‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 80 sur 125 · DOCTRINE OU SYSTÈME DE BROUSSAIS · texte numérisé non relu

DOCTRINE OU SYSTÈME DE BROUSSAIS

muqueuse. L’état de prostration , de fuliginosité , etc., est aussi le terme commun des autres phlegmasies des grands viscères, telles que la pneumonie, la pleurésie, la péritonite et même l’hépatite; de là les classificateurs modernes ont pris occasion de placer l’être qu’ils ont appelé fièvre adynamique , à la dernière extrémité de toutes ces phlegmasies. Les influences de tous les organes, lorsqu’ils sont enflammés, peuvent donner lieu à des symptômes nerveux; alors on ajoute la qualification di ataxique au lieu de celle d 'adynamique, au mot consacré à chacune de ces phlegmasies , et cela donne des fièvres gastro-ataxique , mucosoataxique, des pneumonies et des péritonites ataxiques , et quelquefois gastro-adynamiques , ataxiques , etc. La phlegmasie cérébrale peut être la maladie principale, mais elle s’accompagne le plus souvent de celle des voies gastriques; de sorte que, dans les cas funestes, les symptômes adynamiques ne manquent point de s’ajouter aux ataxiques.

Broussais conclut de tout cela que l’idée d’une fièvre adynamique sporadique est chimérique. ( Ouv.cit pag. 164, i65 , 166. )

Enfin, dans l’exposition de son plan d’études pathologiques ( pag. 454 et 455 ) , discutant encore la question de savoir s’il existe des fèvres essentielles , c’est-à-dire (d’après l’interprétation qu’il a donnée à ces mots qui n’en avaient point encore) des irritations générales du système sanguin qui ne soient pas 1 effet sympathique d’une augmentation vicieuse de l’action organique dans un système ou un appareil particulier, Broussais s’exprime ainsi :

« Sans doute qu’un jour l’histoire de ces affections sera tellement éclaircie quelles se rattacheront aux organes avec les autres irritations; et j’ose prédire que cette époque n’est pas fort éloignée.

» Cest ainsi que la putridité et l’adynamie cesseront de surprendre les observateurs, lorsqu’ils auront bien réfléchi aux conséquences nécessaires d’une phlegmasie muqueuse 1. U

des intestins, c’est-à-dire lorsqu’ils se représenteront le cloaque de l’économie abandonné aux ravages d’une inflammation véhémente (i). »

Terminons par les objections directes de Broussais a la doctrine pyrétologique de Pinel et de ses disciples, en ce qui concerne les fièvres méningo -g as triques, adéno-méningées, adynamiques et ataxiques (p. i85 et suiv. ).

Fièvres gastriques et. muqueuses. « Pourquoi , puisqu’ils reconnaissent des fièvres gastriques , n’admettent-ils pas des fièvres capitales, pulmonaires, cardiaques, hépatiques, vésicales, hystériques, fémorales, crurales, brachiales, digitales? Que signifient des fièvres muqueuses, sinon des fièvres par irritation des membranes de ce nom ? Les irritations qui déterminent ces fièvres ne sont pas, suivant eux, des phlegmasies, quoiqu’elles soient assez graves pour produire la fièvre, et qu’après la mort l’aspect des organes soit le même qu’à la suite des inflammations. Mais s’il peut se développer dans les voies gastriques des irritations produisant la fièvre, et qui pourtant ne sont pas des phlegmasies, pourquoi ne pourrait-il pas en exister de semblaÉles dans les autres organes? Tous les systèmes du corps humain, sans en excepter les os, sont donc en droit de réclamer leurs fièvres? et puisque, d’après nos classificateurs, ils sont susceptibles d’un mode d’irritation également capable de produire la fièvre, on ne peut se refuser à leur accorder à chacun et leur fièvre et leur phlegmasie particulière. On nel’apas fait : deuxième inconséquence (2).»

(1) Chose étrange ! ini , en observateur ingénieux, Broussais signale une circonstance bien propre à nous montrer comment, en effet, certaines phlegmasies intestinales, à une période donnée de leur évolution, engendrent l’adynamie, la putridité, et nulle part d’ailleurs il ne tient compte de ce grand élément, qu’il confond avec l’inflammation elle-même, dont il est pourtant si différent !

(2) La première inconséquence reprochée aux classificateurs , c’est d’avoir donné pour essentielle , sous le nom de fièvre inflammatoire ou angioténique , une lièvre qui, de leur aveu, peut dépendre de toutes les

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