‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 23 sur 119 · II. Demêmeque 1 inflammation des nerfs et du névrilème · texte numérisé non relu

II. Demêmeque 1 inflammation des nerfs et du névrilème

(i) A. Vidal, Traité de pathologie externe. Paris, i 83j.) , t. I, p. /jKp.

9/| PHLEGMAS1ES ET IKUITATI0N8 EN PARTICULIER, se maniCeste plus ou moins fréquemment dans les parties extérieures qui sont le siège d’une violente inflammation, soit suppurative, soit uleérative, etc., de même aussi cette phlegrnasie survient plus ou moins fréquemment dans les parties intérieures, dans les organes profonds. La névrite et la névrilémite externes , chirurgicales , comme la névrite et la névrilémite interg.es, médicales , lorsqu’elles affectent l’espèce de nerfs connus sous je nom de nerfs du sentiment ou de la sensibilité générale, sont, ainsi que nous l’avons vu, séméiologiquement caractérisées par une douleur vive, quelquefois atroce; or, comme toutes les inflammations intenses des parties dans lesquelles existent des nerfs de cette espèce donnent lieu au genre de douleur dont nous venons de parler, et que celte douleur dépend évidemment alors, ou d’une simple irritation, ou, ce qui est plus rare, d’une véritable phlegrnasie des nerfs indiqués, il s’ensuit que cette irritation, cette phlegrnasie, méritent réellement, la première surtout, d’être rangées au nombre des affections les plus communes, bien qu’elles aient à peine été, jusqu’ici, mentionnées par les auteurs. Ce que nous disons de la névrite ou de la névrilémite en quelque sorte symptomatiques (1) des grandes phlegmasies des parties qui reçoivent des nerfs du sentiment ou de la sensibilité générale, est très vraisemblablement applicable à l’inflammation ou à la simple irritation des autres espèces de nerfs; et l’époque n’est sans doute pas éloignée où l’on reconnaîtra que plusieurs des symptômes vitaux ou des lésions fonctionnelles attribués aux inflammations des organes qui reçoivent ces nerfs, ne sont autre chose que des effets de l’inflammation ou de la simple irritation des nerfs indiqués.

(i) Cette expression est ici d'autant plus convenable, que ia douleur , effet de cette phlegrnasie ou de cette irritation , est elle-même, ou lésait, considérée par les auteurs comme un des symptômes des inflammations en général. (Nous avons montré ailleurs ce qu’il y avait d’erroné dans cetto généralisation.)

DE LA NÉVRITE ET DE LA NÉVRILÉMITE EN GÉNÉRAL. 9 r>

La névrite ou la névrilémite symptomatique se dissipe,' en général, en même temps que l’inflammation principale, dont elle constitue une sorte d’accompagnement; cependant, il est quelques exceptions à cette règle, et de là certains phénomènes ou désordres nerveux qui, parfois, survivent en quelque sorte à cette inflammation principale. Je n’en citerai pour le moment qu’un exemple. Un sait que la phlegmasie vésiculaire connue sous le nom de zona est ordinairement accompagnée d’une vive douleur. Eh bien, il est un certain nombre de cas dans lesquels, après la guérison complète du zona lui- même, lu douleur dont nous venons de parler persiste dans la région qu’il occupait. N’est-il pas clair que, dans ces cas, l’affection névralgique, soit sous forme de simple irritation, soit sous forme d’inflammation réelle des nerfs sensitifs de la partie affectée de zona, ne s’est pas dissipée en même temps que ce dernier, et que, de symptomatique, elle est , pour ainsi dire, devenue essentielle?

Mais c’en est assez sur ce point de létiologie de la névrite et de la névrilémite, pour l’élucidation complète duquel la science doit particulièrement beaucoup attendre des recherches des chirurgiens qui l’étudieront avec toute l’exactitude et toute la persévérance convenables.

III. Il résulte donc de ce qui précède que, sous l’influence même des diverses causes capables de produire les inflammations externes ou* internes, ou du moins par l’effet de la tendance qu’ont ces inflammations à se propager aux tissus voisins de ceux qu elles affectaient primitivement , une inflammation des nerfs et du névrilcine peut se développer. Mais , soit en vertu de certaines prédispositions, soit en raison de circonstances indéterminées, cette pldegmasie peut aussi se montrer dégagée de toute complication et en tant que maladie primitive ou essentielle. Dans ces cas mêmes, les causes qui lui donnent naissance ne diffèrent point de celles que nous avons assignées aux pbleg-

PIILKGMASIES ET I MUTATIONS EN l'AIlTICULlEIt.

masies en général , et au premier rang de ces causes nous voyons figurer les refroidissements, surtout quand ils surviennent brusquement, qu’ils sont considérables, et qu’ils succèdent à une forte chaleur. Aussi est-il très commun de voir régner les inflammations primitives des nerfs et du névrilème sous l’influence de la même constitution attno sphérique qui engendre les affections rhumatismales proprement dites. J’ai coutume de désigner sous le nom de névrites ou de névralgies rhumatismales les névrites ou les simples névralgies qui se déclarent ainsi par l’effet des grandes alternatives de chaud ej; de froid.

tsj IV. Marche et durée.

I. ÎNous ne possédons pas encore toutes les données necessaires à la solution du double problème qui est l’objet de ce paragraphe. Quant à la marche de la névrite et de la névrilémite, nous dirons que, comme celle de toute inflammation bien caractérisée, elle est continue. Cette forme continue de la double phlegmasie qui nous occupe est un fait d’une haute importance, et qui constitue peut-être le seul caractère clinique au moyen duquel on puisse distinguer cette phlegmasie de ces irritations intermittentes sur lesquelles nous avons déjà précédemment présenté quelques considérations , et sur lesquelles nous reviendrons plus amplement dans une autre partie de cet ouvrage.

II. La du réedes névrites ondes névrilémites symptomatiques ou concomitantes d’une autre phlegmasie est subordonnée à la durée de celle-ci. Or, puisque, comme nous l’avons démontré, la durée d’une phlegmasie quelconque, traitée en temps opportun, par la méthode que nous avons fait connaître-, n’est, ‘en général, que de quelques jours; on en peut dire autant de la durée de la névrite ou de la névrilémite concomitante.

III. Bien traitées, les névrites et les névrilémites uritnitires, indépendantes de toute autre inflammation, cèdent

DE LA NÉVRITE ET DE LA NÉVRILÉMITE EN GÉNÉRAL. (J7 également avec promptitude ; mais il est rare qu’elles soient traitées avec cette juste mesure d'énergie, cette suffisante activité dont nous allons parler tout-à-l’heure, et alors on les voit passer à l’état chronique, c’est-à-dire persister pendant un temps indéfini ou indéterminé, et cela au milieu des plus cruelles souffrances, quand elles ont pour siège les nerfs du sentiment ou de la sensibilité générale.

§ V. Traitement.

I. Comme je le disais un peu plus haut de la durée, le traitement de la névrite et de la névrilémite symptomatique de quelque grave phlegmasie des parties où se trouvent les nerfs affectés, est subordonné à celui de cette phlegmasie, ou plutôt s’absorbe en quelque sorte entièrementdans ce dernier.

II. La névrite ou la névrilémite primitive, pureet simple, quand elle est apyrétique , ne réclame point les saignées générales. Laissant de côté tout ce qui concerne le traitement de ces névrites des nerfs ganglionnaires, sur lesquelles nous possédons si peu de matériaux , et nous occupant seulement des névrites extérieures , nous dirons qu elles cèdent dans l’espace de quelquesjours lorsque, prises vers le début, elles sont combattues par des émissions sanguines locales répétées suffisamment età des intervalles assez, rapprochés, suiviesau besoin de l’application de vésicatoires d’une grandeur convenable sur le trajet des nerfs irrités, et del usage des médicaments sédatifs, tels que les préparations opiacées, les extraitsdes solanées vireuses, les bains, le repos, etc. Dans tous les cas oii la constitution des sujets ne permet pas d’insister suffisamment sur les émissions sanguineslocales,on doitplus particulièrement encore recourir aux vésicatoires, et l’on peut se servir de la surface de l'un de ces exutoires pour l’administration de certaines substances sédatives , des sels de morphine entre autres ( méthode endermic/ne ).

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