GALE
sillons (iu ils tracent sous l'épidémie. Pour île plus amples détails sur ce sujet, nous renvoyons aux travaux récemment publiés par MM. Renucci (i), Raspail (2) et Albin Gras (3). Ce dernier observateur, animé d’un zèle qu’on ne
très fins. Le petit animal montrait beaucoup de vivacité dans ses mouvements; il avait six pattes, la tête pointue et armée de deux petites cornes ou antennes à l’extrémité du museau, Redi et Cestoni ne s’en tinrent pas à une seule observation ; ils en firent un grand nombre sur diverses personnes attaquées de gale , d’âge, de sexe et de tempérament différents , et en différentes saisons : or, ils trouvèrent toujours des animaux de même figure. Ils notèrent toutefois que certaines vésicules n’en contenaient pas. Ils s’assurèrent que ces animaux pondaient des oeufs. «Les cirons, disent- » ils, passent aisément d’un corps à l’autre par le seul contact de ces » corps ; car ces petits animaux ayant une extrême agilité et n’étant pas » tous occupés à se creuser des passages sous l’épiderme, il s’en trouve » souvent quelques uns sur la superficie de la peau, et ils sont très » prompts à s’attacher à la première personne qui se présente; et, en » quelque nombre qu’ils aient été reçus , ils se multiplient prodigieusement » en pondant des œufs. »
Morgagni confirma par ses propres observations l’existence des animalcules psoriques. Armé de ses lunettes, il examina avec attention les vésicules d’une ijale dont fut atteinte une dame d’un rang élevé , et il ne fut pas longtemps sans y reconnaître un animal errant et présentant la forme que les modernes ont si bien décrite. L’insecte dont il s’agit leçut de Linné les noms d’acaïus liumanus , subcutaneus , d ’acarus scabiei.
Qui croirait, après des expériences aussi concluantes, que l’existence de l’insecte de la gale put être désormais révoquée en doute? Elle le fut cependant. Mais , en 1812, en présence de plusieurs membres de l’Institut et de l'École de médecine, M. Gales démontra de nouveau l’existence de cet insecte. Toutefois, cette démonstration ne tarda pas elle-même à être contestée. M.VI. Biett , Lugol, Mouronval, Rayer, cherchèrent vainement le ciron de la gale : il se déroba constamment à leurs plus fortes loupes et à leurs meilleurs microscopes. M. Rayer a donné plus tard l’explication de ce fait : c’est qu’ils cherchaient l’animalcule là où il ne se trouvait pas. Il était réservé à MM. Renucci, Albin Gras, Raspail , Émery, etc., de démontrer sans retour l’existence , tant de fois contestée , du fameux animalcule de la gale.
(1) Découverte de l'insecte qui produit lu contagion de la gale. Paris ,
1 835, Thèse r>° 83, in-4°.
(2) Mémoire comparatif sur l'histoire naturelle de l'insecte de la gale. — Nouveau système de chimie organique. Paris, t838, t. II, p.6o3,pl. XV.
(3) Recherches sur l’acarus ou sarcopte de la gale de l'homme. In-8 i834.
228 PHLEOMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, saurait (rop louer, a contracté la gale pour étudier sur luimême un objet qu il avait déjà étudié sur un si grand nombre de galeux.
Nous ajouterons seulement ici que le nombre des sarcoptes de la gale et des sillons qu’ils creusent n’est pas aussi grand que celui des vésicules, sans doute parce qu’il suffit d’un seul de ces insectes pour produire, en se déplaçant, en voyageant pour ainsi dire sous la peau, un plus ou moins grand nombre de vésicules. En outre, selon M. Raver, il est rare de rencontrer l 'acarus scabiei dans les vésicules du ventre et des aisselles , et on a vu la gale persister, lorsqu’on ne découvrait plus d 'etcares. Cet observateur ajoute que des expériences directes , faites dans le but de déterminer si l'insecte est réellement /'artisan de la gale, ne lui paraissent pas encore toul-à-fait concluantes.
La contagion de la gale est une des vérités les plus solidement établies. Le mode ou mécanisme de cette contagion pourrait seul être l’objet de quelques doutes. Toutefois, il est extrêmement probable que, comme Redi et Cestoni l’avaient déjà noté, c’est par la transmission des cirons de l’individu galeux à des individus sains avec lesquels il se met en contact, que s’opère la contagion. La malpropreté est une circonstance éminemment favorable au développement de la gale et à son entretien. Cette maladie n’épargne aucun âge, aucun sexe, aucun climat, aucun temps.
Il n’est guère permis d’ajouter foi entière aux assertions des pathologistes qui, tels que Fabrice de Hilden, Rivière, Pringle, etc., prétendent que la gale peut, dans certaines circonstances , se développer spontanément, comme crise de quelques maladies aiguës ou chroniques (gale critique).
La transmission de la gale des animaux à l’homme est un fait sur lequel les auteurs ne s’accordent pas encore. Il faut attendre de nouvelles expériences pour admettre ou rejeter définitivement ce lait.
*5 IV. Traitement.
Do tous les moyens employés pour guérir la gale, le plus efficace, je dirais presque le plus héroïque, si cette maladie n’était plus incommode que gravé, c’est sans contredit l'emploi des préparations sulfureuses, soit sous forme de bains, soit sous forme de fumigations, soit, sous forme de pommade (on peut combiner les unes avec les autres ces différentes manières d’administrer le soufre). La méthode de Helmerich, selon M. Rayer, est de toutes la plus sûre; elle consiste dans l’usage d’une pommade composée ainsi qu’il suit :
Fr. Axonge i once.
Soufre 2 gros.
Sous-carbouate de potasse. . . i gros.
Quand on se sert de cette pommade, il faut commencer parfaire prendre aux malades un bain savonneux. On fait ensuite, dans la journée, trois frictions avec une once de pommade pour chaque friction, qui doit durer une demiheure. La guérison a souvent lieu du troisième au septième jour. On nettoie les malades au moyen d’un nouveau bain savonneux.
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