‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 84 sur 125 · DOCTRINES SUR LE TYPIIUS · texte numérisé non relu

DOCTRINES SUR LE TYPIIUS

Je prouver je me contenterai de citer le passage suivant de Y Examen des doctrines, passage dans lecpiel Broussais rappelle avec approbation la doctrine de 1 auteur italien, en combattant celle du docteur Hernandez: « Quoi, s’écriet-il, ni les tristes résultats de la méthode excitante dans cette maladie, ni les succès d’un traitement émollient, sédadif, tel que celui qu’emploient tous les créoles, ni les nombreuses ouvertures de cadavres qui montrent les organes gastriques frappés de la plus terrible phlegmasie, ni les sages et -profondes discussions de Tommasini gui, quoique Brownien , n'a pu méconnaître le caractère phlogistique de cette maladie, qu'il a judicieusement rapprochée des fièvres prétendues bilieuses, rien n’a pu ramener notre auteur de ses funestes préventions ( i ) ! »

III. L’un des plus remarquables ouvrages qui , au commencement de ce siècle , aient été publiés sur le typhus jaune, est, en effet, celui de Tommasini, cette lumière de lecole italienne (2). L’auteur a mis à contribution les recherches de Clark, Carey , Rush , Currie , Devèze, Gilbert, Hillary, Pugnet sur cette maladie, diversement dénommée par les auteurs ( typhus icterodes de Sauvages , Cullen et Selle; febris Indice occidentalis maligna flava de

de lecole italienne. Cela soit dit sans que la gloire de notre immortel compatriote en puisse souffrir la moindre atteinte.

(1) On sait qne le docteur Hernandez , fidèle à la doctrine de Brown, plaçait la fièvre jaune dans le genre typhus, lequel est une fièvre asthénique, c’est-à-dire d’une nature opposée à la fièvre dite inflammatoire ou sthénique.

(2) Sulla fcbbre cli Livorno del iSo.j; suit a fehhre quitta americana e suite malattie de genio analogo , ricerche patologiclie , Panna îSofi ; avec celte épigraphe de Baglivi ( Praxis medica; lih. I, § >x) : Abusus accusandi fictam quamdam in febribus malignitatem medicis fréquenter imponii. .. Errores hinc in methodo curativa committu.nl per quos morbus graviter exaccrbatur ... Malignitatem medicamcnlis calefacicntibus aggrediuntur , quibus non solum non submovctur, scd latentes viscebum inflammatio* nés, quœ talium febrium ut plurimum sunt causie genuiniv , magis magisque (idaugentur.

IG

2U2 de l’inflammation et de la fièvre.

Makittrick •, febris flava Americœ de Lining, Carey, Clark, Ilillary ; fl maligna-biliosa Americœ de Moultrie ; vonuto pietro des Espagnols , et maladie de Siam et des matelots des Français).

Tommasini pense que la fièvre jaune a pour élément fondamental une inflammation du foie , ajoutant quil en est de même des fièvres dites bilieuse, ardente, de celle de Livourne, lesquelles réunies ainsi à la fièvre jaune, ne constituent que des degrés divers d’une seule et même maladie. Il appuie d’ailleurs son assertion non seulement sur le raisonnement, mais encore sur l’autorité deSennert, de Bianchi et de Vulcarenghi, qui déclarent avoir très fréquemment observé V inflammation gangréneuse du foie dans la fièvre bilieuse et ses analogues. La phlegmasie du système hépatique réagit par voie de diffusion sur les parties voisines et sur toute la machine, soit quelle naisse de causes générales,X.e\\es que la chaleur de certains climats, soit qu’elle provienne del’action spéciale d’un miasme particulier sur le foie (i).

Examinant ensuite les doctrines de Brown , dans leur application à la nature de la fièvre jaune, Tommasini cherche à démontrer que le fond de cette maladie et de ses analogues est sthénique , d’où il conclut qu’on ne doit pas les appeler typhus , si l’on entend par ce mot une maladie absolument et originairement asthénique. On pourrait seulement se servir de ce nom, si par là on entendait une maladie qui, après avoir été produite, à son origine, par une cause sthénisante , et s’être présentée sous une forme sthénique ou phlogistique, revêt ensuite plus ou moins rapidement les traits d’une forte langueur vitale ou bien d’une habitude gangréneuse (arito gangrenoso). A cette occasion, comme je l’ai déjà dit précédemment, Tommasini loue

(i) Cette dernière opinion a été enseignée par Rubini, lequel admet un état de prédisposition morbide du foie dans les climats où sévissent la fièvre jaune et ses analogues.

Page 1