'est pas possible de refermer une plaie, lorsqu'on y enfonce à tous momoiits le poignard (|ui l'a faite ou quelque chose qui la renouvelle et qui l'aigrisse.

XIII. Mais les esprits ne vont pas seulement d'eux-mêmes et comme par hasard dans les plaies que le cerveau a regues par

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