‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 26 sur 119 · NÉVRITES DES NERFS GANGLIONNAIRES · texte numérisé non relu

NÉVRITES DES NERFS GANGLIONNAIRES

tion , que nous avons déjà soulevée ailleurs (voyez particulièrement l’article relatif à l'inflammation des centres nerveux de la vie dite organique), n’est pas, dans l’état actuel de la science, susceptible d’une solution directe, c’est-à-dire fondée sur les données rigoureuses de l’observation clinique.

En attendant que ces données aient été recueillies, nous nous bornerons à faire remarquer que, jusqu’à ces derniers temps, on avait formé une classe de fièvres essentielles avec des groupesdesymptômesqui, d’après les recherches nombreuses et approfondies dont ils ont été l’objet depuis une trentaine d’années, ne constituent autre chose que les formes diverses d’une seule et même maladie, dont l’élément fondamental, essentiel, caractéristique, consiste en une inflammation de l’appareil gastro-intestinal, et spécialement des plaques de Peyer et des i glandes de Brunnev. Or, n’est-ce pas une circonstance bien digne de la plus sérieuse attention , que la présence des centres principaux du système du grand sympathique dans le foyer même decette grande inflammation, si longtemps ignorée, décrite sous le nom de fièvre continue grave , et offrant d’ailleurs, selon ses périodes et selon ses principales complications, des formes tellement tranchées, quelle avait été divisée en plusieurs espèces de fièvres distinctes? Certes, il est bien probable que, placés ainsi dans le foyer d’une large et violente phlegmasie , les ganglions et les plexus abdominaux du grand sympathique participent plus ou moins au travail plilegmasique, et qu’ils concourent par conséquent plus ou moins puissamment à la production de ces troubles généraux qui signalent l’existence des maladies dont il vient d être question. Mais , dans ce cas, leur affection n’est en quelque sorte que symptomatique, secondaire, et il est bien difficile de préciser le rôlespécial qu’elle joue dans l’ensemble total de la maladie complexe que I on a sous les yeux.

Pour savoir à quoi s’en tenir sur ce point important, il

108 phlegmasies et irritations en particulier. faudrait donc, je le répète, avoir exactement recueilli un nombre suffisant d’observations de cette phlegmasie isolée de toute complication grave, et c’est malheureusement ce qui n’a pas encore été fait, et ce qui, je le crains bien , ne se fera pas de longtemps encore.

Il ne nous reste rien à dire sur l’inflammation de chacun des plexus et des nerfs ganglionnaires en particulier. N os connaissances directes à ce sujet sont absolument nulles. Il est probable que divers phénomènes morbides des organes, à l’action desquels préside le grand sympathique, proviennent de cette affection. Mais une science d’observation ne se fonde pas sur de simples probabilités, et nous faisons des vœux pour que la nouvelle lacune signalée ici ne tarde pas trop longtemps à être comblée.

Les progrès futurs de nos connaissances relativement aux diverses maladies des plexus et des ganglions du grand sympathique reflueront en quelque sorte sur la physiologie de ces parties. Assurément, si la pathologie du système nerveux ganglionnaire était plus avancée, sa physiologie laisserait elle-même moins à désirer.

En terminant ce que j’avais à dire sur les phlegmasies de ce grand appareil, qui, sous le nom de système nerveux, donne le mouvement à tous les rouages de la machine humaine, et joue en quelque sorte le rôle d’une pile vivante, je prie de nouveau les lecteurs de me pardonner les réflexions purement conjecturales, qu’à défaut défaits et d’observations exactement recueillis, je me suis quelquefois permises. J’ai voulu par là stimuler en quelque sorte l’esprit de ceux pour lesquels ce livre est plus spécialement écrit, et leur faire au moins entrevoir lés richesses qu’ils trouveront en fécondant et en cultivant bien de vastes champs d’observation non encore défrichés.

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