TT
De ces 1 38 malades, frappés eu sept mois, io3 étaient des prisonniers, et 35 des personnes chargées de leur donner des soins dans l'hôpital où ils furent placés. Sur ces 35 derniers, on compte g morts, c’est-à-dire plus de la moitié de la totalité des morts (?.).
i° Causes. M. Landouzy pense que Y encombrement des prisons doit être regardé comme la cause de l'épidémie de Reims.
2° Symptomatologie . Stupeur, somnolence, coma, délire, céphalalgie, mouvements spasmodiques, prostration des forces, rougeur des yeux, bourdonnements d oreilles, sur-
(1) Qu'est-ce qu’une épidémie de typhus , c’est-à-dire dune maladie que l’on regarde comme plus grave que la fièvre dite typhoïde, et qui ne tue que i malade sur/|5, tandis que cette dernière, dans les memes conditions de traitement , en fait périr i sur 3 au moins? Il est vrai que la mortalité générale a été de i sur 8 environ, et non de i sur 45, comme au mois de novembre. Mais on peut encore, jusqu’à un certain point, appliquer à ce résultat la réflexion que nous a inspirée 1 autre.
(2) M. Landouzy dit à cette occasion que la mortalité a été beaucoup plus considérable pour les sujets atteints par voie de contagion (il considère comme tels tous les sujets atteints à l’Hôpital) que pour les sujets frappés directement à la prison. Cette différence de mortalité est assez extraordinaire, en effet, pour fixer l’attention ; mais il est bien fâcheux que M. Landouzy n’ait donné aucune explication d’un résultat si digne dette expliqué..., s’il est bien exact.
250 de l’inflammation et de la fièvre.
dité , odeur de souris ( i ) , taches pétéchiales , taches rosées lenticulaires, absence de diarrhée, râle sibilant des plus prononcés; fréquence variable du pouls -.80,90, 1 20 ,
1 4o et même 1 80 (2); température du corps très peu élevée, avec sécheresse de la peau (il regrette de n’avoir pu faire de recherches thermométriques qui pussent être comparées à celles que j’ai entreprises pour la fièvre typhoïde ) : tels sont les phénomènes observés (3).
3° Contagion. Pour être à l’abri de toute objection, M. Landouzy ne l’admet que pour les cas qui se sont dé-
(1) Il se demande si cette odeur est particulière au typhus et ajoute quelle n’a pas été indiquée par MM. Bouillaud, Andra!, Chomel, Forget, Louis, etc. J’ai souvent rencontré cette odeur, que M. le professeur Lallemand a depuis longtemps signalée dans ses Lettres sur l'encéphale.
(2) L’auteur ne parle pas ici du caractère redoublé , bis-feriens du pouls. Mais, chose remarquable, dans les deux observations rapportées, ce caractère a été noté.
(3) M. Landouzy dit avoir examiné avec attention l'état du sang dans un grand nombre de cas, et à la sortie de la veine, et le lendemain de la saignée; mais qu’en tenant compte des circonstances accessoires qui influent tant sur l’état du caillot, il a paru impossible de lui assigner un caractère spécial. Il fait remarquer en passant que, d’après l’examen du sang fourni'par 123 saignées pratiquées pour des cas de fièvres typhoïdes, M. le professeur Forget, de Strasbourg, est arrivé à conclure que les altérations apparentes du sang, lorsqu’elles existent , sont purement accidentelles et dues à des circonstances le plus souvent inappréciables.
De telles assertions delà part de médecins aussi distingués surprendront beaucoup tous les observateurs exacts qui auront examiné le sang tiré des veines des individus affectés d’une fièvre typhoïde bien caractérisée. Quant à nous, qui depuis plus de douze ans avons tous les jours procédé à cet examen (examen répété des milliers de fois depuis l’époque indiquée), nous affirmons que rien n’est plus constant et plus facile à constater que l’état anormal du sang, dans les cas dont il s’agit, état variable, d’ailleurs, selon les périodes delà maladie.
M. Landouzy n a observé d’autres abcès que des abcès parotidiens, et encore n’en a-t-il vu que deux cas. Dans l un , les deux parotides furent prises h la fois, et celle du côté droit seule suppura; dans l'autre, il n'y eut que la parotide gauche de prise.
M. Landouzy a eu occasion de noter huit fois les épistaxis. Chez aucun malade elles ne parurent au début, et ne survinrent que du bc au i5 jour... Il ajoute que déjà, dans les épidémies précédentes de typhus, elles
recherches sur les typhus d’amérique et d’europe. 251 clarés en dehors de la prison. Mais cette précaution ne suffit pas pour l 'abriter ainsi de toute objection. En effet, qu’est-ce qui prouve , sans réplique aucune, que c’est par pure voie de contagion qu’un certain nombre de personnes qui ont donné des soins aux malades, ont été toutes atteintes du prétendu typhus de ces derniers ? Pourquoi n’auraientelles pas été frappées sous 1 influence de causes semblables à celles qui ont agi sur les premiers malades ? Gomment un typhus , assez léger pour ne faire périr que 8 individus sur io3, a-t-il pu posséder une force de contagion telle, que 35 des personnes qui ont soigné ceux-ci aient été victimes de ce contact ? Et comme ces dernières ont été plus gravement atteintes que les malades dont on suppose qu’elles tenaient leur typhus , n’eût-il pas été plus logique de ne pas négliger la part que les premiers malades non prisonniers ont prise à la contagion (si cette contagion a réellement existé) des sujets qui sont tombés malades plus tard ( il s’agit toujours de ceux affeclés en dehors de la prison )? Par suite du transfert des prisonniers malades à l’hôpital, un certain encombrement n’a-t-il pas dû avoir lieu ; et comme celui des prisons , sans le concours de la contagion proprement dite, cet encombrement n’a-t-il pas pu déterminer des cas du prétendu typhus, etc. ?
4 0 Anatomie pathologique. M. Landouzy na pu ouvrir que six des dix-sept sujets qui ont succombé.
Contrairement à MM. Pellicot, Gerhard, Shattuck, Fleury (i), etc., qui, de leurs recherches, ont conclu à X absence complète de lésions intestinales dans le typhus épidémique, M. Landouzy conclut de ses propres investigations qu 'il est impossible de trouver des lésions plus
ont été notées comme rares, ce qui ne me paraît pas rigoureusement con- ^ forme à l’histoire, et que sans cloute elles ont manqué à Philadelphie , puisque M. Stewart n’en fait pas mention.
(t) Mém. de ÜAcadém. royale de médecine , Taris, 1 833, t. 111, p. 5oi.
252 de l’inflammation et de la fièvre.
prononcées , plus caractéristiques des follicules intestinaux isolés ou agglomérés , des transitions plus marquées entre l’éruption et £ ulcération ; qu’il est impossible de voir un ensemble plus complet des altérations du système glanduleux intestinal, depuis les cryptes isolées du duodénum , jusqu a celles du gios intestin , jusqu aux ganglions du mèsenlere et du mésocolon.
M. Landonzy cite comme bien digne de remarque {'état normal de la rate chez les sujets qu’il a ouverts: « Sur ce point, dit-il, les résultats nécroscopiques de l'épidémie de Reims se trouvent d’accord avec ceux des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, mais, par contre, en désaccord avec ceux des auteurs qui ont observé les autres épidémies du typhus et qui ont noté ungonflement considérable (i).»
M. Landouzy ne dit pas un mot sur l’état du sang après la mort, non plus que sur l’état du cœur et des vaisseaux, et c’est en 1 83g et 1840 qu’a régné l’épidémie dont il a tracé la description ! Il n’a pas cru devoir profiter des conseils que nous donnions à ce sujet dans le Iraité des fièvres , publié par nous dès 1826.
5° Diagnostic et conclusions. Considérant i° que 1 encombrement est l’origine de tous les typhus, tandis quil est sans action sur le développement de la fièvre typhoïde (dernière assertion qu’on ne saurait adopter dans toute son extension) ; 20 que la stupeur est beaucoup plus prompte et plus prononcée dans le typhus que dans la fièvre ty-
(1) «C’est là, sans contredit, ajoute M. Landouzy, un des points les plus curieux de l’histoire de notre typhus carcéraire : analogue au typhus d’Amérique par l’état normal delà rate, qui le différencie du typhus d’Allemagne et de France ; analogue au typhus d’Allemagne et de France par l’existence des lésions intestinales, qui le différencient du lyphus d’Amérique. »
Ce qui parait ici curieux à M. Landouzy, quil nous soit permis de le considérer comme déplorable. De telles différences cesseront d’exister quand de bons observateurs auront décrit avec toute 1 exactitude necessaire, dans un nombre suffisant de cas, les lésions réelles et constantes qui existent chez les individus affectés d’un véritable typhus, en ayant soin de mettre à part celles qui tiennent à de simples complications.