‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 55 sur 125 · THEORIES SUR L INFLAMMATION · texte numérisé non relu

THEORIES SUR L INFLAMMATION

au sein des parties enflammées, peut être invoquée pour prouver la nécessité de proscrire le mot inflammation. Apparemment que M. Magendie ne s imagine pas que l’obstruction dont il s’agit constitue réellement toute l’inflammation. Ce nest là qu’un de ses elfets possibles, une de ses suites, et non son principe essentiel; et on ne saurait nier que les mêmes conditions physico-chimiques propres à produire ce qu’on appelle inflammation dans les corps inorganiques ne pourraient pas, lorsqu’elles se rencontrent dans les parties organisées et vivantes, y déterminer la coagulation du sang et l’obstruction indiquée.

X. ÏNous allons terminer l’exposition qui est l’objet de celte première section , par les recherches récentes de M. Duhois (d’Amiens), publiées en 1840 dans le journal l Expérience ( 1 ) .

Comme le mécanisme des actes morbides connus sous les noms d irritation et à inflammation ne peut être bien compris sans la connaissance préliminaire de l’organisation et de l’action normales des capillaires, nous avons consigné , dans une note placée à la fin de ce volume, un résumé du travail de M. Dubois ( d’Amiens ) sur cette délicate matière; renvoyant pour de plus amples détails à ce travail lui-même, ainsi qu’aux recherches de M. Poiseuille et des divers auteurs qui, dans ce siècle et le siècle dernier, ont soumis à 1 examen microscopique les phénomènes si curieux et si importants de la circulation dite capillaire (2).

De ses expériences avec les agents dits irritants, vulnérants ou traumatiques, M. Dubois (d’Amiens) conclut, avec

(t) Recherches expérimentales, i* sur l'organisation du système capil- Inire; 2° sur la propulsion du sang dans ce système ; 3° sur le mode d’action des agents dits irritants sur ce même système (ou examen expérimenta] de la théorie de l’irritation); su, le degré de certitude de la théorie de 1 irritation. Ces divers mémoires sont réunis à la fin de l’ouvrage : Fréterons Je pathologie expérimentale. Paris, 1 84 i , in-8, fig.

(2) Voyez la note 1 a la fin de ce volume.

M. Magendie et d’autres, que si les globules se piécipitent vers le point où ils sont appliques, c est qu en raison des blessures faites aux capillaiies la piession est moindre là que partout ailleurs, et qu il n y a dans les phénomènes observes rien qui ressemble à ce qu on appelle irritation. Le ralentissement qui succède à la précipitation, les oscillations, les mouvements de va-et-vient constatés par l’observation microscopique, dépendent de l'oblitération des ouvertures faites aux capillaires au moyen d’un coagulum sanguin.

Passant à l’ irritation par les agents dits physiques et chimiques, M. Dubois (d’Amiens) conclut de ses expériences, sans en donner la démonstration : i° que l’accélération des courants capillaires, provoquée quelquefois par les agents indiqués , tient à un surcroît d’action de la part du centre circulatoire; 2° que le ralentissement et même l’arrêt presque subit de ces courants, détermines aussi quelquefois immédiatement par les agents indiqués, ou bien survenant après l’accélération, proviennent de \ affaiblissement de la force d’impulsion du cœur et de 1 augmentation des résistances qui existent dans le point soumis a 1 action des agents dits irritants, lesquels modifient la constitution du sang. Dans tout cela, M. Dubois (d’Amiens) ne voit rien qui soit le fait de Y irritation.

Au reste, voici le résumé que 1 auteur donne lui-même

de ses expériences :

« Nous croyons, dit-il, pouvoir poser en loi cpie quand une congestion a lieu dans le système capillaire, ou même quand une inflammation tend à s établir graduellement , mais complètement, dans une partie quelconque, les choses se passent de la manière suivante :

41 y a d’abord, non pas toujours, mais quelquefois, mais accidentellement et en vertu de conditions indiquées déjà par nous (1); il y a, disons-nous, une accélération notable

(i) J’avoue <|ue j’ai vainement cherché dans le travail intéressant de

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