I. Mais la double réaction purement irritative ou fran
(i; Voici deux autres conclusions (le M. Lonyet qui prouvent bien la
lift DE L1NFLAMMATI0N ET DE LA FIÈVRE,
chement inflammatoire, dont nous venons de nous occuper, n’est pas la seule qui doive être l’objet de nos recherches. En effet, ainsi que nous l’avons déjà précédemment indiqué, il survient, dans le cours de certaines inflammations, des absorptions ou résorptions de matières morbides , ou bien il se forme d’emblée, dans le système sanguin, des produits délétères qui altèrent , infectent plus ou moins , empoisonnent pour ainsi dire la masse du sang ; et de là des symptômes, des accidents d’une espèce nouvelle que nous exposerons amplement ailleurs. Qu il nous suffise pour le moment de dire que l’ensemble des symptômes que nous signalons est généralement désigné sous le nom d’état ou d’appareil typhoïde. Alors, il existe un état général en quelque sorte double, composé de la réaction inflammatoire et de l’infection septique du sang, éléments tellement différents l’un de l’autre, que, par exemple, le second (l’élément septique ou typhoïde) a pour caractère un état de ramollissement du caillot du sang fourni par les saignées, l’ absence de la couenne ou du moins la mollesse extrême et l’infiltration de celle-ci quand elle se forme, ce qui est précisément l’opposé de ce que produit l’élément inflammatoire pur et simple.
Cet appareil typhoïde ou septique général , combiné à la réaction fébrile, est pour le système sanguin et pour tout l’organisme en général ce qu’est pour la partie malade un travail de décomposition putride ou gangréneuse combiné au travail inflammatoire local. Là encore, il n’y a qu’une différence du plus au moins. Dans le dernier cas, il y a pour ainsi dire une fièvre typhoïde locale connue dans le premier il y a une fièvre typhoïde générale.
perplexité de l’auteur : i° l’électricité et la force nerveuse ne sont point identiques; 2° dans l’étal actuel de la science, il y a témérité à affirmer qu’elles sont totalement différentes, et qu’elles n’offrent pas la moiudrc analogie, (Anat. et physiol. du. sysU nerv ., 1. 1, p. 1 44 )
SYMPTÔMES DE i/lNFLAMMATION.
§ 111 D“ diagnostic des inflammations à leurs divers degrés.
I. Lorsque l’inflammation a son siège dans des parties accessibles à nos sens, armés ou non d’instruments convenables, le diagnostic de la maladie se fait tout, seul et saule pour ainsi dire aux yeux. Mais il n’en est plus de même lorsque l’inflammation affecte des organes intérieurs, inaccessibles àlœil, au toucher, à tous nos sens, en un mot : alors nous sommes privés de cet ordre de symptômes que nous savons appartenir à toutes les inflammations en général, tels que rougeur, injection , ramollissement, ulcération, etc. 11 ne nous reste plus pour données de diagnostic que les autres ordres de symptômes. Or, bien observés, bien recueillis, ifs suffisent encore, dans l’immense majorité des cas du moins, comme nous le prouverons en traitant de chaque inflammation en particulier, pour qu’on puisse établir un diagnostic certain , exact et précis. Pour un tel diagnostic , ce n’est pas assez que de reconnaître une inflammation donnée , il faut de plus en déterminer l’étendue, l’intensité, le degré, les périodes avec les produits divers qui distinguent celles-ci.
H. A cet effet, on pèse, on consulte, on apprécie, on évalue le plus rigoureusement possible ceux des symptômes des divers ordres précédemment admis qu’il nous est donné de constater pendant la vie. Par cette opération délicate , cette sorte de calcul intellectuel, on parvient, en général, quand on est doué de quelque tact médical et qu’on a une longue habitude clinique , à constater très approximativement les divers degrés d’intensité du mal. On procède ici comme en physique : de même que dans cette science on juge de l intensité d 'une cause par 1 intensité de ses effets, de même en pathologie on détermine l’intensité d’une maladie par l’intensité de ses symptômes, la maladie étant ici laçage elles symptômes les effets. Dans les phlegmasies extérieures, les divers degrés d’inten-
site de la chaleur que le thermomètre permet de calculer avec une rigueur toute mathématique, de la rougeur, de la tuméfaction , laquelle peut être évaluée non seulement à vue d’œil mais aussi par des moyens de mensuration méthodiques , indiquent clairement les divers degrés de l’intensité de l’inflammation elle-même. Il en est ainsi de la quantité et des caractères physiques des sécréta que ces phlegmasies peuvent fournir dans un espace de temps donné.
Grâces aux admirables perfectionnements de nos méthodes d’exploration , la plupart des phlegmasies intérieures elles-mêmes se révèlent à nous par des signes ou des symptômes physiques qui, sl 1 on en excepte ceux fournis par l’inspection et la palpation immédiates de la partie malade , sont essentiellement les mêmes que ceux des phlegmasies extérieures. En tout cas , les signes et les symptômes de cet ordre réunis à ceux obtenus par les lésions fonctionnelles, tant locales que générales, constituent une masse de données suffisantes pour l’appréciation des principaux degrés d’intensité des phlegmasies. Citons quelques exemples : nous ne voyons ni ne touchons la plèvre et le péricarde enflammés , mais nous apprécions, par l’inspection, la mensuration, l’auscultation, la percussion, la quantité du secretum de ces membranes; d’un autre côté, par l’examen de la fréquence et de la force du pouls; par la détermination de la température générale du corps dont les degrés sont généralement en rapport avec les degrés d’intensité des inflammations indiquées (car le degré de la réaction est nécessairement en rapport avec celui de l’intensité du foyer de cette réaction) : par là, comme on voit, soit directement, soit indirectement, nous recueillons les éléments d’un jugement éclairé.
Ajoutez à cela le degré d’intensité de la douleur locale, s’il en existe, des lésions des fonctions propres aux organes malades, le sentiment plus ou moins prononcé de ce mal-
SYMPTÔMES DE LlNFLAMMATION.
aise intérieur, de cette agitation nerveuse qui accompagne toujours les grandes phlegmasies, et vous posséderez encore un élément de plus pour la question de diagnostic que nous étudions. Mais je ne dois pas oublier de dire que les données fournies par ce dernier ordre de symptômes sont beaucoup moins fidèles, moins sûres que celles dont il a été question plus haut, attendu que rien n’est variable comme les phénomènes auxquels préside le système nerveux, selon la constitution physique et morale, les habitudes, etc., et que d’ailleurs ces symptômes peuvent être quelquefois simulés. De là vient que dans les phlegmasies pour le diagnostic desquelles nous en sommes réduits exclusivement, ou presque exclusivement, aux lumières puisées dans la considération des lésions dites fonctionnnelles, telles, par exemple, que celles du cerveau, de la moelle épinière et de leurs enveloppes, on est quelquefois exposé à commettre des erreurs, quand il s’agit d’en déterminer le degré d’intensité. Néanmoins, dansces cas eux-mêmes, ainsi que nous le montrerons , en nous en occupant d’une manière spéciale, sauf certaines exceptions, les trois principaux degrés d’intensité établis plus haut peuvent être déterminés avec une somme de probabilités qui équivaut presque à la certitude.
III. Dans toutes les phlegmasies où, comme dans la pleurésie, la péricardite , la pneumonie et tant d’autres , le diagnostic a pour l’un de ses flambeaux les signes qu’on appelle physiques , il est donc possible de déterminer, d’une manière très approximative, le degré de leur intensité, cet élément si précieux d’un diagnostic complet. Et qu’on ne s’imagine pas que je parle ainsi en théoricien ou médecin de cabinet; non , je parle en clinicien, et je n’affirme rien ici que je n’aie pratiqué journellement pendant plus de dix ans, de la manière la plus authentique. En effet , sur nos feuilles de diagnostic, je ne me suis pas contenté de faire écrire le nom
118 dr l’inflammation et de la fièvre.
des phlegmasies que nous recevions dans le service, mais aussi leur degré d’intensité, leurs périodes et leurs complications diverses. Il est vrai que c’est là une des opérations les plus épineuses de la clinique exacte , et qu’elle suppose dans celui qui veut l’exécuter avec quelque distinction une grande habitude, un long apprentissage, secondé par d’heureuses dispositions pour la saine observation et la logique sévère. Il est vrai aussi que la chose vaut bien la peine qu’on s’y applique avec tout le zèle et toute l’attention dont on est capable. En effet , qu’est la thérapeutique, si l’onignore quelles sont les maladies, quels en sont les degrés d’intensité, et quelles sont les conditions individuelles des malades?
IV. Avant de terminer les considérations rapides présentées par nous sur la séméiologie et le diagnostic de l’inflammation en général, nous devons rappeler que, dans les cas où elle est assez forte pour réagir sur toute la machine vivante, et qu’elle se prolonge longtemps, il survient une foule d’accidents, de lésions secondaires, qui d’effets deviennent causes, et donnent à leur tour naissance à des symptômes particuliers. De ce mélange de lésions primitives et secondaires, et des symptômes qui les révèlent, résulte un état morbide des plus complexes, d’une analyse des plus difficiles, ou , si l’on veut, un problème à très nombreuses inconnues dont la solution embarrasse parfois les plus habiles. C’est pour ne pas tenir compte de tous les éléments dont se composent les cas morbides ci-dessus indiqués , que tous les jours nous voyons tant de médecins commettre les plus graves erreurs dans les explications et les commentaires qu’ils ajoutent aux faits observés par eux.
Toutefois, à l’époque actuelle de la science, quiconque s’est assez longtemps exercé a la pratique des saines méthodes d’exploration, et a bien étudié un assez grand nombre de cas des diverses inflammations denos principaux organes , n 'éprouvera réellement aucune difficulté sérieuse