‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 10 sur 119 · INFLAMMATION DES DIVEHS GANGLIONS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DES DIVEHS GANGLIONS LYMPHATIQUES

nos disputes. C’est ainsi, par exemple, que les inflammations simples ou ordinaires des organes pourraientfqrtbien n’être autre chose que des inflammations auxquelles l’élément lymphatique de ces organes n aurai tpris aucune part, tandis que les phlegmasies tuberculeuses de ces mêmes organes constitueraient, au contraire, des inflammations dans lesquelles l’élément lymphatique jouerait le principal rôle (je n’ose dire l’unique rôle, car il n’est guère probable que cet élément puisse subir une profonde et longue inflammation sans que les autres éléments anatomiques avec lesquels il est entremêlé y participent en aucune façon). L’illustre auteur des Phlegmasies chroniques a, par une sorte d’inspiration ou d’illumination, plutôt que par un travail approfondi d’observation directe , jeté les premiers fondements de la distinction ou de l’analyse sur laquelle j’insiste en ce moment. Ou je me trompe fort, ou la doctrine que je cherche à faire prévaloir ici , et que j’avais déjà effleurée au commencement de ce chapitre, est une des plus fé- ' qui puissent être proposées à la méditation des vrais. „)?servateurs.

Quant à moi, depuis de longues années, je la roule pour ainsi dire dans mon esprit, et je n’ai cessé de lui faire subir l’épreuve des milliers d’observations particulières à la collection desquelles j’ai déjà consacré vingt-cinq années de ma vie. Eh bien ! plus j’élabore cette doctrine et plus je tourmente, si j’ose le dire, cette conception, plus il me semble quelle est la véritable expression des faits, la fidèle représentation de ce grand phénomène de la luberculisation dont l’explication partage les médecins, et quelle sera, par conséquent, tôt ou tard consacrée par des recherches dont 1 exactitude et la précision ne laisseront rien à désirer.

Quoi qu’il en soit, comme je viens de l’annoncer, nous ne nous occuperons des inflammations des masses ou faisceaux capillaires des organes qu’en traitant des in-

flammations mêmes de ces organes. Il ne nous reste donc à étudier, pour le moment, que les inflammations des dif férents ganglions et des principaux vaisseaux lymphatiques, lesquels se divisent naturellement en deux grandes classes , savoir : ceux qui sont situés à l’extérieur du corps, et ceux qui se rencontrent dans les cavités splanchniques (ceux-ci se subdivisent en lymphatiques proprement dits et en chylifères ou lactés).

ARTICLE PREMIER

DES ADENITES LYMPHATIQUES ET DES LYMPHANGITES EXTEIÎIEUHES.

Cette partie de l’histoire des inflammations de l’appareil lymphatique rentrant dans le domaine spécial de la pathologie externe, je ne m’y arrêterai qu’un instant.

I. Les inflammations des ganglions lymphatiques extérieurs sont produites par des causes ordinaires ou par des causes virulentes, spécifiques , telles que celles d’où proviennent la peste, la syphilis, etc., ou par les deux ordres de causes réunis. Laissons pour le moment de côté les adénites lymphatiques par cause spécifique ou pestilentielle ( bubons vénériens , bubons pestilentiels ) , et ne parlons que des derniers.

Ces dernières sont susceptibles des deux formes que les auteurs ont assignées à l'inflammation en général, savoir : la forme aiguë et la forme chronique. Plus que toute autre phlegmasie peut-être, surtout chez les sujets d’un tempérament lymphatique ou prédisposés à l'affection qu’on appelle scrofuleuse, l’adénite lymphatique extérieure passe facilement de l’étataiguàl’élatchronique. Eh bien! c’est un fait notoire que la production de la matière tuberculeuse au sein des ganglions extérieurs chroniquement enflammés. Cette luberculisatiou est pour ainsi dire le caractère anatomique fondamental de la phlegmasie chronique dont il s agit. Il ne faudra pas oublier cette vérité de fait quand

ADÉNITES ET LYMPHANGITES EXTÉRIEURES, nous nous occuperons de la tuberculisation des ganglions intérieurs.

L inflammation des ganglions lymphatiques extérieurs se développe quelquefois, sans doute, primitivement, comme, par exemple, sous l’influence du froid ou de tout agent irritant appliqué directement sur les ganglions ; néanmoins, il est certain que, le plus ordinairement, cette inflammation, à un degré plus ou moins marqué, survient consécutivement à une autre inflammation située dans le voisinage des ganglions. C’est ainsi que les ganglions du cou s’engorgent sous l’influence d’une angine, que ies ganglions cruraux et inguinaux, les ganglions axillaires s’engorgent sous l’influence d’une inflammation de quelque partie des membres dont les vaisseaux lymphatiques vont se rendre aux ganglions indiqués. Cela bien entendu, on ne sera pas surpris quand on verra plus loin les ganglions intérieurs s’engorger, s’enflammer également sous l'influence d’une inflammation des parties voisines et en relation avec eux par les vaisseaux lymphatiques: c’est ce qui arrive, par exemple, pour les ganglions mésentériques dans l’inflammation des plaques de Peyer et des follicules de Brunner, pour les ganglions bronchiques dans certaines inflammations des bronches, etc.

II. L’inflammation des vaisseaux lymphatiques extérieurs, soit superficiels, soit profonds, se développe dans les mêmes circonstances que celle des ganglions, et cette, dernière n’est bien souvent que l’extension, la diffusion ou la propagation de l’autre.

M. le professeur Blandin a, dans ces derniers temps, signalé les rapports qui existent entre l’inflammation des vaisseaux lymphatiques et la maladie décrite sous le nom d’érysipèle. Nous avons déjà précédemment insisté, après M.Ribes,sur le rôleque joue aussi l'inflammation des veines dans la production de la même maladie. Ces deux espèces de phlegmasie vasculaire peuvent se rencontrer daps cer-

20 PIlLEGMAStËS ËT IMITATIONS EN PAltTICtTLlËfl. tains érysipèles. Je pense cjue l’inflammation des réseaux lymphatiques se rattache particulièrement à ces érysipèles d’un rose pâle et sans gonflement très considérable que l’on voit affecter assez souvent le caractère ambulant, et qui, comme j’en ai observé quelques remarquables exemples , après avoir parcouru successivement les diverses régions de la peau par une sorte de flux, reviennent quelquefois ensuite par un mouvement de reflux aux mêmes régions qu’ils avaient primitivement envahies.

Nous bornerons là nos réflexions sur les lymphangites et les adénites lymphatiques extérieures. En les présentant, notre principal objet a été de nous en servir pour éclairer l’histoire des lymphangites et des adénites lymphatiques intérieures.

ARTICLE II

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