‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 109 sur 125 · CAR DI TR · texte numérisé non relu

CAR DI TR

blc et fâcheuse préférence). Elles portent le nom de perforations, quand elles ont détruit de part en part la région des parois qu’elles occupent , et dans ce cas, connue nous l’avons dit lout-h-1 heure, il survient une hémorrhagie mortelle dans le péricarde. L’état pathologique dont il s’agit est au fond le même que celui désigné si improprement sous le nom d'anévrisme faux primitif des artères. Dans ce cas, il est vrai, la cause de la solution de continuité est vitale, tandis qu’elle est mécanique dans l’autre.

Dans quelques cas, il survient par l’effet des ulcérations qui nous occupent une tumeur tout-à-fait analogue à celles que l’on connaît en chirurgie sous la dénomination de tumeurs anévrismales , en un mot, un véritable anévrisme faux consécutif d\i cœur. Formé parles couches extérieures des parois du cœur, quelquefois par le péricarde seul , qui joue alors le rôle de la membrane externe des artères, le kvste anévrismal, comme celui des vaisseaux indiqués, contient une masse plus ou moins considérable de coagulum lamellcux (presque toujours le kyste anévrismal a contracté des adhérences avec le feuillet pariétal du péricarde , circonstance qui lui donne plus de résistance et de solidité). Les tumeurs anévrismales du cœur varient en volume depuis celui d'une noisette jusqu’à celui d’un œuf ordinaire, ou même des deux ventricules réunis du cœur, comme dans un cas recueilli par M. le professeur Breschet ( i ). Sur treize cas de ce genre d’affection analysés par M. Reynaud , six avaient leur siège à la pointe du cœur, et sept sur d’autres points de la périphérie de cet organe. C’est une chose rare que la rupture des kystes anévrismaux du cœur. Quand il survient une rupture des parois du cœur , elle s’opère ordinairement avant la formation d’une poche anévrismale, et lorsqu'une ulcération a détruit les couches les plus profondes de ces parois.

(1) Mém. (le l' Académie royale de médecine. Pnris, 1 833, t. III, p. loi

et su iv.

Des ulcérations, des ruptures peuvent avoir pour siégé spécial certaines colonnes charnues que l’on voit à l’intérieur des cavités du cœur, ei spécialement celles qui sont destinées au jeu de la valvule mitrale.

D. Tous les auteurs, guidés par l’analogie plutôt qu’éclairés par l’observation directe, ont placé l’ induration du cœur au rang des terminaisons de la cardite. Voici ce que nous croyons pouvoir en dire, d’après nos recherches personnelles. L 'induration que l’on observe dans le tissu même du cœur est presque toujours , pour ne pas dire toujours, consécutive à celle du péricarde ou de l’endocarde , dont elle n’est alors qu’une sorte d’extension ou de propagation. Nous avons parlé ailleurs de ces cœurs qui résonnent comme un cornet, pétrifiés, ossifiés selon quelques auteurs. Nous n’y reviendrons point ici, nous bornant à dire que, dans ces cas , c’est le tissu séro-fibreux du cœur qui s’est transformé, cartilaginisé , ossifié, etc., et que la substance musculaire du cœur est pour bien peu de chose dans la lésion, si tant est même qu’elle y participe réellement. On conçoit aisément qu’une telle transformation du tissu muscülaire du cœur, pour peu qu’elle fût étendue, serait incompatible avec les fonctions ou lë jeu de cet organe.

§ II. Symptômes et diagnostic.

A. Ori ne trouve point dans les auteurs, dans Corvisart et Laënnec, entre autres , de signes spéciaux attribués à la cardite. Comment ces auteurs auraient-ils, d’ailleurs, posé les bases du diagnostic de cette maladie, eux qui avouaient ne pas savoir reconnaître une péricardite, et qui ne possédaient aucunes recherches dignes d’être notées sur l’endocardite? Pour moi, je n’ai jamais rencontré de cardite qui ne fût compliquée de l une de ces deux phlegmasies ou de toutes les deux à la fois, et je ne connais aucun symptôme physique ou physiologique qui lui appartienne

CAKbITE.

en propre, et qui en constitue le signe caractéristique, ou pathognomonique. Il me paraît seulement indubitable que la complication d’une cdrditë très intense avec une péricardite ou une endocardite doit être une circonstance dëà plus aggravantes, et je crois qu’on est fondé h soupçonne^ du moins l’existence de cette complication chez les indi-» vidus qui présentent au plus haut degré les graves accidents dont nous avons parlé en traitant des deux maladies ci-dessus désignées.

B. Le diagnostic de la plupart des lésions terminales que nous avons décrites plus haüt , telles que les abcès, lesulcérations avec ou sans kyste anévrismal. etc., est tout-à-fait impossible. Une mort rapide comme la foudre est le résultat d’une perforation un peu etendue du cœur avec épanchement de sang dans la péricarde. Si la perforation a lieu sur les cloisons inter-ventriculaires ou inter-auriculaires, non seulement la mort n’en est pas la suite, mais il peut encore n en résulter aucun accident sérieux. Cette communication anormale est une des lésions dans lesquelles on entend un bruit de souffle à la région du cœur avec ou sans frémissement vibratoire, etc. ,

Le diagnostic des tumeurs anévrismales du cœur ellesmêmes , en apparence plus facile que celui des simples ulcérations, etc., ne saurait cependant encore être établi sur des signes précis. Dans aucun des quinze à dix-huit cas de cette maladie aujourd’hui connus, elle n’a été, je ne dirai pas diagnostiquée, mais même seulement soupçonnée. Toutefois , je suis loin de penser que la science ait dit sur cet article son dernier mot. Jusqu’ici, l’emploi éclairé des méthodes exactes, telles que l’inspection, le toucher, la percussion, l’auscultation, la mensuration, a été négligé, et s’il ne l’eût pas été, le diagnostic n’aurait pas été aussi complètement en défaut dans les quinze à dix-huit cas indiqués tout-à-l’heure.

§ III. Causes et traitement de la cardite.

Sous le rapport des causes et du traitement comme sous la plupart des autres rapports, la cardite aiguë se confond avec l’endocardite et la péricardite également aiguës. Quant aux lésions organiques qui peuvent être la suite de la cardite prolongée et devenue chronique , elles ne comportent aucune médication interne sérieuse , et malheureusement les moyens externes ou chirurgicaux ne sont pas de mise ici.

ARTICLE IV

DE L’iNFLAMMATION DU TISSU ADIPEUX OU CELLULO-GRAISSEUX DU COF.UR

( ADIPOCARUITE).

Malgré le peu de développement de son appareil vasculaire, le tissu adipeux ou cellulo-graisseux dont le cœur est environné n’est sans doute pas entièrement à l’abri des atteintes d’une inflammation , soit aiguë, soit chronique, et, comme on dit, latente. Mais , jusqu’ici , je ne possède aucune observation précise sur ce sujet. C’est une lacune que nos successeurs auront à combler.

Je ne serais point étonné qu’on parvînt un jour à démontrer qu’une inflammation sourde, chronique, n’a pas été étrangère au développement de certaines masses encéphaloïdes observées à l’extérieur du cœur, et envahissant plus ou moins le corps même de cet organe.

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