III. Des inflammations «les veines
Réflexions préliminaires.
Les premières notions un peu précises que nous possédions sur l’inflammation des veines ne datent guère que d’un demi-siècle, et c’est à Hun ter qu’il faut plus spécialement en faire honneur. Mais depuis environ vingt ans, l’histoire de la phlébite s’est enrichie de travaux d’une
(i) Anatomie pathologique du corps humain , xic livraison, pl. 2, in-fol., lift. col.
PHLÉBITR.
ÛÜS
haute importance, dont le mémoire de M. le docteur Raeiborski contient une fidèle exposition (t).
La phlébite peut occuper les différentes veines extérieures ou intérieures, les troncs, les rameaux de ces vaisseaux ou leurs vaisseaux capillaires (dans ces derniers cas, on lui donne le nom de phlébite ramusculaire ou celui de phlébite capillaire). Elle peut affecter les trois membrahes ensemble ou séparément. Mais c’est surtout la phlébite de la membrane interne qu’il est important de bien connaître et que nous décrirons plus particulièrement.
Nous allons nous occuper d’abord de la phlébite considérée d’une manière générale : nous traiterons ensuite de l’inflammation de chacune des principales veines.
ARTICLE PREMIER
DE LA PHLÉBITE OÜ DE L’iRFLAMMATiON DES VEINES EN GÉNÉRAL.
§ Ier. Caractères anatomiques.
i° Caractères anatomiques tirés de l'état des veines. Ce sont la rougeur de la membrane interne, l’injection du tissu cellulaire extérieur, l'épaississement des parois veineuses, et un certain degré de friabilité ou de ramollissement de ces mêmes parois. Quand la phlébite s’est prolongée pendant un temps considérable, et quelle est passée à Y état chronique , l’épaississement des parois veineuses constitue une véritable hypertrophie , et l’on voit survenir ces dégénérescences , ces transformations de tissu que nous avons signalées ailleurs. Les ulcérations et les perforations sont rares.
Dans son article Phlébite du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques , M. Cruveilhier émet l’opinion que la rougeur sous forme de teinture de la membrane interne des veines n’a lieu que dans la première période (période adhésive de cet auteur). Ûomme j’ai discuté précédemment
(i) Mémoires de l’Àiàd. royale de médecine. Paris, 1 84 1 , ji. 447 éléuiv.
kL\h PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, la question dont il s’agit ici , je me contenterai de rappeler que la membrane interne des veines et des artères rougit à sa manière par l’effet de l’inflammation dont elle est le siège, et qu’il ne faut pas confondre cette rougeur avec celle qui résulte d’une imbibition sanguine survenue après la mort. En supposant même que la rougeur inflammatoire s’opérât par imbibition pendant la vie, toujours est-il quelle constituerait un caractère anatomique de la phlébite, caractère auquel il ne faut pas d’ailleurs attacher une trop grande valeur, puisqu’il peut manquer, et que d’ailleurs s’il existait seul, il ne suffirait pas pour caractériser la maladie. En ceci, comme en toutes choses, il faut savoir se renfermer dans ces justes termes en-deçà et au-delà desquels on ne rencontre plus que l’erreur.
2° Caractères anatomigues tirés de l’état du sang et du secretum inflammatoire. — La présence d’une masse de coagulum plus ou moins considérable dans la cavité veineuse est un des caractères anatomiques les plus constants de la phlébite franche, de celle qui ne dépasse pas ce degré qui permet le travail adhésif. La veine se présente sous forme d’un cordon plein, plus ou moins dur. Le coagulum adhère plus ou moins à la membrane interne des veines, selon qu’il contient plus ou moins de fibrine organisable, provenant du sang lui-même ou du secretum fourni par la membrane enflammée. On trouve aussi quelquefois du véritable pas en même temps que des concrétions sanguines, et dans certains cas même, on ne rencontre que du pus liquide à l’intérieur delà veine, et des pseudo-membranes étendues sur les parois internes du vaisseau. Ce pus est plus ou moins liquide, de couleur et d’odeur variables , et n’a pas encore été convenablement étudié sous le rapport chimique. On trouve aussi quelquefois des foyers purulents autour des veines.
Le coagulum produit par l’inflammation, comme le secretum fibrineux de la membrane interne, peuvent sorga-