ÉNUMÉRATION SOMMAIRE ET RAISONNÉE
1. Tous les agents, soit physiques , soit moraux, dont le concours est indispensable à la vie, peuvent, quand leur influence ne s’exerce pas dans la mesure normale , devenir autant de causes de maladies. Ces agents ne sont donc pas nuisibles en vertu même de leur nature , mais seulement en vertu delWsou du défaut de leur action accoutumée. Dautres agents, au contraire, constituent par eux-mêmes, et en raison de leur nature , de véritables causes de maladies, et tels sont, par exemple, les miasmes putrides, soit animaux, soit végétaux, les virus, les
poisons proprement dits, etc., etc.
IL il n existe point, à proprement parler, de maladies spontanées , et ce n’est pas sans quelque surprise que l’on voit tous les jours désigner sous ce nom des maladies dont les causes tombent pour ainsi dire sous nos sens, comme, par exemple, les pleurésies, les pneumonies, les rhumatismes, etc., nés sous l’influence de vicissitudes atmosphéliques parfaitement connues.
Les maladies dont nous 11e pouvons pas toujours saisir les causes ne sont point elles-mêmes spontanées , car il ne sauiait exister un effet sans cause. Or, comme l’expression de spontanées , appliquée aux maladies, est, philosophique-
( ) um (Il plus amples details, voyez le premier et le second livres île cette Nosographie.
, ^ aàant des di\ei ses maladies en particulier, nous aurons soin . . llGI <L'U c‘‘ t,l‘lles prédispositions favorisent singulièrement
lacuon des causes occasionnelles ou déterminantes.
DES CAUSES MORBIFIQUES ET DE LEUR MÉCANISME. XLVII nient parlant, un véritable non-sens , il serait ù souhaiter qu’elle disparût du langage étiologique.
III. Quoi qu’il en soit , la détermination des causes des maladies estune des opérations les plus délicates de l’esprit humain (i). Gomme toutes les autres opérations intellectuelles , celle-ci ne s’exerce pas avec la même facilité chez tous les hommes, et, d’ailleurs, comme toutes les autres opérations intellectuelles encore, elle ne s’exerce dans toute sa plénitude qu’après avoir subi une véritable éducation.
IV. Parmi les causes physiques et matérielles, les unes, celles des maladies les plus nombreuses , les plus communes, sont accessibles à nos moyens actuels d’observation exacte, tels que le thermomètre, le baromètre, ( hygromètre, l’électromètre , l’eudiomètre , et les divers procédés d’analyse chimique, tandis que les autres se dérobent à ces moyens. En tête des causes de cette dernière catégorie, on doit placer les causes de la variole, de la rougeole et de la scarlatine , de la rage, de la syphilis, du choléra, des typhus, etc. (2).
Au reste, de ce que nous ne pouvons ni voir, ni toucher, ni peser le principe direct et immédiat de certaines maladies, 011 aurait tort d’en conclure que l’expérience et l’observation ne nous apprennent jamais rien sur les conditions au milieu desquelles on voit survenir quelques unes de ces maladies. Ainsi, par exemple, nous ne connaissons point encore le principe essentiel et en quelque sort e prochain des typhus; cependant, l’expérience et l’ob-
(1) La faculté spéciale au moyen de laquelle l'homme conçoit le rapport général de cause h effet et procède à la recherche, à la découverte des causes particulières, est connue sous le nom d 'esprit de causalité.
fs) Nous verrons plus loin que les virus, comme les miasmes septiques, paraissent agir à l’instar des ferments: aussi , d’après la remarque de M. Mialhe, les agents qui annulent l’action spécifique des virus sont-ils précisément ceux qui anéantissent le plus aisément l'action spécifique des ferments.
PROLÉGOMÈNES
servation nous ont clairement appris (pie l’encombrement d’une grande masse d’hommes dans un espace étroit, que des foyers de matières animales en putréfaction, etc., sont les véritables conditions sous l’influence desquelles sévissent les épidémies de typhus. Aucun de nos instruments ne nous a fait constater le principe réel et spécifique auquel la variole doit son origine - mais l’expérience nous a parfaitement démontré que cette maladie se communiquait des individus infectés aux individus sains (non variolés ou non vaccinés ).
V. Ainsi que nous le disions tout-à-l’heure , les causes les plus communes sont, du moins pour la plupart, physiquement et chimiquement connues, et se trouvent dans l’air que nous respirons et qui nous environne de toutes parts, dans nos aliments et nos boissons, dans l’action des puissances mécaniques sur notre corps, etc., etc. Tous les grands observateurs, tant anciens que modernes, ont signalé les causes de l’ordre qui nous occupe, et spécialement les intempéries, les vicissitudes atmosphériques, les vices , les écarts de régime, pour ce qui renferme les maladies dites internes. Hippocrate et Sydenham brillent au premier rang des médecins qui ont le plus insisté sur cette matière.
Tout le monde connaît cet aphorisme d’Hippocrate : Mutationes anni temporum maxime pariunt morbos, et in ipsis temporibus , mutationes magnæ, ttjm frigoris, tum
CALORtS.
Voici ce que nous lisons dans Sydenham : Utenim jam mittamus contagium , guod guident non nunguam febrium siationarium aliguibus ansam exporrigit , et crapulam tacea mus, guâ matre proseminantur tum istœ febres, tum intercurrentes ; causa evidens externa febrium guam plurimarum inde petenda est , guod guis scilicel vel prœmaluriùs vestes abjecent ; vel a b exercitio incalescens se frigori objecerit... Et sanè existimo plures modojàm designato, guctm peste , gladio.