‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 68 sur 125 · C. Suins hygiéniques · texte numérisé non relu

C. Suins hygiéniques

Cette importante matière est encore une de celles que les auteurs ont à peu près complètement négligées. Lisez les divers classiques les plus répandus , et vous n’y trouverez, à cet égard , aucuns préceptes exactement formulés, aucunes règles suffisamment précisées et motivées. Le temps de la thérapeutique vraiment méthodique et scienlificfue n’était nas encore venu. Il faudrait un volume pour

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exposer avec tous les details convenables les difféi entes questions quiserattàchentàl’hygiènedes individus atteints de phlegmasies. Nous ne pouvons ici queffleurer le sujet, ou qu’en poser en quelque sorte les principaux fondements.

Un des préceptes les plus importants , et qui contient pour ainsi dire implicitement tous les autres , c est d éloigner des malades les causes sous 1 influence desquelles les pblegmasies se sont manifestées, et de les placer dans des conditions telles-, que sous le double rapport du ph} sique et du moral, ils ne soient entourés d’aucun agent nuisible. Dans le paragraphe que nous allons consacrer a la direction de la convalescence, on trouvera le complément, les principaux développements que ce précepte comporte.

D. Règles à observer dans la convalescence des sujets qui ont été atteints cl’inHammation.

La direction de la convalescence des grandes phlegmasies est un des points les plus délicats de la pratique , et pour la solution des difficultés dont il est hérissé, on consulterait encore bien vainement les ouvrages classiques publiés jusqu’ici. Sorte de nuance entre la maladie et la santé , comme le crépuscule est la transition entre la nuit et le jour, état qui n’est plus la maladie , mais qui n est pas encore la santé, la convalescence n’admet ni 1 hygiène qui convient à la santé, ni l’hygiène que réclame la maladie. Il faut savoir tenir un juste milieu entre ces deux hygiènes, et il n’appartient qu’au praticien le plus consommé défaire une saine application de ce précepte. Je dois me borner à poser ici les bases de la grave question qui nous occupe , me réservant d’entrer dans les détails les plus essentiels à l’occasion de chaque phlegmasie en particulier.

I. Le régime alimentaire mérite une attention toute spéciale. Il est nécessaire de commencer l’alimentation par

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l’emploi des substances faciles à digérer, telles que les bouillons de poulet, de veau, puis de bœuf, pris d’abord en petite quantité. On prescrit ensuite les potages , puis les légumes frais, les œufs, les viandes blanches, et l’on permet de rougir 1 eau avec une dose modérée de bon vin vieux, celui de Bordeaux plus particulièrement quand les malades peuvent s’en procurer. Viennent ensuite les viandes plus substantielles, l'usage du vin pur, etc.; et peu à peu les malades sont ramenés à leur régime normal.

Les règles de régime que nous prescrivons concernent la convalescence de toutes les grandes phlegmasies aiguës en général, mais elles doivent surtout être rigoureusement observées quand il s agit de celle des phlegmasies qui avaient leur siège dans l’appareil digestif. Elles sont alors en quelque sorte doublement indiquées.

II. La direction des autres modificateurs qui sont du domaine de l’hygiène, tels que les circumf usa, les applicata , les acta , les pcvcepta, etc., est aussi soumise à des règles qu’on ne violerait jamais impunément, et dont la stricte observation est plus ou moins impérieusement commandée, selon que la phlegmasie avait son siège dans tel ou tel appareil , selon qu’elle était produite par telle ou telle cause, etc., etc. Ainsi, par exemple, il faut recommander à tous les convalescents en général d’éviter les vicissitudes atmosphériques, les refroidissements, les mouvements, lesexercices fatigants, lesémotions morales, les contentions d’esprit, les veilles prolongées , etc. Mais il est plus spécialement ordonné de fuir les refroidissements aux convalescents de ces nombreuses phlegmasies, qui se développent précisément sous l’influence du froid; de ne pas se lever, marcher trop tôt, etc., à ceux qui relèvent d une phlegmasie des articulations , d’une arthrite rhumatismale, par exemple; d éviter l’action des excitants extérieurs des sensations, à ceux qui ont eu des phlegmasies des organes des sens; de s’abstenir des occupations de

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l’esprit , de toute impression morale vive , à ceux qui sont convalescents de phlegmasies des centres nerveux euxmêmes ou de leurs membranes , etc., etc.

Que d’accidents , que de rechutes pires quelquefois que la première maladie , que de terminaisons funestes n ont pas été la suite de 1 inobservation des règles qui douent présider à l’hygiène physique et morale de la convalescence des grandes phlegmasies! Combien il est malheureusement rare de rencontrer des malades assez dociles pour se soumettre à ces règles bien formulées ; et combien il est rare aussi que les personnes, dont ces malades sont entourés, comprennent parfaitement et exécutent ou fassent exécuter toutes les prescriptions hygiéniques d’un médecin expérimenté !

Je regrette de n’avoir pu qu’ébaucher un sujet si digne d’être approfondi; mais il est plutôt du ressort de l’hygiéniste proprement dite que de la médecine, et, d’ailleurs, je n’ai pas assez de temps ni d’espace pour tout développer.

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