SYMPTÔMES DE ^INFLAMMATION
flement des amygdales, d abondantes exsudations diphthéri tiques, etc.; celles des veines, des artères, par des concrétions sanguines ou pseudo-membraneuses; celles de tous les organes creux, en un mot, par le simple boursouflement de leur membrane interne porté à un assez haut degré, sans préjudice des producta accidentels dont la présence peut se combiner avec le boursouflement, etc., etc. On ne saurait trop le répéter: 1 influence qu exercent les lésions anatomiques ou matérielles produites par 1 inflammation sur les actions diverses des organes , est vraiment immense, et son étude est pour ainsi dire le flambeau du diagnostic.
Quelques médecins , qui se décorent si mal à propos du titre cl 'hippocratistes, ont vainement essayé de jeter de la défaveur sur cette partie du diagnostic qu ils désignent sous le nom de diagnostic anatomique . Ils ont d excellentes raisons personnelles, sans doute, pour affecter iin dédain superbe pour cette espèce de diagnostic. Ils le mépriseraient moins, peut-être, s’ils s’étaient assez familiarises avec les méthodes exactes d’exploration pour pouvoir le porter avec quelque certitude. Au reste, le diagnostic des lésions anatomiques, dans les cas cl inflammation, est subordonné au diagnostic de cette inflammation elle-même, cause première de ces lésions; et il faut étudier avec un soin égal, et les signes de l’une, et les signes des autres. L un de ces diagnostics n’exclut pas l’autre : ils sont, au contraire, réciproquement complémentaires l’un de 1 autre.
B. Signes ou symptômes locaux dérivant de la lésion des fonctions spéciales des organes dits enflammés ; fonctions dont les unes appartiennent à la vie animale ou extérieure , et dont les autres sont du ressort de la vie organique ou intérieure (I).
Ces signes sont aussi variés que le sont eux-mêmes les phénomènes sensitifs, instinctifs , moraux, intellectuels,
(i) Tous les organes ne jouissent pas, en effet, du double élément vital , dont l’un a été désigné par Bifliat sous le nom de vie organique^tt
les mouvements volontaires on involontaires et les actes qui s’y rattachent, les sécrétions spéciales, etc., dont ils ne sont que des modifications. La douleur proprement dite et ses innombrables variétés, les hallucinations de tout genre, les convulsions, les spasmes, le délire, etc., constituent une série de la grande catégorie des symptômes dont il s’agit ici. Ils se passent dans la sphère de la vie, dite animale. Les vomissements, les éructations , les palpitations, la toux, le hoquet, les lésions des sentiments intérieurs connus sous le nom de besoins , etc., etc.., sont pour les organes de la vie dite intérieure et instinctive ce que les symptômes précédents sont pour la vie extérieure proprement dite. On conçoit aisément combien il importe d’étudier avec soin ce nouvel ordre de symptômes, puisque dans certains cas où les phénomènes physiques , les lésions anatomiques se dérobent en tout ou en partie à nos moyens d’exploration, ils constituent les principaux éléments , les données les plus essentielles du diagnostic.
On s’étonnera sans doute de ce que , en opposition avec tous les pathologistes qui nous ont précédé, nous n’avons point placé la douleur parmi les signes communs à toute inflammation. En procédant ainsi , nous nous sommes mis d’accord avec la saine observation , sinon avec nos prédécesseurs. En effet , la douleur est un symptôme qui , comme nous l’avons démontré dans un travail exprofesso (1), n’appartient qu’aux inflammations des parties
l’autre sous celui de vie animale. Les seuls organes qui possèdent cette dernière, sont ceux qui communiquent par des cordons nerveux spéciaux avec le cerveau et la moelle épinière.
(1) Ce travail, composé en 1827 pour être lu à la séance publique de la Société médicale d’émulation, a été publié en 1 834, dans le tome III du Journal hebdomadaire , sous le titre suivant : Quelques réflexions tendant h prouver que la douleur ne doit pas être rangée parmi les symptômes essentiels de l'inflammation , et que ce phénomène est le signe spécial de l'irritation de la classe de nerfs auxquels on a donné le nom de nerfs du sentiment.