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II. Traitement de l'inflammation dite chronique

Que l’inflammation soitlente, chronique, ou qu’elle soit aiguë, elle réclame toujours au fond le même traitement, à la condition que, pour 1 activité et l’énergie, il sera subordonné à l’intensité et au degré d’acuité de la maladie. Mais il ne faut pas oublier que par phlegmasie chronique, on entend généralement une phlegmasie qui a déjà duré fort longtemps, plusieurs semaines, par exemple, soit quelle ait été vive et intense à son origine, soit quelle ait été, au contraire, faible , obscure, latente, pour parler le langage ordinaire. Or,, en se prolongeant ainsi, l’inflammation bien caractérisée entraîne nécessairement à sa suite des lésions locales et générales qui constituent la base d’indications spéciales, assez souvent contradictoires à celles que réclame l’ inflammation elle-même à son origine. No-

Tlt.UTEMFNT DF L INFLAMMATION.

tons surtout qu’elle finit par produire un affaiblissement radical, un épuisement général ou constitutionnel , qui ne permettent plus de songer aux émissions sanguines, ce suprême remède des phlegmasies à leurs premières périodes. Restent par conséquent la diète dite antiphlogistique, convenablement dirigée, et les autres moyens purement hygiéniques.

D’ailleurs, dans les cas dont il s’agit, c’est bien moins le travail inflammatoire lui-même que les produits ,les conséquencesde ce travail prolongé, les lésions dites organiques dont il a été le principe générateur, qui doivent spécialement occuper l’attention et exciter la sagacité du thérapeutiste. Il nous faudrait un volume pour traiter àfond un si vaste et si grave sujet , car nous serions obligé de parler des moyens spéciaux que réclament les ulcérations, les suppurations, les tissus accidentels qui succèdent au travail inflammatoire, etc. Mais, en le faisant, nous reproduirions plusieurs des règles générales que l’on trouve dans les traités de chirurgie, auxquels nous nous contenterons de renvoyer, avec la réserve de faire connaître les considérations spéciales qui se rattachent à ces lésions, selon les organes internes qu’elles affectent , quand nous étudierons chaque phlegmasie en particulier.

Au reste, la plupart des lésions chroniques-organiques développées consécutivement aux inflammations prolongées , sont évidemment rebelles aux moyens internes ou médicaux , et nécessitent des opérations chirurgicales variées , qu’il n’est pas de notre compétence d’étudier. Mais comme malheureusement les organes intérieurs ne sont pas à la portée des moyens chirurgicaux, et que souvent, s’ds étaient accessibles à ces moyens, l’importance de leurs fonctions n’en permettrait pas l’emploi, il s’ensuit que les lésions chroniques-organiques de cet ordre sont fatalement incurables et le plus souvent mortelles. Gomment, en présence de cette terrible conclusion, les praticiens hésiteraient-ils plus

DE l’inflammation ET DE LA FIÈVRE, longtemps, à employer la méthode qui seule peut prévenir les lésions indiquées?

Que les praticiens vraiment dignes decenom, c’est-à-dire ceux pour qui le salut des malades est la suprême loi, ne croient donc pas, on ne saurait trop le répéter, avoir tout fait en prévenant lq terminaison funeste, pendant les premières périodes des grandes pldegmasies aiguës. Il leur reste une autre tâche, un autre devoir à remplir, c’est de faire en sorte que la maladie ne passe point à l’état chronique ; d’empêcher quelle ne se termine par une mort tardive au lieu d’une mort prompte, ce qui est inévitable, toutes les fois quelle a pour siège un organe dont les fonctions sont d’une importance majeure et en quelque sorte vitale. Or , pour prévenir le passage à l’état chronique , il faut en appeler à la puissance souveraine de la méthode que nous avons formulée, et hors laquelle, dans les cas graves, il n’y a pas, je ne saurais trop le redire, de véritable salut poulies malades. Si quelque chose était bien propre à enhardir les esprits par tro p pusillanimes , ce serait de considérer, comme je l’ai si souvent montré aux élèves, que chez les individus qui nous arrivaient atteints d’une pldegmasie chronique pour n’avoir pas été suffisamment saignés ou même ne t’avoir pas été du tout, l’épuisement des forces et l’émaciation étaient incomparablement plus prononcés que chez les individus convenablement saignés par nous. Cette vérité, constatée par tant de faits éclatants et journaliers , est de la plus haute importance à connaître , puisque l’une des objections sur lesquelles on insiste le plus, et cela si faussement, contre notre méthode, c’est qu’elle entraîne un affaiblissement qui éternise la convalescence, et prédispose singulièrement aux rechutes. Mais si cette objection tombe d’ elle-même en présence de quelques milliers de faits recueillis par nous depuis douze ans, elle s’applique dans toute sa force aux anciennes méthodes; car celles-ci n’arrêtent pas la maladie, et rien n’entraîne un

INFLUENCE DES CONSTITUTIONS MÉDICALES. 1^7 affaiblissement plus vrai , plus profond, plus radical , que la prolongation indéfinie d’une maladie aiguë, affaiblissement aussi lent à se dissiper qu’est, au contraire , prompt à disparaître celui qui succède aux émissions sanguines, suivies de la rapide résolution des maladies contre lesquelles elles ont été employées.

En résumé , pour les phleginasies chroniques comme pour les aiguës, ce n’est pas par un appareil de pompeuses formules pharmaceutiques, mais par l’usage bien entendu des moyens simples dont nous avons parlé , que l’on sera véritablement utile aux malades. Quant à ceux qui trouveront cette méthode trop simple, je leur répondrai avec Sydenham :

« Si quis hanc melhodum tannuam rudiorem et artis laude carentem contempserit , sciât is velim , primo leviora tantum ingénia res quaslibet vilipendere , quod simp lices fuerint et apertce, dein me, imminutce exestimationis prætio publico hominum bono inservive paratissimum. »

ARTICLE VIII

influence des constitutions médicales sur les résultats du traitement

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