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II. Symptômes sympathiques ou de réaction

iu Influence de la célébrité partielle sur la circulation.

CÉKÉHIUTE.

Lorsqu’une portion assez considérable du cerveau est le siège d’une inflammation aiguë, ii en résulte ordinairement un mouvement fébrile plus ou moins marqué. Que si, au contraire, l’inflammation est peu étendue et que sa marche ne soit pas très vive, la réaction fébrile est alors nulle ou presque nulle. D’ailleurs, dans certains cas où, par suite du siège qu’occupe la maladie, les fonctions locomotrices sont plus ou moins profondément lésées, on observe aussi des troubles dans la circulation. C’est ainsi qu’il est assez commun de voir le pouls se ralentir lorsque les symptômes de collapsus se manifestent, que la respiration est fort gênée et stertoreuse; c’est ainsi que ce même pouls s’accélère, au contraire, que le visage s’injecte et rougit, que la peau s’échauffe lorsque surviennent des accès d’un spasme général, des convulsions épileptiformes, par exemple, il n’est pas nécessaire d’insister sur le mécanisme de ce genre de réaction.

Lorsque la célébrité est assez étendue, quelle s’est terminée par suppuration, etqu’elle se prolonge indéfiniment, elle peut donner lieu à la fièvre hectique. Mais, en general, cette fièvre est bien moins prononcée que dans la plupart des au très phlegmasies ch ron\(\aes suppuratives des viscères.

2° Influence de la cérébrite partielle sur la respiration.

Les mouvements respiratoires ne sont pas notablement troublés toutes les fois qu’une portion des hémisphères seulement est le siège d’une phlegmasie ; mais si celle-ci se généralise, qu’elle s’étende aux enveloppes cérébrales, à la moelle spinale, etc., alors les mouvements de la poitrine peuvent présenter divers désordres; ils se ralentissent, s’affaiblissent dans la période de collapsus et de paralysie ; ils s’accélèrent, deviennent irréguliers et comme convulsifs, dans lu période d 'irritation ou spasmodique, etc.

3° Influence de la cércbrite partielle sur la fonctions de f appareil digestif.

Ces fonctions ne sont sensiblement lésées qu autant que il. 5

66 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER. 1’inflatnmation est assez profonde ou assez étendue pour exciter un mouvement fébrile assez considérable. Les vomissements, si fréquents dans certaines espèces de méningite, surtout chez les enfants, n’accompagnent point, le plus ordinairement, la cérébrite partielle pure et simple. Lorsque les symptômes d’un profond collapsus se manifestent, les fonctions du système digestif participent ellesmêmes à cet état: aussi est-ce alors que la constipation, dans certains cas, des excrétions alvines involontaires, dans d’autres , etc., ont été observées. On sait aussi combien il est difficile de provoquer le vomissement dans les cas d’un état comateux très profond.

4 "Influence de la cérébrite partielle sur les fonctions de f appareil urinaire.

Ce qui vient d’étre dit de l’influence de la cérébrite partielle sur les fonctions de l’appareil digestif est applicable ici. Ainsi, par exemple, dans les cas de collapsus comateux dont nousparlions tout-à-fheure,laperceptiondubesoin de rendre les urines est suspendue, comme celle du besoin de rendre les matières fécales ou de prendre des aliments, et les mouvements volontaires qui concourent à 1 excrétion des urines cessent également de s’opérer. Cette excrétion alors n’a lieu que par regorgement ; et si l’état comateux persiste longtemps, il est d’une haute importance de recourir au cathétérisme, si l’on ne veut pas voir éclater les graves accidents qu’amène souvent à sa suite la rétention d’urine.

Ü a été dit plus haut que les symptômes locaux ne pouvaient pas nous faire reconnaître la forme spéciale de chacune des productions accidentelles dont la cérébrite chronique pouvait être l’origine. Il en est de même des phénomènes de réaction que peuvent déterminer ces productions. Si elles se ramollissent, si le mouvement de résorption s’empare d’une portion de la matière liquéfiée, il en résultera une altération générale de l’hématose et de la nutrition; mais jusqu’ici, je le répète, nos connais-

ÇÈRÉBR1TE.

sances ne sont pas encore assez avancées sur ce point pour que nons puissions déterminer, d après 1 altération des fonctions indiquées, quelle est précisément l’espèce de production accidentelle développée dans le cerveau.

^ Uï. Des causes de la cérébrite.

I. Les causes déterminantes de la cérébrite sontassez variées. 11 faut placer au premier rang les agents vulnérants appliqués sur le crâne ; les vives émotions morales, les travaux immodérés de l’esprit; l’abus des boissons alcooliques, d’un régime excitant en général ; la suppression , plus souvent 1 extension de certaines phlegmasies chroniques extérieures voisines de l’encéphale, telles que les érysipèles de la face, les éruptions du cuir chevelu chez les enfants, les phlegmasies chroniques de l’oreille et des fosses nasales, surtout celles qui sont accompagnées de carie des os du crâne ; les irritations de nerfs en général, et en particulier celles des nerfs dentaires et des gencives à l’époque de la dentition; les épanchements apoplectiques, les productions dites accidentelles , qui, après avoir dû elles-mêmes leur origineà une phlegraasie lente, chronique, deviennent des corps étrangers plus ou moins irritants.

Sur quarante-cinq malades dont j’ai rapporté l’observation dans mon Traité cle (encéphalite, dix avaient eu le crâne soumis â l’action de causes vulnérantes ; six avaient éprouvé des affections morales vives; deux avaient offert les symptômes d’une irritation inflammatoire des nerfs extérieurs (chez l’un une ligature avait été appliquée autour du plexus brachial; chez l’autre, l’irritation occupait les nerfs dentaires , par suite d’une dentition laborieuse); deux eurent un érysipèle de là face, lequel s’étendit au cuir chevelu, et finit par envahir les organes encéphaliques; trois avaient abusé des liqueurs alcooliques; deux avaient éprouvé une suppression de pldegmasie chronique extérieure; un était affecté d’otite; trois avaient des épanche-

ments apoplectiques (chez l’un de ces derniers, l'inflammation cérébrale survint pendant l'administration de la noix vomique contre la paralysie produite par l’épanchement apoplectique). Chez le reste des malades, nous ne pûmes obtenir aucun renseignement sur les causes déterminantes de leur cérébrite.

En analysant les observations contenues dans l’ouvrage de M. Lallemand, on voit que les malades furent soumis à des influences semblables à celles qui viennent d’être indiquées. M. Lallemand s’est appliqué surtout à bien signaler une des causes les plus fréquentes des inflammations chroniques partielles du cerveau, savoir, la carie des os du crâne et celle du rocher en particulier. Cette dernière cause lui a paru si commune, si puissante et si peu connue, qu’il a cru devoir l’étudier d’une manière spéciale, et consacrer une partie de sa quatrième lettre à ce sujet important et éminemment pratique.

IL Je ne dirai rien ici des causes prédisposantes de la cérébrite. Les unes ne sont autres que les causes déterminantes elles-mêmes , agissant lentement et pendant longtemps; les autres ne diffèrent pas de celles qui sont communes à toute inflammation en général. Quant à la prédisposition individuelle , elle n’est pas suffisamment connue.

§ IV. De la marche, de la durée, du pronostic et des complications de la cérébrite partielle.

I. Comme toutes les autres phlegmasies, la cérébrite se développe tantôt brusquement et tantôt d’une manière lente, sourde, graduée; de là la division de la cérébrite en ciigu'é et en chronique Cette dernière n’est pas toujours primitive, mais souvent, au contraire, consécutive à la cérébrite aiguë. Lorsque les causes agissent d’une manière impétueuse et violente, que le sujet est jeune, sanguin, irritable, la cérébrite affecte ordinairement une marche aiguë; que si, au contraire, les causes s’exercent avec lenteur et ne possèdent que peu d’énergie, et qu’en même

CÉRÉBRITE.

temps le sujet soit d’un âge avancé, peu sanguin, apathique et froid, la cérébrite se présentera le plus souvent sous la forme chronique.

II. Quant à la durée de chacun de ces deux modes de la cérébrite, il est impossible de la préciser d’une manière mathématique et qui soit applicable à tous les cas. Une foule de circonstances peuvent la faire varier : telles sont, entre autres , le siège et l’étendue de l’inflammation , l’àge , la force, le tempérament des malades, les complications, l’espèce de traitement, etc.

Sur 4 i malades qui ont succombé à la cérébrite aiguë, et dont M. Lallemand nous a tracé l’histoire, a?, sont morts dans le premier septénaire, 12 dans le second, et 7 dans le troisième (1 ).

Un faisant abstraction de la marche aiguë ou chronique que la cérébrite a primitivement affectée chez les 4^ ma- Jades dont j’ai consigné les observations dans le Traité de t encéphalite, et qui ont succombé, voici à quelles époques la mort est survenue : chez g, dans le premier septénaire ; chez 6, pendant le second; chez 6 encore, pendant le troisième; chez 2, pendant le quatrième; chez 3, pendant le cinquième; chez 18, après deux ou plusieurs mois, ou même après une ou plusieurs années.

Les relevés de ce genre ne nous fournissent que des données très imparfaites sur la durée de la cérébrite pure et simple , attendu que, dans la plupart des cas qu’ils embrassent, la cérébrite était compliquée de maladies variables qui ont exercé une très grande influence sur la terminaison de cette phlegmasie.

III. Une inflammation circonscrite des hémisphères cérébraux n’est pas par elle-même très grave, en ce sens qu’elle ne compromet pas immédiatement, et d’une manière prochaine, les jours des malades. Mais lorsque l’irritation se propage à tout le système cérébro-spinal, qu'il s’y joint un épanchement puriforme, séreux ou sanguin,

(1) Voyez la deuxième lettre de cet auteur, t. I, p. 217.

70 PIILEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, ei partant une compression plus ou moins forte et étendue, la vie des malades est sérieusement menacée. D’un autre côté, pour ne pas exposer à un péril imminent l’existence des malades, une phlegmasie circonscrite des hémisphères cérébraux n’en constitue pas moins une maladie très fâcheuse, si l’on considère qu elle tend à désorganiser la portion du cerveau qui en est le siège, et par conséquent à déterminer une paralysie plus ou moins étendue, soit des mouvements , soit de la parole , soit de l’intelligence elle-même, surtout si les deux hémisphères sont à la fois altérés dans des régions correspondantes.

IV. Il n’est, pour ainsi dire, aucune maladie dont la cérébrite partielle ne puisse être compliquée. Il nous suffit de signaler ce fait , dans les détails duquel ce n’est pas ici le lieu de descendre. Ajoutons seulement que ces complications, quand elles existent, méritent d’attirer toute l’attention du médecin.

§ V. Traitement de la cérébrite.

i° Traitement île la période d’irritation. Les saignées générales et locales , suffisamment abondantes et convenablement répétées à des intervalles assez rapprochés ( V oy. nos Généralités sur le traitement de [inflammation ) , sont incontestablement le moyen le plus efficace par lequel on puisse combattre la période dont nous nous occupons. Après les émissions sanguines, le moyen le plus héroïque que l’art possède contre la cérébrite consiste dans les applications réfrigérantes sur la tête. Tantôt c’est la glace pilée qu’on emploie (on en remplit à demi une vessie dont on recouvre le cuir chevelu, avec la précaution de renouveler la glace aussitôt que la chaleur est parvenue à fondre celle qu’on a d’abord appliquée) ; tantôt on pratique sur lu tête des affusions avec l’eau froide ( il faut éviter les affusions froides sur toute la périphérie du coi’ps , attendu que le refroidissement total produit par ces dernières favorise les congestions viscé -

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raies en général, et celle des poumons et du cerveau en particulier ).

Dans un assez bon nombre de cas, cet emploi combiné et dirigé avec une sage hardiesse des saignées et de la glace dissipe promptement, et comme par enchantement , les symptômes de la plus vive irritation du cerveau.

Il n’est pas besoin de dire que la diète absolue, l’usage des boissons rafraîchissantes, acidulés, délayantes, émollientes, suivant les cas, doivent seconder l’action des antiphlogistiques dont il vient d’être question.

Les révulsifs, tant extérieurs qu’intérieurs, sont aussi quelquefois employés avec succès, soit en même temps que les émissions sanguines et les applications froides, soit plutôt consécutivement à ces dernières, quand elles n’ont pas complètement triomphé de la phlegmasie. Ces révulsifs sont principalement, comme on sait, à l’extérieur les sinapismes, les vésicatoires, les sétons, les moxas, les ventouses sèches, les cautères, et à l’intérieur les simples laxatifs ou les purgatifs énergiques.

De tous les révulsifs intérieurs, celui qui jusqu’ici avait joui de la plus grande célébrité, grâce à l’usage qu’en faisait Desault, est l’émétique en lavage.

Quant à l’administration de ce médicament à titre de vomitif, M. Ducrot, et plus récemment M. Lallemand, se sont sévèrement prononcés contre elle. Qe second de ces auteurs a eu soin de rassembler trop de faits attestant les graves inconvénients de cette administration pour qu’il soit permis de s’en constituer le défenseur. Le calomel peut être substitué sans inconvénient à l’émétique. De tels moyens n’ont qu’une action thérapeutique des plus précaires, s’ils ne sont pas associés à de meilleurs.

Il est bien entendu que le médecin ne négligera rien pour combattre les causes sous l’influence desquelles la phlegmasie cérébrale aurait pris naissance. C’est ainsi, par exemple, que la cérébrite traumatique guérit souvent

72 PHLEG'MASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER . comme d’elle-même aussitôt qu’on est parvenu à enlever la cause qui l’avait déterminée et qui l’entretenait par sa présence. Cette cause est tantôt une esquille osseuse, tantôt un fragment d’instrument piquant ou tranchant, tantôt une balle, etc. , qui auront pénétré dans la profondeur de la substance cérébrale. Dans des cas de ce genre, l’opération du trépan peut être d’une indispensable nécessité.

2° Traitement de la période de suppuration. Lorsque, malgré l’application de la méthode antiphlogistique, ou que, faute d’y avoir eu recours, la cérébrite s’est terminée par suppuration, il faut, tant qu’il reste des signes certains d’inflammation , persister avec une sage réserve dans cette méthode , et laisser à la nature le soin de faire disparaître, par le moyen de la résorption, le pus infiltré dans la substance cérébrale.

Existe-t-il des abcès dans l’épaisseur du cerveau , soit récents, soit anciens et enkystés (existence qu’il n’est pas, au reste, très facile de connaître) : il pourrait devenir nécessaire de donner issue à la matière purulente, dont la présence est à la fois une cause d’irritation nouvelle et de compression. Malheureusement, dans l’état actuel de la science , si les parois du crâne sont intactes , il est presque impossible de déterminer d’une manière précise le siège de la collection purulente. En supposant que l’on pût y parvenir, l’opération à laquelle il faudrait recourir pour frayer au pus un passage au-dehors., le trépan enfin, est une opération si grave, qu’on ne se résoudrait à la pratiquer que dans les cas extrêmes. On devrait se décider d’autant moins précipitamment à cette opération dans les cas ordinaires, que quelques faits portent à croire que le pus des abcès cérébraux peut être résorbé, et que, dans les cas où cette heureuse terminaison n’a pas lieu, il arrive assez fréquemment que les abcès du cerveau n’entraînent pendant longtemps aucun accident grave.

CÉRÉURITF..

Toutefois, dans les eus où une perforation acciilentelle du crâne permet d’atteindre immédiatement une collection purulente formée dans l’épaisseur de la substance cérébrale, nul doute qu’on ne doive l’ouvrir sans hésiter. En effet, l’expérience a suffisamment prouvé que cette opération est suivie, en général, de résultats favorables. On trouvera , par exemple, deux observations à l’appui de ce précepte dans le mémoire de Quesnay sur les plaies du cerveau; mémoire où, pour le dire en passant, l’auteur a démontré par des faits nombreux une vérité que des expériences récentes sur les animaux ont amplement confirmée, savoir, que les plaies du cerveau ne causent par elles-mêmes aucune douleur.

3° Traitement des diverses productions accidentelles qui ont pu se développer dans le cerveau a la suite d'une inflammation chronique de cet organe. Quelque diverse que soit la composition anatomique de ces productions, qui se manifestent ordinairement sous la forme de tumeurs, leur traitement local, essentiellement chirurgical, ne présente cju’une seule et même indication. Ces tumeurs sont des corps étrangers dont il conviendrait de tenter l’extirpation, si leur siège précis nous était connu, et que d’ailleurs l’instrument du chirurgien pût toujours, pour arriver jusqu’à eux , impunément franchir l’épaisse barrière que lui opposent les parois osseuses du crâne et la triple enveloppe membraneuse du cerveau.

Les moyens intérieurs qu’il convient de mettre en pratique dans les cas que nous étudions sont purement palliatifs. Les narcotiques seront administrés si les malades éprouvent des douleurs plus ou moins violentes, comme il arrive quelquefois, et plus spécialement, dit-on, quand les tumeurs appartiennent à celles que l’on connaît sous le nom de cancer.

Il ne faut pas négliger de remédier à divers accidents (pie nous avons vus se rattachera la lésion cérébrale. Ainsi, par exemple, il faudra ne pas oublier de pratiquer le ca-

thétérisme lorsque la rétention d’urine a lieu. La rétention des matières fécales réclame des lavements laxatifs , etc.

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