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II. De la méningite spinale

§ Ier. Caractères anatomiques.

ils sont essentiellement les mêmes que ceux de la méningite cérébrale : rougeur, injection, épanchement séreux, séro-albumineux, quelquefois purulent, etc., à l’état aigu; épaississement des méninges, productions celluleuses, cellulo-fibreuses, granulations, etc., à l’état chronique.

§ Symptômes, signes et diagnostic.

Pour la méningite spinale comme pour la méningite cé»

40 PHLEGMASIES KT IRRITATIONS F, N PARTICULIER, rébrale, les lésions fonctionnelles locales et la réaction exercée par le foyer inflammatoire sont les seules données sur lesquelles le diagnostic puisse être fondé. Les signes physiques proprement dits nous font absolument défaut

Dans l’exposition qui va suivre, je m’en tiendrai aux points fondamentaux. A l’article Myélite , on trouvera le complément du tableau que je vais rapidement esquisser.

I. Douleur plus ou moins vive, quelquefois très violente, dans la région delà colonne vertébrale; mouvements spasmodiques, convulsions ; rigidité, contracture dans les parties qui reçoivent des nerfs spinaux; sensibilité exagérée, quelquefois même véritable état douloureux avec engourdissement dans les parties ci-dessus indiquées (i). Dans le plus haut degré de la maladie, tout le corps est. dans un état de rigidité tétanique, et la sensibilité générale est si exaltée, si exquise, que le moindre attouchement produit des tressaillements et des secousses comme électriques.

Quand l’inflammation affecte fortement les méninges de la partie supérieure de la moelle, le trismus ou la contracture convulsive des muscles élévateurs de la mâchoire inférieure, une gêne, quelquefois même une impossibilité presque absolue des mouvements respirateurs pari effet du spasme, de l’état semi-convulsif des muscles (pii président à ces mouvements, en constituent les symptômes les plus saillanls; et le dernier, s’il se prolonge, amène une sorte d’asphyxie. Les fonctions des organes intérieurs qui reçoivent

(i) Il va sans dire que les symptômes dont nous parlons ici tiennent à ce que le (issu même de la moelle participe à l'irritation dont les enveloppes de cet organe sont le siège. Nous avons déjà signalé de pareils symptômes en traitant de la méningite cérébrale. Est-ce à dire qu'ils tiennent indifféremment à l’une ou à l'autre de ces phlegtnasics? Non, sans doute. Ils n’appartiennent pas à la méningite cérébrale pure et simple, mais bien à la méningite spinale. Si donc on les observe à un certain degré dans la méningite cérébrale, c’est que celle-ci coïncide alors avec une méningite spinale plus nu moins prononcée.

DK 1. A MÉNINGITE SPINALE.

îles nerfs rachidiens, le rectum et lu vessie entre autres, sont également plus ou moins empêchées : de là une constipation plus ou moins opiniâtre, la rétention des urines, etc.

II. Une réaction fébrile plus ou moins violente accompagne les symptômes locaux qui viennent d'être signalés.

1 1 [. A la réunion des symptômes locaux et généraux que nous venons d’exposer, on reconnaîtra facilement la méningite spinale. Il ne faut pas la confondre avec ces simples douleurs dites rhumatismales qui régnent souvent le long de la colonne vertébrale; celles-ci- ne sont point accompagnées de fièvre et ne réagissent pas d’ailleurs, comme la méningite spinale, sur toutes les parties qui reçoivent des nerfs sensitifs et moteurs de la moelle spinale.

Le tétanos fébrile nous paraît devoir être rapporté à une véritable méningite spinale; quant au tétanos apyrétique, il peut provenir, ainsi que nous le verrons plus tard, d’une simple irritation, d’une sorte de névrose active de la moelle elle-méme>

§ III. Causes.

Les coups, les violences extérieures, les réactions traumatiques, sont, avec le brusque refroidissement de tout le corps et de la région de la colonne rachidienne plus particulièrement, les causes les plus ordinaires de la méningite spinale. Si l’on réfléchit que cette dernière cause (le refroidissement) est la cause spécifique des affections dites rhumatismales, on ne sera pas surpris de ce que la méningite spinale est une des coïncidences , un des accompagnements, heureusement assez rares, des affections indiquées, sévissant avec violence (fièvre rhumatismale).

Certaines causes de la méningite spinale, soit simple, soit compliquée de la méningite cérébrale, peuvent-elles atteindre à la fois un grand nombre d’individus, de telle sorte que la maladie règne sous la forme d’épidémie? Ou

Z, 2 PHLEGMASI ES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, a, en effet, dans ces derniers temps, publié des relations d'épidémie de cette espèce, observée dans quelques uns de nos régiments et principalement ceux de cavalerie. C’est une question qui réclame de nouvelles recherches.

§ IV. Traitement.

Il est au fond le même que celui de la méningite cérébrale. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce pointa l’article Myélite.

ARTICLE II

de l’inflammation des centres nerveux encéphaliques et rachidiens.

C’est une des nombreuses pblegmasies dont la description appartient presque tout entière aux modernes. Les recherches de Morgagni, de MM. Dan delà Vauterie ( i 809), Ducrot (1812), Bleynie et de quelques autres , contiennent, sans doute, des matériaux utiles sur le sujet qui nous occupe; mais il est juste de dire qu’à M. le professeur Lallemand appartient 1 honneur d’avoir, le premier, dans ses belles Lettres anatomico-patholoqiques sur l’encéphale , tracé une véritable monographie de l’encéphalite. Nous avons nousmême abondamment puisé dans cet ouvrage pour la composition de notre Traité de l encéphalite. M. le professeur Rostan, Abercrombie , et tout récemment M. le docteur Duraud-Fardel (1), ont publié des travaux importants sur la même maladie.

M. le docteur Ollivier (d’Angers) est le premier médecin français qui ait publié une histoire complète de la myélite.

Le cerveau elle cervelet constituant deux centres nerveuxdistincts, je consacrerai un article particulier à l’inflammation de chacun d’eux. Je désignerai la première sous le nom de cérébrite, et la seconde sous celui de cérébellite. Toutefois, comme, sous divers rapports (sous le rapport des caractères anatomiques, par exemple), ces deux phlegmasies

(*) Traité du ramollissement du cerveau. Paris, 1843, in-8.

CÉRÉBRITE.

ne diffèrent point l’une de l’autre, pour éviter de fastidieuses répétitions, j’aurai soin , après avoir décrit la première avec détail, de n’insister que sur les traits distinctifs de la seconde, et de renvoyer à la description de la cérébrite pour ce que la cérébellite peut avoir de commun avec elle.

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