‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 92 sur 125 · DOCTRINE DES FIÈVIIES DITES ESSENTIELLES · texte numérisé non relu

DOCTRINE DES FIÈVIIES DITES ESSENTIELLES

sentiellement différentes des continues, il ne faut pas se contenter de dire quelles sont intermittentes : il faut faire voir que les causes, les symptômes, les lésions organiques et le traitement des fièvres intermittentes diffèrent essentiellement du traitement, des lésions organiques, des symptômes et des causes des fièvres continues; en un mot, il ne faut rien moins que démontrer que les fièvres intermittentes ne sont pas des fièvres (i).»

Discutant ensuite les assertions du docteur Bailly, qui s’était livré à des recherches sur les fièvres intermittentes à Rome même, l’un des pays où elles régnent avec une sorte de prédilection, je fis surtout ressortir 1 erreur piofonde dans laquelle il était tombé en soutenant que 1 on trouvait, chez les sujets qui succombent aux vraies fièvies intermittentes, des altérations organiques semblables a celles qui se rencontrent chez les individus emportés pai les fièvres essentielles continues, et que même ces lésions sont plus profondes chez les premiers que chez les seconds. «Quoi! disais-je, s’il existait des pustules et des ulcérations multipliées de la membrane muqueuse gastiointestinale, avec rougeur, gonflement de cette même membrane; si des portions de son tissu étaient gangrenées; si les ganglions mésentériques étaient rouges, gonflés, en-

(i) Je supplie le lecteur de bien remarquer qu’il s’agit toujours ici des fièvres dites essentielles et non de la Fièvre. Cette remarque est irnpoi t.uile , car la fièvre , à mon avis, peut être continue , rémittente ou intennil tente , selon des circonstances que nous avons déjà posées. Mais il n en est pas de même des fièvres essentielles des auteurs, lesquelles, bien caractérisées sous tous les rapports, ont au nombre de leurs éléments des affections locales trop profondes, trop violentes, trop mateiielles , pour ainsi dire, en même temps que dynamiques et vitales , pour pouvoii îevê tir une vér itable forme intermittente. On ne saurait trop s appesantit sui la distinction dont il s’agit ici, car elle est capitale. Il ne faut jamais la perdre de vue, si l’on ne veut pas s’égarer dans F espèce de labyrinthe que nous présentent les doctrines pyrétologiques : c est la notre véritable fil d’ Ariane. Les développements que comporte cette idée seront exposés dans le cours de cet article et du suivant (note de t844)-

flammés; si ces diverses altérations se rencontraient chez les individus affectés de fièvre intermittente, comme chez quelques uns de ceux atteints de fièvre continue adynannque , elles pourraient coïncider avec une véritable apyrexie ! Un tel phénomène me paraît aussi impossible que la guérison subite des altérations que je viens d’indiquer. D ailleurs, comment concevoir que les mêmes affections 01 ga niques qui produisent des fievres continues puissent, dans d’autres cas, exister sans fièvre?

” 1 oui moi, je pense que si 1 on admet que les fièvres intermittentes sont réellement l’effet de l’irritation , il faut admettre en même temps que cette irritation n’a pas encore entraîné la désorganisation des tissus quelle affecte.

» Nous pensons, avec M. Mongellaz, que les accès de la fièvre intermittente constituent moins une seule maladie qu une série de maladies semblables entre elles. On peut, à la rigueur, considérer chaque accès d’une fièvre intermittente comme représentant une fièvre continue, qui se termine par une sueur critique.

» Or, s’il est rigoureusement possible de considérer une sérié d’accès de fièvre intermittente comme autant de fièvres continues qui se manifestent périodiquement, il est évident que la nature des fièvres dites intermittentes ne diffère pas essentiellement de celle des fièvres continues (i).

» La fièvre angioténique intermittente de M. Pinel, si elle existe ( nous avons vu que Pinel est dans le doute à cet égard), n est autre chose qu’une irritation intermittente du système sanguin.

(i) Evidemment] ici, je considérais la fièvre en elle-même, c’est-àdire abstraction faite des inflammations qui entretiennent celle qu’on appelle continue, et l’assertion ci-dessus n’est soutenable qu’en ce sens. Pour plus d’exactitude, il fallait ajouter que la fièvre continue est 1 effet d’une phlegmasie du système sanguin lui-même , et que la fièvre intermittente parait être l’effet d’une simple excitation des nerfs de ce système. ( Note de i S.ff.)

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