CARD1TR
éviter le besoin d’y recourir, c’est de bien Appliquer à temps la méthode de traitement que nous avons exposée plus haul.
ARTICLE III
DE LA CARD1TE OU DE L’iNFLAMMATION DU TISSU MUSCULAIRE DU COEUR ET DU TISSU CELLULAIRE SOUS-JACENT.
§ Ier. Caractères anatomiques aux différentes périodes.
A. La rougeur, l’injection et une certaine turgescence de la substance musculaire du cœur et du tissu cellulaire inter-musculaire sont les seuls caractères anatomiques de la cardite aiguë à sa première période.
B. A la seconde période surviennent le ramollissement du cœur, dont on distingue trois principales espèces sous les noms de ramollissement rouge , de ramollissement blanc t de ramollissement jaune , et la suppuration , soit sous forme d’ infiltration , soit sous forme d abcès.
i° Quelle que soit son espèce, le ramollissement du cœur se reconnaît aux caractères suivants : le tissu de cet organe a perdu la fermeté qui lui est naturelle, au point qu’il suffit de le presser légèrement entre les doigts pour le rompre : il est devenu friable et pour ainsi dire fragile. Dans le ramollissement rouge , la substance musculaire du cœur n’èst pas toujours d’un rouge franc, mais souvent, au contraire, d’un rouge violacé, brunâtre; il est parfois aœ compagné de l’infiltration d’une certaine quantité de sang altéré , analogue à la lie de vin , dans les interstices musculaires et au-dessous des enveloppes du cœur. Aune période plus avancée de la maladie , le ramollissement rouge se transforme en ramollissement blanc ou grisâtre , et c’est alors que l’on observe la suppuration parfaite, tandis que dans le ramollissement rouge , le travail suppuraloire ne fait que poindre, en quelque façon , et, au lieu de pus bien formé, c’est, une sanie analogue â de la lie de vin que l’on
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rencontre. De même que le ramollissement blanc succède au ramollissement rouge , le ramollissement jaune est une sorte de transformation du ramollissement blanc. Cette troisième espèce me parait appartenir à la péricardite décidément chronique. Elle se distingue des précédentes par la teinte jaunâtre qui lui a fait donner son nom , et que Laënnec a justement comparée à la couleur des feuilles mortes les plus pâles ( i).
Je ne connais pas d'exemple authentique de gangrène du tissu musculaire du cœur.
2° La suppuration du cœur coïncide avec l’une ou l’autre des espèces de ramollissement du cœur. Comme nous l’avons dit, elle n’est encore qu 'imparfaite dans le ramollissement rouge, mais elle est bien formée dans le ramollissement blanc. La quantité et la qualité du pus sont variables selon plusieurs circonstances. Ou le pus est simplement infiltré , ou bien il est ramassé en foyer, et de là des abcès solitaires ou multiples (ceux-ci sont enkystés ou non enkystés). Ces abcès peuvent se faire jour à l’intérieur ou à l’extérieur du cœur. S’ils s’ouvraient à la fois dans ces deux points, il en résulterait une perforation du cœur promptement suivie d’un épanchement mortel de sang dans la cavité du péricarde. Ceci nous conduit à parler des solutions de continuité des parois du cœur consécutives aux inflammations des divers tissus dont elles sont composées.
C. Les ulcérations des parois du cœur, suites d’inflammation, commencent presque toujours par la membrane interne et procèdent ainsi de dedans en dehors. Elles varient en nombre, en étendue, en siège, en profondeur ( elles affectent pour le ventricule gauche une remarqua-
(i) Je dois prier les lecteurs de bien se rappeler que je n’ai a m’occuper ici que des ramollissements d’origine inflammatoire , et qu il neutre nullement dans ina pensée de révoquer en doute l’existence de certains ramollissements d’une autre origine, mais dont il n’est pas besoin de parler en ce moment.