‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 101 sur 119 · L08SITE · texte numérisé non relu

L08SITE

» craindre de pratiquer immédiatement, sur la langue » tuméfiée, deux taillades profondes, étendues de sa base » à sa pointe, et qui pénètrent jusqu’au centre de sa sub- » stance. Il est rare que trois incisions soient nécessaires. « Un écoulement de sang fort abondant succède à l’opé- » ration, et l’organe ne tarde pas à reprendre ses dimen-

» sions premières On peut considérer ce traitement

» comme spécifique dans les cas qui nous occupent; mais, » pour qu’il produise tout son effet, il faut que les incisions » soient pratiquées aussitôt que la tuméfaction de la langue » se manifeste à un degré considérable. Toute temporisa- » tion serait nuisible.... Durant le temps que l’on perdra » en stériles médications, le gonflement peut faire des » progrès et entraîner la mort par suffocation.... Quel- » quefois même l’organe se trouve menacé de gangrène , » et on possède des exemples de cette mortification par- » tielle produite par cette cause chez des sujets exposés à » linfluence du charbon , ou convalescents de fièvres ma- » lignes. Dans ces cas, on doit ajouter aux larges incisions, » qui ne doivent pas être ménagées, l’application du cau- » 1ère actuel sur le point atteint d’un commencement de » gangrène....

« Si , ce qui est rare , un abcès se formait dans le tissu « de la langue, il faudrait, après l’avoir laissé arriver au » point de maturité, pratiquer une incision longitudinale » suffisante pour obtenir l’évacuation du pus (i).

» Lorsque la langue partage avec les autres parties de » la bouche et les glandes salivaires un état inflammatoire

(i) Iri \I. Re'gin rapporte un cas curieux. « .T’ai extrait , dit-il, après » les journe'es de juin, une dent canine qui avait été projetée par un coup » de feu reçu à la bouche, jusqu’au centre de la langue. Le blessé était, » d’ailleurs, guéri de toutes les lésions extérieures, lorsqu il me fit voir » sur les côtés de cet organe un point fistuleux d’ou s écoulait un peu de » suppuration, et qui communiqitait avec le corps étranger, lequel fut » retiré après un léger débridement. La cicatrice était complété quelques n jours après. »

6/lft PIILKGMASIIÏS ET IRRITATIONS EN PARTICULIER.

» plus ou moins grave, comme lors des salivations mer- » curielles, la glossite n exige pas de traitement spécial. »

B. État chronique.

Les auteurs ne se sont point occupés jusqu’ici de la glossite chronique; mais ils ont décrit sous des noms particuliers des lésions organiques dont l’origine remontait évidemment à une inflammation prolongée de la langue. Dans le Cours de pathologie interne de M. le professeur Andral , par exemple , immédiatement après l’étude de la glossite aiguë, on passe à celle du cancer de la langue. Or, l’article consacré à cette dernière maladie commence ainsi : « Cette affection (le cancer de la langue) » succède quelquefois à plusieurs glossites répétées; elle » peut être le résultat d’une blessure, de l 'inflation causée » par la saillie inégale de quelque dent gâtée, etc. »

Comme les autres inflammations chroniques , aux modifications près que la structure de la langue peut y apporter, la glossite de cette espèce amène à sa suite l’épaississement, 1 hypertrophie , l’induration, les ulcérations, et ces dégénérescences variées dont nous avons parlé ailleurs d’une manière générale. J’ai observé un cas de cette glossite chronique avec ulcérations, hypertrophie considérable et induration , chez un de nos confrères de la province.

Au reste, les lésions organiques profondes de la langue, suites de glossite chronique, outre les moyens médicaux dont nous avons déjà suffisamment parlé ailleurs, réclament des opérations chirurgicales qu il n’est pas de notre sujet ni de notre compétence de faire connaître ici.

III. Phlcginasies des annexes de la langue et de la membrane muqueuse biicealc.

Les gencives, les dents, les diverses glandes salivaires

GLOSSITK.

et leurs conduits excréteurs, sont assez fréquemment atteints, soit primitivement, soit secondairement, d’inflammation aiguë ou chronique , et sous celte dernière forme l’affection devient le point de départ de nombreuses lésions dites organiques , variables selon la structure et l’organisation de chacune de ces parties. Mais les phlegmasies dont il s’agit, et leurs suites, sont du ressort de la chirurgie, et je dois laisser à d’autres le soin d’en tracer l’histoire. Je me contenterai de rappeler, en ce qui concerne les glandes salivaires, que leur sécrétion est augmentée dans la plupart des phlegmasies un peu intenses de la membrane muqueuse buccale, comme la sécrétion des larmes est augmentée dans certaines oplithalmies , etc., etc. J insiste sur cette circonstance, parce que pour les glandes extérieures nous constatons directement, de visu, cette réaction de l’inflammation des membranes muqueuses sur les glandes dont les conduits excréteurs viennent s’ouvrir à la surface de ces membranes. Or, il ne faudra pas oublier ce fait, j’ai presque dit cette loi, quand plus tard nous aurons à étudier les inflammations des membranes muqueuses intérieures qui entretiennent avec des organes glanduleux les mêmes rapports qui unissent la membrane muqueuse buccale aux glandes salivaires, la membrane muqueuse conjonctive à la glande lacrymale, etc.

Avant de terminer, j’ajouterai que l’inflammation des parotides connue sous le nom de parotides, c t la suppuration du tissu cellulaire qui les entoure, sont au nombre des accompagnements de certaines maladies fébriles de mauvais caractère , comme on le dit vulgairement, tellesque la fièvre entéro-mésentérique, par exemple. Ces parotides ou mieux parolidites paraissent avoir été plus fréquentes autrefois qu’elles ne le sont aujourd hui dans le cours de celte dernière maladie. Dans plusieurs centaines de cas de ce genre que j’ai pu observer depuis une vingtaine d’années , c’est à peine si je me rappelle avoir trouvé six ou

6/l6 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER.

sept exemples de cet accident. Il est vrai que la méthode par laquelle nous combattons depuis treize ans la fièvre dite typhoïde a prévenu, sans doute, dans un bon nombre de cas, le développement des parotides (parotidiles).

ARTICLE III

Page 1