II. Inflammations huileuses
ARTICLE VII
PEMPHIGUS (i).
§ Ier. Idée générale et division.
Le pemphigus consiste en une éruption sur une surface plus ou moins étendue de la peau, d’une ou de plusieurs bulles volumineuses, transparentes, jaunâtres, qui, après l'effusion du liquide quelles contiennent, sont remplacées par une croûte plus ou moins épaisse ou par une excoriation superficielle.
Comme tant d’autres pldegmasies cutanées, le pemphigus a été divisé en un grand nombre d’espèces, qui toutes ne reposent réellement que sur des caractères étrangers au fond même de la maladie. Pour le prouver, il suffira de les citer : Pemphigus congénital , pemphigus des enfants, pemphigus solitaire , pemphigus confluent , pemphigus simultané , pemphigus successif , pemphigus pyrétique, jieruphigus apyrétique , etc.
M. Rayer adopte comme fondamentales les deux distinctions suivantes : pemphigus aigu, pemphigus chronique. La première espèce est, selon lui, une maladie rare; il n’en a vu qu’un petit nombre d’exemples.
(i) Bulles, dartre plilycténoïde , fièvre peuiphigode, pompholix , etc.
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§ II. Séméiologie aux différentes périodes.
I. Le pemphigus aigu s’annonce par l’apparition d’une ou de plusieurs taches rouges, circulaires ou ovales, légèrement proéminentes, de quelques lignes à plusieurs pouces de diamètre, accompagnées de chaleur, de douleur ou de simple démangeaison. Ces taches érythémateuses se transforment bientôt en véritables bulles, semblables à celles que l’on produit avec un vésicatoire ou l’eau bouillante (i). La peau située entre les bulles est tout-à-fait saine, à moins qu’elles ne soient très rapprochées, car alors elle peut offrir une teinte érythémateuse plus ou moins marquée. Le nombre des bulles est très variable - par fois il n’existe qu’une seule et large bulle contenant plusieurs onces de sérosité; d’autres fois les bulles sont innombrables et disséminées sur toute la surface du corps, offrant un volume qui varie depuis celui d’un pois ou d’une amande jusqu’à celui d’un oeuf de poule ou même d’un vésicatoire ordinaire.
Le liquide que contiennent les bulles n’est autre chose que de la sérosité transparente, citrine. Lorsque l’inflammation est portée à un degré assez élevé, une certaine quantité de cette lymphe coagulable se coagule, en effet, et se dépose sous forme de fausse membrane à la surface de la peau. Au bout de deux ou trois jours, les bulles s’affaissent, puis crèvent ; l’épiderme soulevé tombe, et ne tarde pas à être remplacé par un nouveau. Toutefois, avant cette nouvelle formation, la peau reste le siège de légères excorations, ou bien se recouvre de croûtes minces, lamelleuses, au-dessous desquelles une couche épidermique s’organise. Des taches d’un rouge obscur persistent pen-
(i) Dans le paragraphe qu’il a consacré aux observations anatomiques, M. Rayer dit : L’altération de la peau dans le pemphigus est absolument la même que celle qui a lieu dans le second degré de la brûlure on à la suite de l'application des emplâtres vésicanls.
PHMPIIIOUS.
dant un certain temps clans les points oii siégeaient les croûtes.
Les bulles se forment simultanément ou successivement. Dans le premier cas, la durée du pemphigus aigu n’est que d’un à deux septénaires; dans le second , elle est de trois à quatre ( Rayer).
Lorsque l’éruption des bulles est très abondante, confluente, elle est, disent plusieurs dermatologistes, accompagnée d’un mouvement fébrile. Sans doute, cette réaction est possible; mais il est très vraisemblable que , dans la plupart des cas où elle s’est manifestée, elle dépendait moins du pemphigus lui-même que de quelque complication .
II. Le pemphigus chronique [dartre phlycténoïde confluente d’Alibert; ponipholix diutinus de Willan) ne diffère du précédent que par sa durée, en quelque sorte indéfinie, et par le peu d intensité des phénomènes inflammatoires.
Pendant son cours, il seforinesuccessivementplusieurs éruptions bulleuses, lesquelles ont lieu à des intervalles plus ou moins éloignés. Cette succession cle bulles peut, selon M. Rayer, se prolonger de dix à trente septénaires, et quelquefois même pendant plusieurs années.
Le pemphigus paraît se propager quelquefois sur les parties des membranes muqueuses qui sont pourvues cl’un épithélium. M. Rayer cite le cas d’un ancien maire de Paris atteint d’un pemphigus, chez lequel il observa, conjointement avec MM. Manry et Ka peler, des bulles aplaties dans l’intérieur de la bouche et sur le voile du palais. Il ajoute que dans les derniers temps de cette maladie , qui se termina d’une manière funesLe , Y inflammation attaqua le gros intestin, la vessie et les bronches.
Dans le pemphigus des enfants {P. in f antilis), les membranes muqueuses du mamelon , de la vulve, des lèvres et de la bouche, sont quelquefois le siège cle bulles analogues à celles cle la peau (Rayer).
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§ 111. Causes.
Les dennatologistes ne nous apprennent rien de bien satisfaisant sur les causes du pemphigus. Celles qui sont indiquées par la plupart d’entre eux me paraissent tout-àfait gratuites. Évidemment, c’est une des lacunes étiologiques qui restent à combler. Il est bien facile de répéter jusqu’à satiété, à loccasion des causes de cette maladie, comme à l’occasion de celles de tant d’autres , les mots : excès , écarts de régime , affections morales, aménoirhée, dysménorrhée, etc. ; mais, de bonne foi . où sont les observations exactes qui démontrent clairement l'influence de ces causes sur le développement du pempbigus? L’inoculation du liquide des bulles ne transmet point la maladie.
§ IV. Traitement.
Considéré en lui-même, le pemphigus ne réclame aucun traitement sérieux. Lorsque les bulles se sont rompues d’elles-mêmes, ou qu’on les a rompues ou percées artificiellement, la face externe de la peau qui se trouve dénudée ne tarde pas à se dessécher, un nouvel épiderme se forme et tout est fini.
Si le pempbigus chronique peut durer très longtemps, c’est qu'il tient à des causes inconnues, qu’il n est pas donné encore à l’art de détruire. Or, tant que ces causes subsistent, on en combat vainement l’effet; il ne disparaît un moment que pour se reproduire bientôt après.
Fies applications locales émollientes, détersives, les bains généraux, un bon régime, tels sont les moyens simples qu’il convient d’employer.
Quant aux complications , il faut les combattre parles méthodes qui leur sont propres, et qui sont exposées dans cet ouvrage, aux divers articles qui les concernent.